Présidentielle française: qu’ont affirmé les candidats sur TF1?

Entre l'Ukraine, l'écologie, le nucléaire et le pouvoir d'achat, les candidats à la présidentielle française ont présenté leurs propositions de campagne.

Emmanuel Macron sur TF1
Emmanuel Macron lors de l’émission de TF1 «La France face à la guerre», le 14 mars 2022 @BelgaImage

Ce lundi soir, les principaux candidats à la course à l’Élysée s’étaient donnés rendez-vous sur TF1 pour un programme spécial. Un grand oral plus qu’un vrai débat qui a récolté 20% de part d’audiences, avec une moyenne de 4,2 millions de téléspectateurs et même 5,9 millions au début de l’émission. Voici l’essentiel de ce qui s’y est dit, candidat après candidat.

Emmanuel Macron

Pour Emmanuel Macron, en tête dans les sondages avec près de 31% au premier tour, l’ambition n’a pas été de dévoiler de nouvelles mesures de son programme. Son but était plutôt de confirmer des annonces antérieures et de se montrer à la fois comme président et candidat, notamment du fait de la guerre en Ukraine. "Ce que j’essaie de faire au nom de la France, mais ce que nous essayons de faire en Européens, c’est d’essayer de stopper cette guerre sans faire la guerre", assure-t-il tout en tâchant d’"obtenir le plus vite possible un cessez-le-feu". Il affirme être en position d’"accueillir au moins 100.000" réfugiés ukrainiens, voire "davantage", et dit faire un maximum en termes de sanctions envers Moscou. Comme les autres candidats, il lui a été demandé s’il qualifierait Vladimir Poutine de dictateur ou autrement. Contrairement aux autres, il a choisi une voie médiane en refusant tout qualificatif. Pour lui, ce n’est "pas en insultant ou en qualifiant que ce sera le plus efficace".

Pour le reste, il a affirmé vouloir des "mesures d’urgence" pour faire face à l’inflation comme la remise de 15 centimes à la pompe, un "plan de résilience" dans certains secteurs et la relance du nucléaire. Il soutient une plus grande indépendance européenne dans le contexte actuel et confirme vouloir repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans. "La vraie réponse (aux défis actuels), pour moi, c’est le travail et l’écologie", dit-il. Enfin, il dit vouloir instaurer une pension minimale de 1100 euros, supprimer les régimes spéciaux et continuer de baisser les impôts.

Yannick Jadot

Le candidat écologiste Yannick Jadot a, sans surprise, rappelé l’urgence de la transition énergétique, notamment via la rénovation des logements et l’installation d’énergies renouvelables "partout où c’est possible". Il a aussi défendu le besoin de sortir du nucléaire. Pour les retraites, Yannick Jadot veut également "remettre les critères de pénibilité qui ont été indécemment supprimés" sans remettre en cause l’âge de 62 ans fixé par les autorités.

Sur l’Ukraine, il a été parmi ceux qui ont osé qualifier le président russe de "dictateur" et défendu un soutien sans faille à l’armée ukrainienne. "Ce n’est pas être va-t’en-guerre que de vouloir soutenir la résistance héroïque des Ukrainiens", fait-il savoir. Il affirme qu’il faut "traquer les milliardaires russes partout" et boycotter le gaz et le pétrole russe tout en menant un "plan de mobilisation extraordinaire" sur l’énergie. Le conflit pourrait même être selon lui "une opportunité pour le climat". Yannick Jadot est celui qui a le plus convaincu le journal "Le Nouvel Observateur" en recevant la meilleure note, devant Emmanuel Macron.

Anne Hidalgo

La candidate du PS, Anne Hidalgo, a elle aussi qualifié Vladimir Poutine de "dictateur" et ajouté que "la paix ne pouvait pas se faire au profit des agresseurs". Mais pour sa part, elle a évoqué plus d’autre sujets que celui de l’Ukraine. Sur l’écologie, elle défend un "mixte" entre le nucléaire et les énergies renouvelables, même si sur le long terme, elle veut sortir de la "dépendance" au nucléaire. Sa lutte pour le climat doit aller de pair avec celle du pouvoir d’achat, assure-t-elle. Elle critique d’ailleurs le fait qu’Emmanuel Macron se limite à une remise de 15 centimes de litre à la pompe. Côté emploi, elle aspire à une "société où le travail permet de vivre dignement" en renégociant les salaires par branche et en revalorisant le minimum salarial (le Smic). À propos du Smic justement, elle affirme que celui-ci n’a pas été revalorisé "depuis des années". Cela dit, c’est faux, puisqu’il est passé de 1480,27€ en 2017 à 1603,12€ au 1er janvier 2022.

Fabien Roussel

Pour le candidat communiste Fabien Roussel, il faut "exercer les pressions les plus fortes" contre la Russie dont il condamne l’invasion de l’Ukraine, tout en veillant aux conséquences sur la France. D’où un renoncement de l’embargo sur le gaz russe. C’est également dans cette perspective qu’il défend le nucléaire comme moyen d’assurer l’indépendance énergétique de la France. Toujours sur l’énergie, il propose de "bloquer les prix" à la pompe et menace de taxer "100 % des dividendes de Total".

Jean-Luc Mélenchon

Candidat intermédiaire entre les communistes, les écologistes et les socialistes, Jean-Luc Mélenchon est le seul à gauche à ne pas qualifier Vladimir Poutine de "dictateur", préférant parler d’"autocrate". Attaché à sa position de "non-aligné" sur la scène internationale, il a soufflé le chaud et le froid sur l’Ukraine, reprochant à l’OTAN de s’être étendue "jusqu’aux portes de la Russie" tout en qualifiant l’invasion russe de ces dernières semaines d’"intolérable". Il évoque l’envoi de casques bleus de l’ONU en Ukraine.

Sur l’énergie, Jean-Luc Mélenchon a affirmé vouloir "1,30 euro ou 1,40 euro à la pompe", à l’instar du blocage voulu d’autres biens de première nécessité, et dénoncé le "danger" du nucléaire civil en cas de guerre, d’où sa volonté de le supprimer. Il veut "refaire la retraite à 60 ans pour 40 annuités" et brandit le "marché" comme créateur de "chaos". "Il faut rétablir de l’intelligence et de la volonté humaine dans tous les processus. Un nouveau monde est possible".

Marine Le Pen

Si la candidate du parti d’extrême-droite "Rassemblement national" se refuse à qualifier Poutine de "dictateur", elle a "condamné de la manière la plus claire qui soit" l’invasion russe. Elle soutient aussi l’ambition de faire la balance entre sanctions et risques pour l’économie française. À contre-courant des autres candidats, elle veut la sortie du commandement intégré de l’OTAN, ce qui entraînerait une hausse des dépenses dans la défense, mais les rejoint dans la volonté d’atteindre "l’indépendance énergétique", même si cela passe clairement pour elle par le nucléaire. Elle évoque ainsi une réouverture de la centrale controversée de Fessenheim malgré le fait qu’EDF ait écarté cette idée, faute de suivi des opérations de maintenance nécessaires à sa sûreté. Pour le pouvoir d’achat, elle veut baisser la TVA de l’essence à 5,5% et "la suppression des augmentations de taxe". Enfin, elle défend le départ à la retraite à 60 ans sous certaines conditions.

Éric Zemmour

Cible de reproches sur son attitude parfois bienveillante envers Moscou, la candidat d’extrême-droite Éric Zemmour a voulu cette fois "condamner tout de suite l’invasion en Ukraine". Sans parler de Vladimir Poutine comme étant un "dictateur". il décrit ses "méthodes rudes" et "tyranniques". Très proche des propos de Marine Le Pen, il la rejoint sur de nombreux points: défense du nucléaire pour assurer l’indépendance énergétique de la France, hausse du budget de l’armée (en affirmant que celui-ci n’a pas augmenté depuis une décennie, bien que ce soit faux) et sortie du commandement intégré de l’OTAN, etc. Par contre, il s’en distingue en misant sur la théorie du complot du "grand remplacement", en voulant un départ à la retraite à 64 ans et en se présentant comme un outsider. Pour l’essence, il prône un blocage des prix.

Valérie Pécresse

Candidate du parti LR, Valérie Pécresse est la seule à droite à parler de Vladimir Poutine comme étant un "dictateur". Si elle rejoint Marine Le Pen et Éric Zemmour pour défendre le nucléaire et critiquer ce qu’elle qualifie d’"immigration incontrôlée", elle veut une politique d’économie budgétaire et la retraite à 65 ans. Elle aspire aussi "une autonomie stratégique" et "européenne", tout en donnant à l’Ukraine "une perspective européenne" et non d’emblée une adhésion à l’UE, précisant qu’il faut "réformer l’Europe à 27 avant de songer à l’élargir". Sur le plan intérieur, elle compte sur "une prospérité durable en revalorisant le travail" et présente un objectif zéro carbone d’ici 2050 basé sur le mix énergétique. Elle promet enfin une baisse des impôts.

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