Les entreprises belges ne veulent pas quitter la Russie

Rares sont les entreprises belges se retirant de Russie. Les enjeux économiques sont importants mais elles se justifient par un but plus social.

Vue sur Moskva-City
Vue sur Moskva-City, le centre de commerce internation de Moscou, le 10 janvier 2022 @BelgaImage

De plus en plus d’entreprises occidentales tournent le dos à la Russie. Pourtant, la plupart des quelque 250 entreprises belges disposant d’établissements en Russie refusent de quitter le pays, même si elles désapprouvent fermement la guerre en Ukraine, rapportent samedi L’Echo et De Tijd. Cela concerne aussi bien les grandes que les petites entreprises, issues de secteurs tels que la pharmacie, la plasturgie et l’agroalimentaire.

Des entreprises qui disent penser au bien-être de la population

Selon des données rassemblées par l’Echo, avec l’aide de Graydon et Creditsafe, les filiales russes des entreprises belges représentent plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires. Sur la seule année 2021, les entreprises belges ont investi pour 1,5 milliard d’euros en Russie. En 2021, 1.556 entreprises belges ont exporté pour 3,4 milliards d’euros de marchandises vers le pays présidé par Vladimir Poutine.

Les entreprises qui restent en Russie entendent notamment ne pas abandonner leurs collaborateurs et leurs clients russes. "Nos 558 employés en Russie sont des citoyens ordinaires, des familles ordinaires", explique par exemple Bernard Thiers, PDG du groupe flamand de revêtements de sol Unilin. "Ils n’ont pas demandé la guerre en Ukraine et sont constamment submergés par la désinformation. Nous ne voulons pas les punir davantage". Les entreprises condamnent toutes l’invasion de l’Ukraine, mais critiquent aussi parfois les sanctions contre la Russie. "C’est une affaire difficile qui paraît bien dans les journaux, mais Poutine ne s’arrêtera pas là", a déclaré Bart Van Malderen, PDG et principal actionnaire de Drylock Technologies. "Vous ne faites que punir la population avec cela, alors que le Russe moyen ne peut rien y faire".

Des entreprises impactées mais aussi l’État belge

Pour certaines entreprises belges, il n’est toutefois plus possible de poursuivre leurs activités en Russie, comme le groupe de boulangerie La Lorraine, par exemple, qui a dû arrêter du jour au lendemain la construction d’une nouvelle usine. Celle-ci était en effet co-financée à hauteur de 50 millions d’euros par le fonds souverain russe RDIF.

L’État belge a également des intérêts en Russie. Le gouvernement est en effet l’unique actionnaire du groupe d’assurance-crédit Delcredere, présent en Russie sous le nom commercial Credendo. La Russie est de loin le pays le plus important du portefeuille du groupe. Cela représenterait plus de 4 milliards d’euros. On ne sait pas exactement quel risque l’État belge court à cet égard.

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