"Cancel culture": quand Poutine compare la Russie à J.K. Rowling

Vladimir Poutine a accusé l’Occident de mettre au ban la culture russe. Pour étayer son propos, il a évoqué l’auteure de Harry Potter. Celle-ci n’a pas vraiment apprécié.

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Vladimir Poutine, le 25 mars @BELGAIMAGE

C’est à une comparaison pour le moins osée à laquelle s’est livré le président russe. Vendredi, il a assuré que son pays était victime, tout comme la maman du plus célèbre des sorciers, de la cancel culture, c’est-à-dire l’appel au boycott d’une personne publique après des propos ou actes jugés discriminatoires.

Dans un discours télévisé, Vladimir Poutine a critiqué l’ostracisme qui frappe selon lui l’art russe, depuis le début de la guerre en Ukraine. " Aujourd’hui, ils essaient de ‘cancel’ tout un pays vieux de 1000 ans, notre peuple. Je parle de la discrimination grandissante envers tout ce qui touche à la Russie, de cette tendance dans nombre de pays occidentaux. Une campagne est en cours contre les compositeurs russes, dont Tchaïkovski, Chostakovitch et Rachmaninov", a-t-il lancé, estimant que " la dernière fois, ce sont les nazis en Allemagne, il y a près de 90 ans, qui ont mené une telle campagne de destruction d’une culture indésirable. On se souvient bien des images des livres brûlés sur les places publiques ".

J.K Rowling réaffirme son soutien à l’Ukraine

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il a alors évoqué le cas de l’écrivaine britannique. " J.K Rowling a été annulée parce qu’elle, un auteur de livres qui se sont vendus à des millions d’exemplaires dans le monde, ne plaisait pas aux fans de la soi-disant liberté de genre ", a affirmé Poutine, dont la propre politique criminalise les personnes LGBTQ.

Le président russe se référait aux propos, jugés transphobes, qu’avait tenus J.K Rowling en 2020. Depuis, les acteurs et une partie des fans de la saga s’étaient désolidarisés de l’auteure, qui n’a pas participé à l’émission spéciale fêtant les 20 ans du premier film.

La principale intéressée a toutefois peu apprécié la comparaison du maître du Kremlin. Sur Twitter, elle a rétorqué qu’il qu’il n’était peut-être pas approprié de critiquer la cancel culture de l’Occident lorsque l’on " massacrait des civils ". " Les critiques de la cancel culture occidentale ne sont sans doute pas les meilleures quand elles sont faites par ceux qui massacrent actuellement des civils dont le crime est de résister ou quand ils emprisonnent ou empoisonnent ceux qui les critiquent ", a-t-elle écrit, en réaffirmant son soutien à l’Ukraine et partageant un article sur Alexeï Navalny, le principal opposant à Vladimir Poutine, actuellement en prison.

La Britannique a par ailleurs récemment lancé un appel aux dons pour aider les enfants piégés dans des orphelinats en Ukraine,  et a promis de verser 1 million de livres sterling via sa fondation.

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