La situation à Tchernobyl se "détériore", selon l’AIEA

L'AIEA dit ne plus avoir de contact avec les équipes de Tchernobyl qui sont elles-mêmes sous pression depuis la prise de contrôle russe de la zone.

Site nucléaire de Tchernobyl
Site nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine le 26 février 2022 @BelgaImage

L’ancienne centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl a été de plus en plus coupée du reste du monde depuis qu’elle a été saisie par les unités russes, assure l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA) qui s’inquiète de la situation.

Directeur de l’AIEA: "Je suis très inquiet"

L’AEIA affirme que 210 techniciens et employés locaux en charge de la sécurité à Tchernobyl ont travaillé sans cesse depuis deux semaines, car il n’y a pas eu de relève des équipes depuis la prise du contrôle russe. Les employés reçoivent de l’eau et de la nourriture mais leur situation se détériore. En outre, l’agence viennoise affirme ne plus être en contact avec ses équipements de surveillance, qui assurent que les tous les matériaux nucléaires restent en place à Tchernobyl. "La transmission à distance des données des systèmes de contrôle des garanties installés à la centrale nucléaire de Tchernobyl avait été coupée", a affirmé l’AIEA dans un communiqué.

Cet organisme de surveillance des Nations unies dans le domaine du nucléaire utilise le terme "garanties" pour décrire les mesures techniques qu’elle applique aux matières et activités nucléaires, dans le but de dissuader la propagation des armes nucléaires par la détection précoce de l’utilisation abusive de ces matières.
"Je suis très inquiet au sujet de la situation difficile et stressante à la centrale nucléaire de Tchernobyl de même qu’au sujet des risques potentiels liés à la sécurité nucléaire", a déclaré le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi.

Avec une transmission de données à distance coupée et le régulateur ukrainien ne pouvant contacter la centrale que par courrier électronique, M. Grossi a réitéré son offre de se rendre sur le site, ou ailleurs, pour obtenir de toutes les parties un "engagement en faveur de la sûreté et de la sécurité" des centrales électriques ukrainiennes. Tchernobyl a été le théâtre d’un accident nucléaire majeur en 1986 et premier site ukrainien à être tombé aux mains des soldats russes le 24 février.

Depuis Genève en Suisse, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) a aussi indiqué mardi cesser toute nouvelle collaboration avec la Fédération de Russie et ses instituts. Le statut d’observateur de Moscou auprès du CERN est aussi suspendu. L’armée russe occupe depuis vendredi également la centrale nucléaire de Zaporojie, dans le sud-est de l’Ukraine, où des frappes de son artillerie, selon les Ukrainiens, ont provoqué un incendie – dont Moscou nie être à l’origine. Zaporojie est la plus importante centrale d’Europe. Ses réacteurs ont été mis en service entre 1984 et 1995. Ils sont de conception moderne comparé à Tchernobyl, première centrale construite dans le pays, en 1970, où les réacteurs étaient bien moins sécurisés.

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