La livraison d’armes à l’Ukraine, le grand dilemme

L’Ukraine pourrait livrer dans le Donbass la plus grande bataille en Europe depuis 40-45. L’Occident hésite à lui envoyer des armes lourdes.

guerre en Ukraine
© BelgaImage

Armes offensives

Front est
Ces derniers jours, les Russes se sont redéployés à l’est, dans des plaines où les soutiennent des séparatistes ­connaissant le terrain. Si Marioupol tombe, Kiev aurait du mal à contrer un tel assaut rien qu’avec des armes ­uniquement défensives. D’où l’idée de passer à l’attaque dans ce qui s’annonce comme une guerre de tranchées.

Peurs atténuées
Plusieurs craintes des Occidentaux se sont estompées. La principale était d’aggraver le conflit, mais avec les villes bombardées et les massacres comme celui de Boutcha, ce raisonnement a perdu de son sens. En résistant efficacement à Moscou, Kiev a aussi rassuré sur l’éventualité que la Russie s’empare des armes envoyées par l’Otan.

Action, réaction
Ces arguments incitent à l’abandon de la distinction armes défensives-offensives, jugée artificielle. L’Ukraine demande maintenant la livraison d’avions et de véhicules blindés pour réaliser des percées, sans oublier les systèmes de défense aérienne lourds et une artillerie longue portée afin de maintenir les forces russes à distance.

Appel entendu
La Tchéquie a fait un premier pas en ce sens en donnant des chars. Elle a été suivie par Londres avec des blindés et des missiles antinavires, ainsi que les USA avec là aussi des blindés et des systèmes d’artillerie lourde. Reste à voir si ces livraisons seront assez importantes et rapides pour faire face à l’attaque russe.

Armes défensives

Invasion
Depuis le début de la guerre, la priorité de l’Otan est de donner à Kiev des armes antichars et antiaériennes pour contrer l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Un soutien fondamental qui a déjà permis jusqu’ici la libération du nord du pays et la stabilisation des autres fronts.

Craintes persistantes
L’Occident redoute notamment qu’en envoyant des armes offensives à Kiev, il se présente comme partie prenante du conflit et incite à une confrontation directe entre l’Otan et Moscou. Une peur dont le Kremlin compte tirer parti, quitte à brandir la menace des armes nucléaires et d’une Troisième Guerre mondiale.

Renouveler
Même si la Russie a opéré un revirement stratégique à l’est, les frappes à longue distance continuent sur Kiev. Renouveler des systèmes de défense pour se protéger des missiles est crucial. De plus, les armes lourdes nécessitent plus d’entraînement pour pouvoir les utiliser efficacement, ce dont manquent parfois les Ukrainiens, même si ce déficit tend à s’estomper depuis le début de la guerre.

Réticences
Pour toutes ces raisons, une partie de l’Otan se contenterait bien de continuer d’envoyer des armes plus défen­sives. Ainsi, Kiev ne bénéficie toujours pas d’envois d’avions de guerre, malgré ses demandes répétées. Est-ce que cela suffirait dans le contexte de la stratégie russe au Donbass? C’est toute la question.

Sur le même sujet
Plus d'actualité