Guerre en Ukraine: lourd bilan après l’attaque sur la gare de Kramatorsk

Deux roquettes se sont écrasées sur la gare de Kramatorsk, à l’est de l’Ukraine. C’est par cette gare que des milliers de personnes fuient chaque jour vers l’ouest du pays.

kramatorsk
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Au moins 50 personnes, dont 5 enfants, ont été tuées et 100 blessées vendredi après que deux roquettes se sont abattues sur la gare de Kramatorsk, dans l’Est de l’Ukraine, par laquelle des milliers de personnes sont évacuées depuis plusieurs jours.

Plus tôt, un volontaire humanitaire qui participe à l’évacuation des corps a affirmé à l’AFP qu’au moins 35 personnes étaient mortes. Un journaliste de l’AFP a vu les corps, dans des sacs mortuaires et sous des bâches, d’au moins 20 personnes. Présent sur place plus tôt, il avait constaté que des centaines de personnes espéraient encore y trouver un train pour quitter la ville, sous menace d’une offensive russe majeure. Depuis, le bilan ne cesse de s’alourdir.

Quatre voitures étaient brûlées devant la gare. L’intérieur et l’entrée de la gare étaient eux couverts de sang, de longues traces s’étendant par endroits sur le trottoir et des rangées de banc étant carbonisées.

Sur le parvis devant la gare, les restes d’un missile était toujours visible, sur lequel on pouvait lire en russe " Pour nos enfants ". " Deux roquettes sont tombées sur la gare de Kramatorsk ", avait dans un premier temps annoncé la compagnie ferroviaire ukrainienne.

reste d'un missile après l'attaque de Kramatorsk

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" Un mal sans limite "

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé vendredi un " mal sans limite " déchaîné par la Russie. " Sans la force et le courage de nous affronter sur le champ de bataille, ils détruisent cyniquement la population civile. C’est un mal qui n’a pas de limite. Et s’il n’est pas puni, il ne s’arrêtera jamais ", a-t-il écrit sur Telegram, dénonçant les méthodes " inhumaines " des forces russes.

La Russie dément

L’armée russe a démenti vendredi tout tir de missile sur la gare de Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine, dénonçant une " provocation " des forces de Kiev. " Toutes les déclarations des représentants du régime nationaliste de Kiev sur le fait que la Russie a mené une attaque de missile contre la gare ferroviaire de Kramatorsk sont une provocation et ne correspondent pas à la vérité ", a dit le ministère de la Défense, affirmant même que seules " les forces armées ukrainiennes " utilisent ce type de missile " Totchka-U ".

Une attaque " horrible ", selon l’UE

Des responsables européens ont accusé la Russie d’avoir mené une attaque " horrible". " Horrible de voir la Russie frapper l’une des principales stations utilisées par les civils évacuant la région où la Russie intensifie son attaque ", a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, sur Twitter.

Le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell a condamné " fermement " une " attaque aveugle " menée " par la Russie ". " Il s’agit d’une nouvelle tentative de fermer les voies d’évacuation pour ceux qui fuient cette guerre injustifiée et de causer des souffrances humaines ", a-t-il dénoncé sur son compte Twitter. L’attaque est survenue alors que Josep Borrell et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont annoncé vendredi être en route pour Kiev, en signe de soutien à l’Ukraine face à l’invasion russe.

L’UE a adopté vendredi un cinquième paquet de sanctions contre Moscou, prévoyant un embargo sur le charbon russe et la fermeture des ports européens aux navires russes. La Commission a par ailleurs proposé d’augmenter de 500 millions d’euros le financement européen pour fournir des armes à l’Ukraine, qui serait porté à un total d’1,5 milliard depuis le début de l’invasion russe le 24 février.

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