Quels chantiers prévus par le programme d’Emmanuel Macron?

Voici ce que le président français, tout juste réélu, prévoit de mener comme projets pour son 2e quinquennat, thématique par thématique.

Emmanuel Macron à l'Élysée
Emmanuel Macron à l’Élysée (à Paris), le 1er février 2022 @BelgaImage

Suite à sa réélection ce dimanche 24 avril 2022, Emmanuel Macron a maintenant la possibilité d’appliquer son programme électoral. Bien sûr, pour le faire pleinement, il devra former une majorité suite aux législatives de juin prochain. Dans l’hypothèse qu’il y arrive, voici ce qu’il prévoit de faire en l’état, outre ses projets pour l’Europe dont nous vous avions déjà parlé.

Culture

Emmanuel Macron a catégorisé son programme en différentes thématiques. Pour ce qui est de la culture, il souhaite "protéger l’information libre face aux ingérences" via des états généraux sur le droit à l’information au niveau européen, afin de "protéger l’information libre face aux ingérences". Il veut aussi supprimer l’impôt sur la redevance audiovisuelle (soit 138€ par foyer par an) et la remplacer par un budget voté pour cinq ans. Ce projet suscite des critiques car il fait craindre une influence croissante de l’État sur les médias concernés. Pour autant, Emmanuel Macron a assuré encore ce vendredi tenir à l’indépendance de l’audiovisuel public. "Il n’y a jamais eu une intervention de ma part sur un journaliste, un programme ou quoi que ce soit dans l’audiovisuel public", souligne-t-il.

Emmanuel Macron propose aussi une extension aux plus jeunes du Pass culture, actuellement ouvert aux 14-18 ans, sans préciser exactement ce nouvel âge plancher. Lancé en février 2019, ce dispositif offre aux bénéficiaires des crédits à dépenser de façon autonome pour avoir accès à des offres culturelles à proximité de son lieu de résidence. Le président veut par ailleurs lancer de nouvelles commandes publiques artistiques pour soutenir les jeunes créateurs. Enfin, il soutient la constitution de "métavers européens" et leur utilisation par le secteur culturel pour proposer des expériences en réalité virtuelle.

Environnement

S’il y a un domaine où il est attendu, c’est sur celui de l’écologie. Emmanuel Macron promet de construire 50 parcs éoliens en mer et d’aller "deux fois plus vite" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (il avait auparavant cité 2050 comme objectif pour atteindre la neutralité carbone). Pour ce faire, il a promis de "planter 140 millions d’arbres" d’ici 2030, de développer la filière française du bois et de nommer un Premier ministre "directement chargé de la planification écologique". Ce chef du gouvernement sera flanqué de deux ministres. Le premier sera chargé de "la planification énergétique" qui "aura pour mission de faire de la France la première grande nation à sortir du pétrole, du gaz et du charbon". Le deuxième s’occupera de la "planification écologique territoriale" dans le domaine des transports ou encore de la rénovation des logements.

Pour ce qui est de l’énergie, outre les éoliennes en mer, il prévoit plusieurs pistes. La première est le développement des énergies renouvelables par une multiplication par 10 de l’électricité solaire. Par contre, il compte limiter l’implantation plus sensible d’éoliennes terrestres. Il veut aussi mener la rénovation énergétique de 700.000 logements par an pour faire baisser la consommation d’électricité et créer des filières vertes 100 % françaises, sans recours à l’exportation (dans l’éolien, le solaire et les véhicules électriques). Le nucléaire fait partie de son plan avec la construction de six réacteurs de type EPR2 d’ici à 2050. Des études seraient aussi lancées pour huit réacteurs EPR additionnels. Il a en parallèle demandé à EDF "d’étudier les conditions de prolongation au-delà de 50 ans" pour les réacteurs nucléaires "qui peuvent l’être". Enfin, il soutient "un appel à projets à hauteur d’un milliard d’euros" pour créer d’ici 2030 un prototype de SMR, autrement dit un petit réacteur nucléaire plus compact et rejetant moins de déchets.

Emmanuel Macron s’est aussi engagé à "réduire massivement les exportations de déchets" par le développement de filières industrielles françaises de recyclage et la dépollution des anciennes décharges. Il veut une taxe carbone aux frontières de l’Europe pour éviter la concurrence déloyale et permettre aux ménages de remplacer un véhicule polluant par une voiture électrique via un système 100% français de leasing (autrement dit une location de longue durée avec option d’achat). Pour terminer, il a fait le vœu de mieux protéger les espaces naturels et de mieux "assurer le recueil des animaux de compagnie abandonnés".

Enseignement

Du côté de l’enseignement, il souhaite "poursuivre de manière significative l’augmentation des rémunérations" des enseignants tout en élargissant leurs missions en contrepartie en cas de besoin pour pallier à l’absentéisme et rapprocher familles et école. Les professeurs se verraient proposer plus de formations pour qu’ils puissent "s’approprier les meilleures innovations pédagogiques" et leur mobilité dans d’autres pays favorisée. Les missions de remplacement seraient associées à un nouveau pacte.

Pour ce qui est des enfants, Emmanuel Macron veut un suivi plus individualisé des élèves pour l’aide aux devoirs. Le programme scolaire serait revu avec la réintroduction des mathématiques dans le tronc commun de l’enseignement général au lycée. Il y aurait 30 minutes de sport par jour en primaire et potentiellement deux heures par semaine au collège. L’apprentissage des langues régionales serait amélioré. Idem pour les langues étrangères via une pratique intensive de l’oral en cours, le recrutement d’assistants locuteurs natifs et des investissements dans les technologies numériques. Un enseignement des gestes de premiers secours en santé mentale est en projet, ainsi qu’un autre sur les violences conjugales (au collège et au lycée avec notamment les thèmes du consentement, des violences sexistes et sexuelles et des cyber-violences). Dernier changement du programme scolaire de base: la généralisation de l’enseignement du code informatique et des usages numériques à partir de la 5è.

Le lycée professionnel, où le taux d’échec est trop important selon lui, ferait l’objet d’une grande réforme pour en faire une voie d’excellence, notamment via le payement des lycéens lors de stages en entreprises (avec en plus la découverte de métiers dès la 5e). Fidèle à sa fibre supranationale, le président est favorable un service civique européen. Pour limiter le décrochage scolaire, il veut continuer à dédoubler les classes et les vacances apprenantes. L’offre éducative après la classe serait renforcée dans les quartiers et le monde rural. La carte scolaire ne serait pas assouplie, tout comme les règles d’instruction en famille, mais les chefs d’établissement deviendraient plus autonomes.

L’enseignement supérieur serait tout d’abord concerné en rendant Parcoursup (la plateforme recueillant les voeux des élèves de terminale pour le supérieur) "plus prévisible en donnant les résultats précis des années précédentes et en accompagnant mieux les familles". Emmanuel Macron veut en parallèle ouvrir les places nécessaires dans les filières du supérieur "qui correspondent aux besoins de la nation", c’est-à-dire notamment les BTS (brevets de technicien supérieur), BUT (bachelors universitaire de technologie) et les licences professionnelles. Il est favorable à des quotas réservés aux étudiants sur des critères territoriaux (quartiers défavorisés, zones rurales) dans les grandes écoles. L’autonomie des universités serait renforcée pour attirer plus de talents venus du monde entier et "pour en faire des opérateurs de recherche à part entière afin d’atteindre les standards internationaux". Les changements de filière et les réorientations seraient facilitées grâce à de nouvelles passerelles et à la création de places dans des filières avec de bonnes perspectives d’insertion. Enfin, les étudiants pourront bénéficier d’une allocation de 2.500€ par an pendant cinq ans pour financer leurs études s’ils s’engagent comme réservistes civils (afin de figurer aux côtés des forces de sécurité intérieure), contre 1.200€ aujourd’hui. Une aide critiquée par des syndicats étudiants qui demandent pourquoi d’autres formes d’engagement ne pourraient pas avoir le même avantage (lutte contre les discriminations, action pour le climat, etc.).

Défense

Le président français veut, dans un contexte de tensions (notamment avec la Russie), renforcer le budget de la défense en passant de 40,9 milliards d’euros par an à 50 milliards en 2025. Cela permettrait de moderniser entièrement les armées françaises d’ici 2030 avec par exemple 60 chasseurs Rafale supplémentaires, 5 nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque et 1.250 nouveaux véhicules blindés polyvalents. Des innovations seraient opérées dans des armes électromagnétiques, camouflage optique pour les véhicules de combat, drones sous marins, missiles hypersoniques, nanosatellites de surveillance spatiale, etc. Les filières essentielles seraient relocalisées et les stocks stratégiques renforcés pour augmenter la résilience de l’État.

Côté police et gendarmerie, le doublement des forces de l’ordre sur voie publique serait achevé (par la suppression notamment des tâches annexes et des réorganisations) et 200 nouvelles brigades seraient déployées pour avoir plus de gendarmes en ruralité. Le dialogue entre police, gendarmerie et population serait facilité via notamment des messageries instantanées sur les priorités de sécurité de proximité. Le nombre de membres de forces de l’ordre placés dans les transports aux moments critiques serait doublé. Pour les quartiers en crise, Emmanuel Macron veut une force d’action républicaine et pour les violences intrafamiliales, il propose de doubler le nombre d’enquêteurs dédiés à ce type de violences pour le porter à 4.000. Son également prévues la création de 1.500 postes de cyber-patrouilleurs et d’une école de formation de lutte contre les attaques numériques. L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information aura plus de moyens et il y aurait un filtre anti-arnaques qui avertirait les internautes en temps réel en cas de visite d’un site potentiellement piégé.

Enfin, les effectifs de réservistes seraient doublés et le service national universel (SNU, concernant les 15-17 ans) généralisé via une insertion à travers le service civique ou la Garde nationale. Ceux qui s’engagent pleinement dans le SNU se verraient offrir le permis de conduire.

Justice

Pour son nouveau quinquennat, le président français veut embaucher 8.500 magistrats et personnels de justice et refondre le Code de procédure pénale grâce aux conclusions des États généraux de la justice qui s’achèveront au printemps. Cela permettrait selon lui de réduire les délais d’application des peines et d’améliorer les conditions de travail des magistrats. Emmanuel Macron souhaite également rendre possible le fait de porter plainte en ligne pour de nombreux délits (piratages de carte bancaire, vols…), sans passer par le commissariat. Une privation de droits civiques est prévue pour les personnes attaquant les dépositaires de l’autorité publique. Les mineurs délinquants auraient quant à eux la possibilité d’un encadrement par des militaires. Pour lutter contre les actes de discrimination, un testing est prévu de manière systématique dans toutes les entreprises de plus de 5 000 salariés.

D’autre part, une des grandes priorités d’Emmanuel Macron en matière de justice reste la lutte contre l’islam radical. Pour ce faire, il veut poursuivre la fermeture des associations et des mosquées radicales, des écoles clandestines, l’expulsion de prêcheurs radicalisés, le contrôle des financements étrangers, etc.

Administration

En l’état, Emmanuel Macron ne prévoit pas de modifier le quinquennat actuel mais se dit prêt à établir la proportionnelle (à voir maintenant dans quelle mesure, de façon partielle ou complète). Un grand débat permanent sur les "grands défis" de notre temps serait mis en place pour inciter à la participation des citoyens au fonctionnement de l’État. La procédure parlementaire serait pour sa part accélérée et les pouvoirs de contrôle des deux assemblées renforcées.

Contrairement à auparavant, le président ne prévoit pas de diminution massive du nombre de fonctionnaires mais une modernisation de l’appareil étatique. La coopération entre différents échelons territoriaux serait par exemple renforcée par la création d’un conseiller territorial siégeant en même temps au conseil régional et au conseil départemental. Est également prévu un renforcement du réseau des sous-préfectures et un développement des maisons France services pour aider aux démarches du quotidien. Un droit à la différenciation serait instauré pour permettre tel ou tel territoire de revenir sur des organisations territoriales établies, pour être au plus près des réalités locales.

Il est également favorable à une autonomie de la Corse, même si le projet doit être discuté et "prendra du temps", comme l’a confié le ministre de l’Intérieur. Un processus sera engagé pour envisager "la réforme qui s’impose et qui permettra de reconnaître les spécificités corses, historiques, géographiques et culturelles dans la République, avec des lignes claires". Pour l’Outre-mer, Emmanuel Macron veut "une action renforcée" pour que ces territoires puissent faire face aux catastrophes naturelles et à la pollution environnementale (tremblements de terre, sargasses, chlordécone…). Les filières économiques locales seraient développées, notamment pour obtenir l’autonomie alimentaire, productive et énergétique.

Travail

Sur le plan de l’emploi, la grande réforme voulue par le président, c’est le fameux allongement progressif de l’âge du départ à la retraite à 65 ans (à raison de 4 mois supplémentaires travaillés chaque année). Une clause de revoyure déterminerait en fin de mandat si ce seuil peut être limité à 64 ans. Si tel est le cas, la réforme s’arrêterait donc à cet âge en 2027-2028. Si cela s’étale à 65 ans, le but est de mettre cela en place pour l’horizon 2031. Les personnes avec des carrières longues (commençant avant 20 ans) pourraient partir à la retraite à 62 ans. Le système prendrait également en compte les invalidités et la pénibilité des métiers. Le cumul emploi-retraite serait quant à lui plus simple et avantageux afin d’effectuer une transition souple vers la retraite pour ceux qui souhaitent travailler plus longtemps. Par contre, l’État français supprimerait les principaux régimes spéciaux pour les nouveaux entrants (chez EDF, à la RATP, etc.) à l’exemple de ce qui a été fait pour la SNCF. Enfin, des concertations seraient menée pour créer un régime universel plus simple, seulement pour les générations futures.

Au-delà de ce projet, Emmanuel Macron veut transformer Pôle emploi en "France Travail", un guichet unique centralisant les services services de bilan de compétence de formation et de recherche d’emploi. Cela permettrait de rendre plus efficace le travail de cette agence avec une meilleur coordination territoriale. D’autre part, les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) exerceraient une activité de 15-20 heures par semaine en contrepartie de ce minima social pour "aller vers l’insertion professionnelle". Enfin, le compte épargne temps serait élargi à toutes les entreprises afin d’accumuler les droits à congé rémunéré et d’avoir une rémunération quand un salarié ne prend pas les congés auquel il a droit.

Santé

Au niveau de la santé, Emmanuel Macron annonce "des plans de détection et de prévention relatifs à la santé mentale" et " un bilan de santé complet et gratuit " à 25, 45 et 60 ans. Les personnes avec maladie chronique auraient "un accompagnement personnalisé et connecté" via la télésurveillance médicale (par exemple pour la glycémie). Un système étendu "d’ici à 2027" pour éviter des nouvelles hospitalisations. Une politique spécifique pour la santé des femmes doit être pensée (pour la ménopause, le post-partum, l’infertilité, etc.) et une détection précoce des "dys-" (dyslexie, dyspraxie, dysorthographie…), de l’hyperactivité et de l’obésité est prévue. Un médecin traitant sera chargé de sensibiliser chaque adolescent sur les IST et l’obésité. S’il se dit personnellement opposé à l’allongement du délai des IVG de 12 à 14 semaines, il tient à souligner qu’il ne remettra pas cette loi en cause. Enfin, un fonds territorial sera créé pour permettre des aménagements pour les personnes atteintes de handicap.

Pour ce qui est des hôpitaux, il compte cette fois tenir une promesse de 2017: plafonner à 50% la tarification à l’activité dans ces établissements. Les urgences seraient désengorgées par une participation plus large aux gardes et un numéro unique pour un rendez-vous médical dans les 48h si besoin. S’il revendique avoir déjà revalorisé le salaire des soignants (avec 183 euros net par mois supplémentaires), le président veut encore augmenter leurs rémunérations. Les soignants auraient mois de charges administratives mais plus de responsabilités pour les paramédicaux. La place des médecins dans le gouvernance serait repensée et seraient aidés par des assistants. Un plan de recrutement d’infirmiers et d’aides-soignants est au programme et il serait possible pour les pharmaciens et infirmiers de faire plus de prescriptions et d’actes de prévention.

Pour les déserts médicaux, un système de référents serait mis en place pour pratiquer des actes simples (renouvellement d’ordonnance par exemple) par un infirmier ou un pharmacien. La téléconsultation et les permanences ponctuelles y seraient améliorées. Toujours dans cette perspective territoriale, Emmanuel Macron veut encourager la quatrième année d’internat des futurs médecins généralistes dans les zones rurales et plus réguler l’installation des jeunes diplômés. Enfin, le but est aussi de tendre vers la relocalisation en France de la production de médicaments.

Famille

En matière familiale, Emmanuel Macron veut 200.000 places de crèche, une solution de garde accessible à tout parent d’enfant de moins de 3 ans, et une augmentation de 50% du montant de la pension alimentaire minimale et de l’allocation de soutien familial pour les familles monoparentales (passant ainsi de 116 à 174 euros par mois par enfant). Il ne veut pas d’une légalisation de la gestation pour autrui (GPA) mais compte maintenir les adoptions d’enfants nés via la GPA à l’étranger. Toujours au chapitre âge juvénile, il prévoit de créer un droit à la garde d’enfant opposable pour toutes les familles et d’étendre le complément de mode de garde aux enfants de 6-12 ans pour les mères célibataires.

Pour ce qui est des personnes en âge avancé, Emmanuel Macron souhaite les aider à transformer leur logement pour éviter leur départ dans un établissement spécialisé (avec une "Prime Adapt’" prenant en charge, "selon les ressources, jusqu’à 70% des coûts des travaux d’adaptation"). Ceux qui en ont besoin pourraient avoir deux heures supplémentaires d’accompagnement par semaine et les aidants familiaux auraient deux semaines de répit grâce à une solution de remplacement par une aide à domicile ou un accueil temporaire en établissement spécialisé. Une consultation doit justement être menée sur le statut d’aidant pour octroyer de nouveaux droits (pour la retraite, la validation des acquis d’expérience, etc.). Également au programme: une convention citoyenne pour trancher les débats sur la fin de vie. Il veut aussi simplifier au maximum les démarches des familles pour accompagner le deuil.

Économie

Emmanuel Macron propose un plan d’investissement de 30 milliards d’euros dans "les secteurs d’avenir" (semi-conducteurs, quantique, cloud, etc.) pour réduire à la dépendance à d’autres pays. C’est dans cette même logique qu’il ambitionne de former d’ici 2030 un million de personnes aux métiers d’avenir (intelligence artificielle, énergie, transition écologique…) dont plus de 400.000 spécialistes informatiques (et 20.000 accompagnateurs pour aider à la maîtrise des outils numériques). Le numérique devrait ainsi devenir plus présent au sein de la gestion de l’appareil étatique (la couverture numérique du territoire par la fibre doit d’ailleurs être achevée d’ici 2025).

Le budget alloué à la recherche fondamentale serait augmenté avec 25 milliards d’euros sur dix ans. Un accent particulier serait réservé au développement des formations dans les segments de pointe, avec une redéfinition des stratégies dans les nouvelles filières. 800 millions d’euros sont prévus pour le développement de la robotique. Le président prévoit que toute entreprise d’au moins 50 salariés doive calculer et publier un "index de l’égalité professionnelle" prenant en compte rémunérations et promotions. Le but est de sanctionner financièrement les moins vertueuses. Une reprise en main étatique de certains acteurs industriels est en discussion, sans oublier une prise de capital dans des activités régaliennes (une réforme d’EDF est envisagée notamment).

Pour la dette, Emmanuel Macron prévoit de la réduire dès 2026 et de repasser le déficit sous les 3% du PIB en 2027. Il souhaite aussi que l’État revoie sa politique d’achat pour favoriser les produits locaux (et pas forcément toujours les moins chers) et développer l’innovation en France.

La création d’un dispositif obligatoire de partage des profits des entreprises versant des dividendes est sur la table et serait un chantier prioritaire. Le chef de l’État propose ainsi un triplement du plafond de cette prime Macron, sans charges ni impôts, qui peut être versée à des salariés par leurs entreprises et qui représente aujourd’hui jusqu’à 2.000 euros pour les personnes gagnant moins de trois fois le smic. En parallèle, les impôts de production pesant sur l’industrie et l’agriculture seraient réduits (notamment via la suppression de la CVAE [Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises] pour toutes les entreprises) pour augmenter leur compétitivité. Pour les agriculteurs justement, le président français ambitionne une "transition générationnelle du monde agricole" pour ne pas impacter trop durement ceux approchant de la retraite. Une loi d’orientation et d’avenir doit également assurer le renouvellement des générations, la formation et l’installation des jeunes agriculteurs. Pour les indépendants, le président propose de baisser les charges pour que "le revenu augmente de 550 euros par an quand on gagne l’équivalent du SMIC".

Pouvoir d’achat

Interrogé sur TF1, Emmanuel Macron a promis "dès cet été, une loi exceptionnelle pour le pouvoir d’achat", avec notamment une réindexation de toutes les retraites sur l’inflation et un allègement des charges pour les indépendants. Le bouclier pour le prix du gaz et de l’électricité est quant à lui maintenu pour le moment, tout comme la ristourne à la pompe. Le point d’indice pour la rémunération des fonctionnaires sera dégelé, alors qu’il n’a plus bougé depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Comme expliqué sur Franceinfo, le gouvernement à venir sera ainsi chargé de "faire une réforme complète des grilles et de l’organisation de la fonction publique. Et ensuite, il y aura une revalorisation du point de telle sorte qu’il permette d’accompagner les éléments de pouvoir d’achat".

À plus long terme, il envisage, après une baisse de 50 milliards d’impôts lors du quinquennat précédent, 15 milliards de baisses supplémentaires, via notamment une hausse de l’abattement des droits de succession (prenant ainsi en compte l’évolution des prix de l’immobilier), une nouvelle diminution des impôts sur la production d’entreprises, la fin de la redevance audiovisuelle, etc. Les aides sociales devraient être versées "à la source" de manière automatique à 20 millions de Français touchant le RSA (Revenu de solidarité active), la prime d’activité, des aides au logement ou des allocations familiales. Le RSA ne serait pas étendu aux 18-25 ans mais l’État continuerait la mise en place du contrat d’engagement jeune (donnant une allocation financière de 200-500€ sur 6-12 mois en contrepartie d’engagements).

Les couples vivant ensemble pourraient réduire leurs impôts comme s’ils étaient mariés ou pacsés. La Banque Publique d’Investissement irait plus loin sur le financement des femmes et le président est favorable à la gratuité des protections menstruelles. La réforme de l’assurance chômage serait poursuivie en fonction de la conjoncture ("à chaque fois que la conjoncture se dégrade, on doit mieux protéger celles et ceux qui tombent dans une situation de chômage"). Enfin, la réforme des retraites doit faire passer le minimum retraite à taux plein à 1.100€ (contre 980€ aujourd’hui).

Logement

Outre la rénovation énergétique de 700.000 logements par an, Emmanuel Macron veut livrer 125.000 logements sociaux chaque année (contre 95.000 en 2021). La construction de logements à loyer intermédiaire continuerait et la transformation de bureaux en logement serait facilitée (notamment pour les étudiants et les jeunes précaires). Une caution publique pour les locataires serait étendue "afin de faciliter l’accès au logement tout en sanctionnant les mauvais payeurs" (actuellement, elle est destinées aux moins de 30 ans et à certains salariés).

Immigration

En matière d’immigration, Emmanuel Macron veut que les titres de séjour de 4 ans et plus soient réservés à ceux "qui réussissent un examen de français et s’insèrent professionnellement". Le renouvellement des visas des ressortissans de pays tiers serait arrêté pour ceux troublant l’ordre public, avec possibilité de les expulser. Il veut aussi réduire la lourdeur des procédures administratives pour rendre plus efficaces les procédures d’éloignement. Pour les réfugiés ukrainiens, il assure vouloir "les accueillir, les protéger, dans les meilleures conditions possibles".

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