Partygate: amende historique pour Boris Johnson

Des responsables politiques ont demandé le départ du Premier ministre Boris Johnson après que sa culpabilité dans le Partygate ait été reconnue.

Boris Johnson à Kiev
Boris Johnson à Kiev, le 9 avril 2022 @BelgaImage

Du jamais vu pour un Premier ministre britannique en exercice: Boris Johnson va recevoir une amende pour des infractions aux règles anti-Covid pendant les confinements, une sanction qui relance le scandale du "partygate" pour le dirigeant conservateur. Son ministre des Finances, Rishi Sunak, va également recevoir une amende pour infractions commises lors de fêtes organisées dans les cercles du pouvoir en 2020 et 2021.

Appels à la démission

Les Britanniques étaient à l’époque priés de réduire drastiquement leurs interactions sociales pour lutter contre la propagation du Covid-19. "Le Premier ministre et le Chancelier de l’Echiquier ont reçu aujourd’hui une notification leur indiquant que la police comptait leur délivrer des amendes", a indiqué la porte-parole de Downing Street.

L’opposition travailliste a immédiatement demandé le départ du chef du gouvernement et du ministre des Finances. "Boris Johnson et Rishi Sunak ont enfreint la loi et menti à plusieurs reprises aux Britanniques. Ils doivent tous les deux démissionner. Les conservateurs sont totalement inaptes à gouverner", a tweeté le chef du Labour Keir Starmer. La Première ministre écossaise, cheffe de file des indépendantistes, Nicola Sturgeon a elle aussi appelé à sa démission pour avoir enfreint la loi et "menti de manière répétée au Parlement à ce sujet".

Boris Johnson, dont la popularité avait fortement chuté après ce scandale, avait fait son mea culpa devant les députés mais assuré estimer ne pas avoir enfreint la loi, des déclarations désormais démenties par la police. Il a jusqu’à présent exclu toute démission.

Un temps sauvé de la polémique

Un pré-rapport interne avait déjà épinglé des "erreurs de leadership et de jugement" dans cette affaire, pointant du doigt des rassemblements injustifiés et la consommation d’alcool au travail. Boris Johnson avait notamment reconnu sa participation à un pot "avec distanciation sociale" dans les jardins de sa résidence en mai 2020, alors qu’à l’époque les Britanniques ne pouvaient rencontrer qu’une personne à l’extérieur. Un mois plus tard, il avait participé à une fête d’anniversaire surprise en son honneur. Les médias britanniques ont rapporté qu’il était présent à d’autres rassemblements au mépris des règles anti-Covid comme un pot de départ en novembre 2020 ou un quiz de Noël virtuel en décembre 2020.

Malgré ces révélations choc pour les Britanniques, qui étaient soumis à de strictes règles pour éviter la propagation du coronavirus, Boris Johnson semblait avoir surmonté cette crise, notamment en vantant son rôle moteur dans les sanctions infligées contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine. Plusieurs députés du camp conservateur de Boris Johnson s’étaient ouvertement prononcés pour son départ, mais les rebelles n’étaient pas assez nombreux pour déclencher un vote de défiance.

Quid de la suite?

L’annonce que Boris Johnson a bien enfreint les règles anti-Covid relance cependant l’affaire. Un vote de défiance est déclenché dès que 54 (sur 359) des élus tories le demandent et une majorité simple suffirait ensuite pour l’évincer, ouvrant une course au leadership. La situation internationale risque toutefois de dissuader certains conservateurs de changer de chef et nuire à la stabilité du gouvernement. "Le fait que le Premier ministre ait effectivement induit la Chambre des communes en erreur est en effet un problème très grave, mais nous sommes au milieu d’une crise internationale et je ne suis pas prêt à donner à Vladimir Poutine la satisfaction de penser que nous sommes sur le point de renverser le Premier ministre du Royaume-Uni et de déstabiliser la coalition contre Poutine", a ainsi réagi le député conservateur Roger Gale.

Le "partygate" a provoqué une crise sans précédent pour celui qui était arrivé triomphalement au pouvoir en juillet 2019. Boris Johnson aurait été présent à six de la douzaine d’événements que lesquels se sont penchés les enquêteurs. Au total, la police a émis  plus de 50 amendes pour infractions aux règles anti-Covid lors de fêtes organisées dans les cercles du pouvoir, sans préciser les noms des destinataires.

Une porte-parole de l’épouse de Boris Johnson, Carrie, a cependant précisé qu’elle aussi va recevoir une amende dans le cadre de l’enquête policière. Pour l’association de familles endeuillées par la pandémie de Covid-19 Bereaved Families for Justice, il n’y a "simplement aucun moyen que le Premier ministre ou le Chancelier puisse continuer".

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