L’Onu accuse la Russie d’actions "pouvant relever des crimes de guerre"

L'ONU indique que 92% des victimes et «la très large majorité des violations» humanitaires sont attribuables aux forces russes.

Drapeau de l'ONU à Gao
Drapeau de l’ONU, à Gao (Mali) le 12 avril 2022 @BelgaImage

L’Onu a accusé vendredi l’armée russe d’actions "pouvant relever de crimes de guerre" en Ukraine depuis l’invasion du 24 février et constate que le droit humanitaire a "été jeté par-dessus bord".

Des attaques indiscriminées

"Lors de ses huit dernières semaines, le droit humanitaire international n’a pas seulement été ignoré mais il a tout simplement été jeté par-dessus bord", a déclaré Michelle Bachelet, la Haut commissaire aux droits de l’Homme de l’Onu citée dans un communiqué diffusé vendredi. "Les forces armées russes ont bombardé et pilonné de manière indiscriminée des zones peuplées, tuant des civils et détruisant des hôpitaux, des écoles et d’autres infrastructures civiles, autant d’actions pouvant relever des crimes de guerre", a souligné Ravina Shamdasani, lors d’un briefing régulier de l’Onu à Genève. "C’est à une Cour de justice de déterminer in fine si c’est la cas mais il y a de plus en plus de preuves que des crimes de guerre sont commis", a-t-elle ajouté.

"Ce que nous avons vu à Kramatorsk, dans la zone contrôlée par le gouvernement le 8 avril, quand des sous-munitions ont frappé la gare, tuant 60 civils et en blessant 111 autres, est emblématique de l’incapacité à adhérer au principe de distinction (entre civils et militaires), l’interdiction de mener des attaques indiscriminées et le principe de précaution qui est inscrit dans le droit humanitaire international", a déclaré Mme Bachelet, accusant indirectement la Russie.

Si Mme Shamdasani n’a pas exclu que la partie ukrainienne ait également violé le droit humanitaire à certaines occasions, "la très large majorité de ces violations, et de très loin, de ces violations sont attribuables aux forces russes", a-t-elle insisté. Elle a également indiqué que 92,3% du nombre de victimes enregistrées par les services de Mme Bachelet "sont attribuables aux forces russes, tout comme les allégations de meurtre et les exécutions sommaires". Elle a ajouté que les inspecteurs de l’Onu ont documenté, durant une mission le 9 avril dernier, le "meurtre, y compris certains par exécution sommaire" de 50 civils dans la ville de Boutcha en banlieue de Kiev, où les forces russes sont accusées d’avoir commis des exactions ayant fait des dizaines de morts. Des accusations que Moscou récuse.

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