OTAN: la Finlande et la Suède accélèrent le débat sur leurs adhésions

Hostiles à une entrée dans l'OTAN avant la guerre en Ukraine, la Finlande et la Suède pourraient finalement demander d'y adhérer, peut-être même rapidement.

Drapeau de l'OTAN, à Bruxelles
Drapeau de l’OTAN, à Bruxelles le 9 février 2021 @BelgaImage

Les sociaux-démocrates au pouvoir en Suède ont annoncé lundi l’ouverture d’un débat interne sur la situation stratégique du pays et la possibilité d’une adhésion à l’Otan, désormais envisagée après l’invasion russe de l’Ukraine. En parallèle, en Finlande, la Première ministre Sanna Marin a souligné les avantages à ce que son pays fasse de même. Elle n’est pas allée jusqu’à exprimer son soutien ou son opposition à une demande d’adhésion, mais a déclaré qu’il n’y a pas de solution de sécurité qui rivalise avec ce qu’une alliance militaire peut offrir.

Une adhésion rapide à l’OTAN pour la Finlande?

"L’article 5 de l’OTAN assure une sécurité globale. L’OTAN mène également des exercices conjoints et a une politique de défense commune", a déclaré Marin dans une grande interview accordée dimanche à la station de radio finlandaise Radio Suomi. Cet article du Traité de l’Atlantique Nord, pierre angulaire de l’alliance, stipule qu’une attaque contre un État membre est considérée comme une attaque contre tous les États membres. Aucun système n’offre les mêmes garanties de sécurité que l’OTAN, a-t-elle déclaré.

La guerre russe en Ukraine a donné un nouvel élan au débat sur l’adhésion à l’OTAN. Marin a salué la discussion comme étant bonne et a déclaré que le moment était venu d’en parler en profondeur. Le gouvernement finlandais prévoit de publier cette semaine un rapport sur la politique de sécurité. Helsinki pourrait ainsi demander son adhésion en mai ou juin. Un sommet de l’OTAN est à l’ordre du jour en juin.

Les lignes bougent à Stockholm

L’adhésion à l’OTAN est plus difficile en Suède. Les sociaux-démocrates au pouvoir avaient pris une position ferme contre l’adhésion en novembre. Néanmoins, l’adhésion à l’OTAN semble également devenir progressivement une option. Le gouvernement a même affirmé fin mars "ne pas exclure" une candidature à l’alliance militaire occidentale. Le parti de la Première ministre suédoise Magdalena Andersson a annoncé lundi qu’il lancerait un "dialogue sur la politique de sécurité" interne pour adapter ses analyses à la nouvelle situation depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et ce à cinq mois d’élections où la question s’annonce centrale. Le conservateur Ulf Kristersson, qui dirige l’opposition de droite, a déjà exprimé son intention de présenter la candidature de la Suède à l’adhésion à l’OTAN s’il obtenait la majorité au parlement.

Le débat annoncé lundi, ouvert à tous les membres du parti, sera "une discussion plus large que la question d’un oui ou d’un non à l’adhésion à l’Otan", a affirmé dans un communiqué le numéro 2 des sociaux-démocrates, Tobias Baudin. Ce "dialogue sur la politique de sécurité" devrait s’achever avant l’été, selon lui. Un revirement du premier parti suédois serait historique et ouvrirait la voie à une adhésion suédoise à l’Otan.

Un enthousiasme de la population pour l’OTAN

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le soutien populaire à l’adhésion a atteint près de 50% en Suède (20% contre) et 60% en Finlande (30% contre). Comme son voisin finlandais, la Suède n’est pas membre de l’Otan et est officiellement non alignée militairement – même si elle est partenaire de l’alliance atlantique et qu’elle a abandonné sa ligne de neutralité stricte après la fin de la guerre froide. Leur candidature à l’Otan, impensable politiquement il y a encore deux mois, est devenue possible – voire probable en ce qui concerne Helsinki.

Le président finlandais Sauli Niinistö s’est récemment entretenu avec le président américain Joe Biden et plusieurs autres chefs d’État et de gouvernement des 30 pays de l’OTAN. Cela concernait peut-être aussi d’éventuelles objections des États membres individuels, puisque tous les États membres doivent se mettre d’accord pour rejoindre l’alliance. "S’ils décident de se porter volontaires, je m’attends à ce que tous les alliés les accueillent" a déclaré la semaine dernière le chef de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à propos d’éventuelles demandes d’adhésion de la Finlande et de la Suède.

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