Embargo sur le pétrole russe: Berlin favorable, la Hongrie prête à un veto

Si l'Allemagne adhère désormais à un embargo sur le pétrole russe, la Hongrie refuse farouchement de suivre le mouvement.

Raffinerie pétrolière à Schwedt
Raffinerie pétrolière à Schwedt (Brandebourg, Allemagne), le 28 avril 2022 @BelgaImage

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a déclaré dimanche que l’Allemagne était favorable à un embargo contre le pétrole russe. "Nous sommes désormais préparés à nous passer de pétrole russe pendant plusieurs années", a déclaré l’écologiste sur la chaîne ARD. Cela dit, en parallèle, toute proposition de l’UE visant à restreindre les importations de pétrole et de gaz russes peut compter sur le veto de la Hongrie, a déclaré dimanche un ministre hongrois de premier plan du gouvernement du Premier ministre Viktor Orbán.

Quand Orbán s’oppose aux sanctions européennes

La part de pétrole russe dans la consommation allemande est passée de 35 à 12% depuis le début de l’invasion russe en Ukraine. C’est ce qui ressort d’un rapport sur la sécurité énergétique du gouvernement fédéral allemand. Avec l’adhésion de l’Allemagne à un embargo sur le pétrole russe, la pression s’accentue sur les autres États membres de l’Union européenne, qui jusqu’ici freinent la discussion.

Une pression à laquelle résiste pour l’instant farouchement la Hongrie. "Nous avons clairement indiqué que nous ne soutiendrons jamais une proposition visant à étendre les sanctions de l’Union européenne contre la Russie au domaine de l’énergie", a ainsi dit Gergely Gulyás au diffuseur hongrois HirTV. La Commission européenne veut éliminer progressivement l’importation de pétrole russe cette année, avait rapporté samedi l’agence de presse financière Bloomberg, citant des sources proches du dossier. La Hongrie, qui est fortement tributaire de l’énergie russe, est l’un des plus farouches opposants à l’extension des sanctions.

"Étant donné que de telles décisions nécessitent l’unanimité, cela n’a aucun sens pour la Commission européenne de proposer des sanctions sur le gaz naturel et le pétrole brut qui limiteraient les achats hongrois", a estimé M. Gulyás. Le gouvernement d’Orbán a convenu avec la Russie de désormais payer le gaz en roubles, mettant ainsi à l’épreuve la politique de sanctions de l’UE. La Russie a interrompu mercredi l’approvisionnement en gaz de la Pologne et de la Bulgarie parce que ces deux pays refusent de payer avec la monnaie russe.

Les ministres de l’UE en charge de l’énergie doivent se réunir lundi pour discuter notamment de l’arrêt des livraisons de gaz russe à la Pologne et à la Bulgarie.

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