Guerre en Ukraine: le spectre bien réel de pénuries alimentaires

Le président américain Joe Biden a estimé que des pénuries alimentaires mondiales allaient "se concrétiser" à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie tandis que la France propose un plan d'urgence pour la sécurité alimentaire au niveau de l'UE et du G7.

Champs de blé
Belga

Evoquées jusqu’à présent comme un risque majeur, " les pénuries alimentaires vont se concrétiser ", a affirmé Joe Biden après des sommets du G7 et de l’Otan, assurant que les Etats-Unis comme le Canada, producteurs majeurs de céréales, allaient augmenter leurs exportations en conséquence.

Dans le cadre du G7, les deux pays " ont parlé de la façon dont nous pourrons accroître et distribuer des ressources alimentaires plus rapidement. Nous discutons également avec les Européens et tous les autres pays pour qu’ils suspendent toutes les restrictions sur leurs exportations alimentaires ", a indiqué le président américain devant la presse à Bruxelles.

Les Etats-Unis étudient par ailleurs " un investissement très important pour répondre aux besoins d’assistance humanitaire, notamment en termes d’aide alimentaire ", a-t-il précisé. La guerre comme les conséquences indirectes des sanctions occidentales touchent un nombre important de pays, car la Russie et l’Ukraine sont les greniers à blé de l’Europe, a rappelé M. Biden.

" Une famine inéluctable "

De son côté, Emmanuel Macron a appelé jeudi Moscou à être " responsable " en permettant que les semis en Ukraine aient lieu, faute de quoi la guerre provoquera dans 12 à 18 mois " une famine inéluctable ", avec des pénuries de céréales au Moyen-Orient et en Afrique du Nord –où l’Egypte dépend notamment " à 80% " des céréales russes et ukrainiennes pour nourrir sa population.

L’Egypte, la Turquie, le Bangladesh ou encore le Nigeria, des pays très peuplés, sont les principaux importateurs des céréales de Russie et d’Ukraine.
S’exprimant en tant que président du Conseil de l’UE " et en lien avec l’Union africaine ", le président français a proposé à Bruxelles une " initiative pour la sécurité alimentaire " avec d’abord un " plan d’urgence de libération des stocks en cas de crise pour éviter toute pénurie et modérer les hausses de prix ".

Relever les seuils de production

Autre volet, " obtenir un engagement multilatéral à ne pas imposer de restrictions à l’export des matières premières agricoles ". En outre, il a souhaité " dès cet été une action coordonnée des pays producteurs pour relever temporairement les seuils de production lorsque cela est possible " et " mettre en place un mécanisme d’allocation des volumes pour garantir un accès de tous, en particulier des plus vulnérables, en quantité suffisante et à prix raisonnables ".

Emmanuel Macron suggère également d’aider la production dans les pays les plus touchés, " en augmentant significativement les investissements dans la production alimentaire durable et les chaînes de valeur agricole ". Il a précisé avoir exposé cette initiative à ses homologues du G7, pour beaucoup gros producteurs, afin de les engager dans cette démarche, et veut l’élargir dans le cadre du G20.

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