Guerre en Ukraine: les femmes en première ligne

Elles sont souvent les premières victimes de la guerre. Depuis le début de l’invasion russe, de nombreuses Ukrainiennes se sont mobilisées pour défendre leur pays.

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Des réfugiés ukrainiens à la frontière slovaque, le 5 mars @BELGAIMAGE

Nous vivons en plein enfer ". Voilà ce qu’expliquait Alena Shinkar à l’agence de presse Reuters. Le 2 mars, cette Ukrainienne s’abritait, avec d’autres femmes enceintes, dans le sous-sol d’une maternité de Kiev. Un " enfer " dans lequel les femmes donnent la vie, obligées d’être transférées – même en pleine accouchement- dans un abri anti-aérien, lorsque les sirènes annonçant un bombardement retentissent. Comme le rapportait CBS, la maternité où se trouvait Alena Shinkar a permis la naissance de 100 bébés en une semaine.

D’autres n’ont pas pu jouir du confort (très relatif, dans ces conditions) de la maternité pour accoucher ; la petite Mia peut en témoigner, elle qui est née dans le métro de Kiev, où des centaines d’habitants s’étaient réfugiés dans les premiers jours de l’invasion.

Aveugle, la guerre finit toujours par frapper indistinctement, jeunes comme vieux, hommes comme femmes. Reste qu’en Ukraine comme lors de tout conflit, les femmes sont souvent ses premières victimes. Quand elles ne tombent pas sous les bombes, elles doivent fuir, s’exposer à l’incertitude, aux déplacements, à la faim, ou potentiellement… aux viols, lorsqu’elles restent.

Vendredi 4 mars, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a d’ailleurs déclaré que des soldats russes avaient commis des viols dans plusieurs villes du pays. Reuters a toutefois précisé ne pas avoir été capable de vérifier cette affirmation.

" J’apprends à utiliser la kalachnikov "

Sur place, de nombreuses Ukrainiennes qui ne voulaient (ou pouvaient pas) pas fuir ont toutefois pris les armes. Maquilleuses, étudiantes, enseignantes… la presse relaye quantité de témoignages de femmes qui ont décidé de défendre leur pays.

J’apprends à utiliser la kalachnikov et me prépare à porter des armes ", partageait ainsi sur Twitter Kira Rudik, une parlementaire et cheffe du parti Holos (libéral et pro-Européen). " Cela semble surréaliste car il y a quelques jours encore, cela ne m’aurait jamais traversé l’esprit. Nos femmes protégeront notre sol de la même manière que nos hommes ". Selon France 24, l’armée ukrainienne s’est massivement féminisé depuis 2018, à tel point que les femmes représenteraient 15% des effectif militaires du pays.

Mais loin de tout romantisme guerrier, ces femmes participent au combat parce qu’elles n’ont bien souvent pas d’autre choix. Dans une chronique, Monica Hesse, journaliste au Washington Post, a salué " la force des femmes ukrainiennes ". " Personne ne souhaite l’égalité des sexes dans la guerre parce que personne ne souhaite la guerre" , ajoutait-elle, expliquant qu’à l’image de cette enseignante en pleurs filmée par le New York Times, " le message qu’envoient ces femmes n’est pas ‘Nous avons hâte d’en découdre’ […]. Leur message est plutôt ‘Nous aurions tout fait pour ne pas nous battre et pourtant nous sommes là ".

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