L’ISS pourrait s’écraser à cause des sanctions selon la Russie: vraiment?

Le patron de Roscosmos a affirmé que les sanctions pourraient faire chuter l'ISS. Des menaces ni totalement fausses, ni totalement vraies.

L'ISS au-dessus de la Terre
L’ISS au-dessus de la Terre, le 2 décembre 2002 @BelgaImage

Ce samedi 12 mars, Dmitri Rogozine, patron de l’agence spatiale russe Roscosmos, a brandi la menace d’une chute de la station spatiale internationale (ISS) si les pays occidentaux maintenait leurs sanctions envers Moscou du fait de la guerre en Ukraine. Il a ainsi demandé à ce que ces mesures économiques soient levées. Pour appuyer sa position, il n’a pas hésité à dévoiler comment la Russie pourrait faire s’écraser l’ISS. Cela dit, il semble peu probable que dans les faits, cela se produise, même si le risque ne peut pas non plus être totalement écarté.

Rogozine, l’ami du Kremlin, vent debout contre l’Occident

Selon Rozogine, les sanctions auront un impact direct dans les modules russes de l’ISS, notamment dans celui chargé de corriger son orbite. D’après lui, au final, cela entrainerait "l’amerrissage ou l’atterrissage de l’ISS pesant 500 tonnes". "Le segment russe veille à ce que l’orbite de la station soit corrigée (en moyenne onze fois par an), y compris pour éviter les débris spatiaux", indique-il.$

Dans sa publication sur Twitter, il présente même une carte de la zone possible d’impact sur Terre. La Russie serait en très grosse partie à l’abri "mais les populations des autres pays, notamment ceux dirigés par les ‘chiens de guerre’ (les Occidentaux, ndlr) devraient réfléchir au prix des sanctions contre Roscosmos", écrit-il. Rozogine est connu pour ses positions pro-Kremlin. Déjà en 2014, lors de l’invasion de la Crimée, il avait soutenu Vladimir Poutine et s’était montré hostile envers les Occidentaux qui avaient déjà émis plusieurs sanctions.

Des menaces à moitié fondées

Au vu du copinage de Rogozine avec Vladimir Poutine, est-ce que ces menaces relèvent surtout de la propagande ou pas? C’est justement la question que le Times a creusée il y a deux semaines, alors que le patron de Roscosmos commençait déjà à brandir ce type de menaces. Le journal britannique donne la conclusion suivante: une chute de l’ISS provoquée par un accès de colère de la Russie est une hypothèse peu probable mais pas impossible. Comme l’affirme Rogozine, l’orientation de l’ISS dépend bien de composants russes. Sans allumer les moteurs nécessaires, la station pourrait théoriquement sortir de son orbite. Autre vérité: l’ISS ne survole pas directement la majorité du territoire russe.

Pour autant, ce que Rogozine se garde bien de faire, c’est de citer d’autres éléments qui vont à l’encontre de ses menaces. Depuis le 21 février, l’équipe américaine de la station dispose d’un moteur d’urgence permettant de faire le travail des Russes depuis leur module en cas de besoin, du moins en partie. Les propulseurs et le guidage seraient en effet toujours russes. Autrement dit, Moscou pourrait non pas faire tomber directement l’ISS mais la faire partir en vrille. À force, les panneaux solaires pourraient ne pas capter assez d’énergie et là, ça deviendrait vraiment problématique. Interrogé sur le sujet, l’ancien cosmonaute Terry Virts ne croit toutefois pas qu’un tel scénario soit possible. Le pire serait une confrontation dans l’espace des astronautes russes avec leurs collègues occidentaux, mais il n’y songe pas sérieusement non plus compte tenu de leur professionnalisme. Enfin, il faut noter que le 1er mars, la Nasa a indiqué travailler à des solutions pour maintenir définitivement la station en orbite sans l’aide de la Russie. L’espace est un des derniers domaines de coopération russo-américaine.

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