Indignation après l’écartement de journalistes par Marine Le Pen

La candidate d'extrême-droite Marine Le Pen a refusé l'accréditation de journalistes de «Quotidien», accusés de ne pas faire de «l'information».

Marine Le Pen à Vernon
Marine Le Pen ce 12 avril 2022 à Vernon (Eure, Normandie) @BelgaImage

Ce mardi, la candidate d’extrême-droite à l’Élysée Marine Le Pen a créé la polémique lors de son déplacement en Normandie. Durant une conférence de presse sur le thème de la démocratie, elle a refusé de répondre aux questions d’un journaliste de l’émission "Quotidien" (TMC) affirmant qu’elle ne se "sentait pas obligée d’accréditer Quotidien", qualifiée d’"émission de divertissement". Une position entièrement assumée qui lui vaut de nombreuses critiques.

"Il n’y a pas de journalistes chez Quotidien, pardon"

Lors de cette séance de questions-réponses, Marine Le Pen s’est exprimée pendant plus d’une minute sur sa position. "Ah non, mais il n’y a pas de journalistes chez Quotidien, pardon. […] Il y a tellement de gens à accréditer que nous préférons accréditer les journalistes plutôt que les émissions de divertissement". Lorsque la personne représentant "Quotidien" lui demande si elle estime qu’elle peut choisir qui est journaliste ou pas de la sorte, la chef de fil du Rassemblement national répond sans complexe. "Ah oui, vous voyez, je suis chez moi", dit-elle tout en se défendant de vouloir écarter les médias critiques et en rigolant.

Très vite, l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner (LREM) a dénoncé les "leçons de liberté de la presse de Marine Le Pen" ainsi que son "mépris total de la liberté d’expression". Il exprime en même temps son "plein soutien" à "Quotidien". "Marine le Pen, si elle est élue, choisira les ‘vrais’ journalistes qui seront accrédités et ceux qu’elle considère comme ‘faux’ seront laissés à la porte comme Quotidien?", demande le député LREM du Var Fabien Matras. Le célèbre journaliste Jean-Michel Aphatie s’est lui aussi révolté contre cette position de Marine Le Pen:"Quand c’est le pouvoir qui décide qui est journaliste et qui ne l’est pas, on appelle cela du poutinisme".

Cela fait plusieurs années que "Quotidien" est déclaré persona non grata aux réunions de Marine Le Pen. C’était encore une fois le cas dimanche dernier lors du premier tour de la présidentielle. La raison officielle donnée aux journalistes de l’émission: le "manque de place". D’autres médias sont aussi concernés par cette exclusion opérée par le Rassemblement national, comme Mediapart ou encore Mayotte Hebdo.

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