Réfugiés ukrainiens: Varsovie en difficulté avec +15% d’habitants

Les réfugiés ukrainiens sont si nombreux à Varsovie que le maire se demande comment gérer cet afflux, tout en restant ouvert à de nouvelles arrivées.

Des bénévoles polonais aidant les réfugiés ukrainiens
Des bénévoles polonais aidant les réfugiés ukrainiens, le 11 mars 2022 dans une gare de Varsovie @BelgaImage

Près de 1,8 million d’Ukrainiens sont arrivés en Pologne depuis le début de la guerre, la plupart à Varsovie. "La solidarité est énorme et tout le monde fait de son mieux, mais la question est de savoir combien de temps on pourra tenir", craint le maire Rafał Trzaskowski, qui souligne que le nombre d’habitants de la capitale polonaise a augmenté de 15 % en deux semaines. Le nombre de réfugiés ayant fui l’Ukraine s’élève à 2,8 millions depuis le début de l’invasion russe, selon un décompte du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) publié lundi.

Des personnes traumatisées et sans possibilité de logement

La plupart – près de 1,8 million – ont trouvé refuge en Pologne, dont un peu plus de 82.000 personnes pour la seule journée de dimanche, selon les garde-frontières polonais. Environ 18.000 ont encore été acceptés lundi matin entre 00h00 et 07h00. Il n’y a, pour l’instant, pas d’informations quant au nombre de ces réfugiés qui ont depuis quitté la Pologne pour un autre pays.

Rien qu’à Varsovie, 10.000 à 12.000 réfugiés ukrainiens arrivent chaque jour dans les centres d’accueil. Ceux-ci sont installés dans les gares de Varsovie, car les réfugiés peuvent ainsi être rapidement acheminés par train ou par bus vers des lieux d’accueil en Pologne et dans d’autres pays européens. "Au départ, 97% des réfugiés pouvaient aller chez des amis ou de la famille, mais aujourd’hui, nous voyons beaucoup plus de personnes qui n’ont aucun plan et qui sont traumatisées par ce qu’elles ont vu en Ukraine", a déclaré le maire Trzaskowski.

De passage ou partis pour rester en Pologne

L’une d’elles est Natalia, 65 ans, qui prend une pause à la gare centrale de Varsovie après un long voyage depuis Zaporizhzhya, qu’elle a fait seule. "Ma maison a été détruite et mon fils est resté en Ukraine pour se battre. Il me rassure tous les jours en disant qu’il va bien, mais je sais qu’il ne fait ça que pour me rassurer. Je ne sais pas où aller et je n’ose même pas imaginer comment je vais pouvoir trouver un nouvel emploi. C’est simple: Poutine doit mourir, sinon cet enfer va durer longtemps".

Le plan d’Ana, 41 ans, une pharmacienne qui vient de Kiev avec sa fille de 10 ans, un fils de 16 ans et un chien, est plus clair. "Nous voyagerons en deux heures de train jusqu’en Allemagne, où habitent mes cousins. Mon mari est resté en Ukraine pour se battre, mais j’espère le revoir bientôt. Nous n’avons même pas de vêtements propres avec nous, mais nous ne devons pas nous décourager. Sinon Poutine gagnera définitivement".

"Un principe: tous ceux qui veulent venir à Varsovie peuvent venir"

Un grand nombre de réfugiés veulent toutefois rester à Varsovie. "Nous avons 15% d’habitants en plus qu’il y a deux semaines. Mais nous suivons le principe: tous ceux qui veulent venir à Varsovie peuvent venir ici". Cependant, la pression sur la ville de près de 1,8 million d’habitants augmente de jour en jour. Des milliers de bénévoles et des dizaines d’ONG sont prêtes jour et nuit à accueillir des réfugiés, leur fournir à manger et à boire ou prêter une oreille attentive.

Trzaskowski parle d’une solidarité sans précédent, mais craint que cela ne puisse durer plus longtemps. "Il y a aussi 4.000 enfants ukrainiens dans les écoles ici en ce moment, donc la pression monte également là-bas. Et ce n’est que le début, car cela va prendre très longtemps", dit-il.

En tant que membre du Comité européen des régions, l’UE, avec l’aide des Nations unies, élabore un plan structurel pour faire face à cette crise des réfugiés. "Pour le moment c’est encore trop d’improvisation. Ça va bien un moment, mais ça ne peut pas durer des mois", conclut le maire progressiste. L’Allemagne a, elle, accueilli au moins 147.000 personnes, mais ce nombre pourrait être plus élevé. Étant donné l’absence de contrôles aux frontières à l’intérieur de l’UE, les Ukrainiens arrivés dans un État-membre sont libres de se rendre dans un autre. Un peu plus de 250.000 réfugiés ont également franchi la frontière hongroise et 200.000 sont arrivés en Slovaquie. Près de 130.000 se sont rendus en Russie.

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