Corse: le gouvernement français appelle à un "retour au calme"

Des violences indépendantistes corses ont éclaté à Bastia, amenant le ministre français de l'Intérieur à se rendre sur place.

Manifestation nationaliste à Bastia
Manifestation nationaliste à Bastia en soutien à Yvan Colonna, le 13 mars 2022 @BelgaImage

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a appelé lundi à "un retour au calme sans délai" en Corse et condamné "fermement" les violences de ces derniers jours sur l’île méditerranéenne à la suite de l’agression en prison d’un militant indépendantiste. Il a annoncé qu’il se rendrait en Corse mercredi et jeudi, pour "ouvrir" des discussions avec "l’ensemble des élus et des forces vives de l’île", dans un communiqué transmis à l’AFP. Mais il a stipulé que le retour au calme était nécessaire pour débuter ce dialogue.

L’agression d’Yvan Colonna au centre de l’affaire

Depuis l’agression le 2 mars en prison du militant indépendantiste Yvan Colonna, condamné pour sa participation à l’assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, plusieurs rassemblements et violences ont eu lieu sur l’île, sur fond d’interrogations sur les conditions de cette attaque. Dimanche, une manifestation à Bastia en soutien à Yvan Colonna a viré à "l’émeute", a décrit le procureur de cette ville du nord de la Corse, avec un bilan final de 67 blessés dont 44 membres des forces de l’ordre.

La colère a débordé dimanche après-midi à l’arrivée d’un cortège à la préfecture (administration représentant l’État français), avec des échauffourées entre les forces de l’ordre et plusieurs centaines de manifestants encagoulés, selon les autorités, vêtus de noir et pour certains équipés de masques à gaz, ont constaté des journalistes de l’AFP. Condamné à la perpétuité pour l’assassinat de Claude Erignac, Yvan Colonna est dans le coma depuis son agression le 2 mars par un codétenu condamné pour "terrorisme".

Cycle de discussions "sans précédent"

Le gouvernement a "entendu les demandes des élus de Corse sur l’avenir institutionnel, économique, social ou culturel" de l’île, a souligné Gérald Darmanin, notamment celles de Gilles Simeoni, président autonomiste du conseil exécutif de Corse et ancien avocat d’Yvan Colonna, qui réclame un statut d’autonomie. Le cycle de discussions "sans précédent" visera à "trouver les conditions d’une telle évolution de la Corse dans la République, ainsi que le prévoit la Constitution", a ajouté le ministre de d’Intérieur, sans autre précision.

Vendredi, le Premier ministre français Jean Castex avait tenté d’apaiser la situation en annonçant la levée du statut de "détenu particulièrement signalé" (DPS) de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, deux autres membres du "commando Erignac" encore détenus en France. Ce statut empêchait leur rapprochement vers une prison corse. Lors de son déplacement, Gérald Darmanin ira aussi à la "rencontre des forces de l’ordre" mobilisées sur place.

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