Après la Russie, HRW dénonce de possibles "crimes de guerre" ukrainiens

La présidence ukrainienne a déjà répondu qu'elle punirait les abus sur les prisonniers russes dénoncés par Human Rights Watch.

Soldat russe tué à Mala Rogan
Des médecins ukrainiens transportant le corps d’un soldat russe, à Mala Rogan (près de Kharkiv), le 30 mars 2022 @BelgaImage

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités ukrainiennes à enquêter sur de potentiels "crimes de guerre" envers les prisonniers russes, après la diffusion d’images semblant montrer des soldats ukrainiens leur tirant dans les jambes.

Des tortures filmées et des cadavres retrouvés dans un village

Sur une vidéo diffusée le 27 mars, on peut voir trois hommes en treillis, les mains attachées dans le dos, jetés à terre depuis un fourgon par d’autres hommes armés, qui leur tirent dans les jambes. Si l’authenticité des images n’a pas pu être établie de manière indépendante, l’AFP a géolocalisé la vidéo comme étant tournée dans le village de Mala Rogan, dans la région de Kharkiv (nord-est), repris en début de semaine par les forces ukrainiennes après une offensive.

Les journalistes de l’AFP qui ont pu se rendre à Mala Rogan le 28 mars ont vu les corps de deux soldats russes gisant dans l’une des allées du village, en grande partie détruit par les combats, tandis qu’au moins deux autres corps ont été jetés dans un puits. "Si confirmé, passer à tabac et tirer dans les jambes de combattants capturés constituerait un crime de guerre", a indiqué HRW dans un communiqué publié jeudi soir. "L’Ukraine doit démontrer qu’elle est capable et désireuse de prévenir et de punir les violations graves du droit humanitaire international", a ajouté l’organisation internationale.

Un conseiller de la présidence ukrainienne, Oleksiï Arestovitch avait reconnu sur Telegram que les abus sur les prisonniers constituent un "crime de guerre" et que de tels faits doivent être "punis". "Nous traiterons les prisonniers conformément à la Convention de Genève, quelles que soient vos motivations émotionnelles personnelles", a-t-il indiqué en s’adressant aux militaires. Alexandre Bastrykine, le directeur du Comité d’enquête russe, l’organe chargé des principales investigations criminelles dans le pays, a lui ordonné de lancer une enquête sur les abus présumés.

De nombreuses accusations envers la Russie

Les soldats russes ont également été accusés d’exactions depuis le début de l’invasion de l’Ukraine lancée le 24 février. HRW a écrit plusieurs articles sur le sujet sur son site web. "Human Rights Watch a précédemment documenté de nombreuses violations des lois de la guerre et des présumés crimes de guerre commis par des forces russes, notamment des attaques indiscriminées contre des civils avec des armes à sous-munitions, parmi d’autres, et des actions empêchant les civils de fuir les zones de combat", note l’organisatio. Ce genre d’accusation a notamment été formulée en référence à l’attaque par la Russie des villes de Kharkiv, Tchernihiv et de Mykolaïv.

À Marioupol, intensément bombardée par les forces russes, HRW note également de possibles crimes de guerre similaires mais aussi d’un autre genre. "Les tactiques de siège ne peuvent consister à affamer une population civile ou à attaquer, détruire, enlever ou rendre inutiles des biens indispensables à la survie de la population civile. L’emploi délibéré de telles tactiques constitue un crime de guerre", ajoute HRW qui évoque également le cas problématique de l’évacuation des civils. "Si les habitants de Marioupol ont été transférés de force vers la Russie, cela pourrait constituer un crime de guerre".

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