Présidentielle française: que disent les ultimes sondages?

Emmanuel Macron et Marine Le Pen jettent vendredi leurs ultimes forces dans la bataille au dernier jour de la campagne pour le second tour de la présidentielle française, avec en ligne de mire un choix historique entre deux projets et visions du monde que tout oppose.

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Au lendemain du débat de l’entre-deux-tours, Emmanuel Macron devançait Marine Le Pen de 15 points dans les intentions de vote. C’est ce qui ressortait du baromètre quotidien réalisé par Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo et "Le Parisien-Aujourd’hui en France".

Le président sortant était alors crédité de 57,5 % des intentions de vote soit un point supplémentaire depuis la tenue du débat. Marine Le Pen quant à elle récoltait 42,5 % (marge d’erreur de 3,3 points).

Toutefois, un sondage Odoxa-Mascaret pour L’Obs montrait ce jeudi un écart réduit entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. L’enquête dévoilée jeudi soir place en effet l’actuel président français en tête des intentions de vote (53%). Marine Le Pen récolterait quant à elle 47% des voix. Soit un second tour beaucoup plus serré qu’il n’y a cinq ans.

"Rien n’est joué"

Le 10 avril, plus de 30% des Français ont voté pour un candidat d’extrême droite — Marine Le Pen a recueilli 23,15% des suffrages, l’ancien polémiste Éric Zemmour, 7,07%. Le président sortant suscite une forte hostilité après un quinquennat émaillé de crises, du mouvement populaire des " gilets jaunes " au Covid-19. Selon une enquête du Centre de recherches politiques de la prestigieuse école de Sciences Po à Paris, 38% des électeurs de Marine Le Pen la choisissent d’abord pour barrer la route à Emmanuel Macron.

"Rien n’est joué", insistent les soutiens du président sortant pour mobiliser dans la dernière ligne droite et conjurer l’abstention qui, selon les experts, sera le grand arbitre du scrutin.  Selon Martial Foucault du Cevipof, "plus l’abstention sera forte et plus l’écart des intentions de vote est amené à se réduire", pointant "un vrai risque pour Emmanuel Macron". Dans l’entre-deux-tours, les deux candidats sont donc partis à la chasse aux électeurs du candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième au premier tour avec près de 22% des voix.

D’accords sur rien

Pour les attirer, Marine Le Pen a promis de protéger les "plus vulnérables" pendant qu’Emmanuel Macron opérait un virage serré à gauche, promettant de faire de l’écologie l’alpha et omega de sa politique. La campagne, longtemps occultée par la crise sanitaire puis la guerre en Ukraine, et le débat télévisé mercredi ont mis en exergue les divergences profondes entre les deux candidats. Europe, économie, pouvoir d’achat, relations avec la Russie, retraites, immigration: les deux candidats ne sont d’accord sur à peu près rien.

Quel que soit le vainqueur, les élections législatives qui suivront en juin le scrutin présidentiel s’annoncent d’ores et déjà comme "un troisième tour". Jean-Luc Mélenchon a affiché son ambition de devenir Premier ministre et d’imposer ainsi une cohabitation, tablant sur un vote massif en faveur des députés de son parti, La France Insoumise, alors que Marine Le Pen comme Emmanuel Macron pourraient avoir des difficultés à obtenir une majorité.

Par ailleurs, un autre troisième tour pourrait se jouer dans la rue, sur le modèle de la contestation populaire des "gilets jaunes" en 2018-2019.

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