Les négociations sur le nucléaire iranien "prises en otage" par la Russie

En exigeant de nouveaux prérequis, la Russie paralyse l'accord sur le nucléaire iranien qui semblait pourtant imminent.

Conférence de presse sur l'accord iranien à Téhéran
Conférence de presse sur l’accord nucléaire iranien à Téhéran, le 5 mars 2022 @BelgaImage

Les États-Unis ont exhorté vendredi l’Iran et la Russie à prendre les décisions nécessaires qui pourraient conduire à un accord rapide sur le programme nucléaire iranien. C’est à Moscou et à Téhéran de trouver une issue à l’impasse, a déclaré Ned Price, porte-parole du département d’Etat américain. Une déclaration qui a lieu après que la Russie ait pris en otage l’accord dans le contexte tendu de la guerre en Ukraine.

Une attitude "inacceptable" de Moscou selon les Européens

À Vienne, des négociations sont en cours depuis près d’un an pour relancer l’accord nucléaire de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran. Un accord semblait imminent la semaine dernière, mais les négociations ont dû être suspendues à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine. La Russie exige des garanties américaines que les sanctions imposées à Moscou à la suite de l’invasion n’affecteront pas sa coopération économique avec l’Iran.

Malgré la pause dans les pourparlers, les États-Unis croient toujours que l’accord peut être sauvé, a déclaré Price. Ce dernier insiste sur le fait que les nouvelles sanctions contre la Russie "n’ont absolument rien à voir" avec les négociations sur l’accord sur le nucléaire iranien. Ces sanctions "ne devraient pas affecter" les pourparlers, ajoute-il encore. Du côté des négociateurs européens, la demande de Moscou est jugée "inacceptable". "Nous devons faire une pause dans les pourparlers en raison de facteurs externes", a regretté vendredi Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE). "Il s’agit d’une prise en otage du JCPoA (joint comprehensive plan of action ; accord de Vienne sur le nucléaire iranien) pour obtenir un retour en arrière sur les sanctions prises à l’encontre des Russes", dénonce au journal Le Monde un négociateur représentant Paris, Berlin et Londres.

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