Violences, revenus: comment les femmes ont souffert de la pandémie?

Une enquête auprès de 27.000 femmes européennes indique que la pandémie a entrainé une augmentation des violences à l'égard des femmes et a eu des conséquences négatives sur les revenus des travailleuses.

Les femmes ont souffert pendant le Covid
Illustration. (@Belga Image)

La pandémie de Covid-19 a entraîné une augmentation des violences à l’égard des femmes et a eu des conséquences négatives sur les revenus des travailleuses, ressort-il d’une enquête auprès des femmes européennes, commandée par le Parlement européen et publiée vendredi.

Entre le 25 janvier et le 3 mars 2022, 26.741 entretiens auprès de femmes européennes âgées d’au moins 15 ans ont été menés dans les 27 États membres de l’Union européenne, afin d’évaluer l’impact de deux ans de pandémie sur la vie des femmes dans l’UE. L’enquête a été réalisée par Ipsos, sur commande du Parlement européen.

Il en ressort que 77% des répondantes ont estimé que les violences physiques et émotionnelles à l’égard des femmes avaient augmenté dans leur pays avec la crise sanitaire. Seules la Finlande et la Hongrie affichent une proportion sous les 50%. Dans les 25 autres pays sondés, plus de la moitié des sondées considèrent que les violences ont augmenté, voire l’immense majorité comme au Portugal (90%) et en Grèce (93%). En Belgique, la proportion atteint 70%.

Plusieurs pistes sont évoquées par les femmes européennes pour lutter contre ces violences: un signalement plus facile des violences, y compris à la police, disposer de multiples options pour solliciter de l’aide, une meilleure sensibilisation et formation du personnel policier et judiciaire, l’amélioration de l’indépendance financière des femmes…

La pandémie a également eu des conséquences négatives sur les revenus des femmes pour 38% des sondées ainsi que sur leur équilibre entre vies professionnelle et privée (44%). En Belgique, la proportion est de respectivement 30% des répondantes qui ont souffert d’un impact négatif sur leur revenu et 36% sur leur équilibre vie privée-vie professionnelle. C’est en Grèce que les femmes sont les plus nombreuses à témoigner de conséquences négatives sur leurs revenus (60%). A Chypre, en Grèce, à Malte, au Luxembourg, en Italie, au Portugal et en Hongrie, plus de la moitié des femmes ont souffert d’un déséquilibre entre leurs vies privée et professionnelle.

Une femme sur cinq interrogées envisage ou a décidé de réduire de façon permanente le temps consacré au travail rémunéré. Pour 31% des sondées, l’impact de la pandémie sur le marché du travail ne leur a pas permis d’effectuer autant de travail rémunéré que souhaité et pour 25%, l’augmentation du travail à la maison les a forcées à réduire leur travail rémunéré.

Enfin, les mesures de confinement et de couvre-feu ont eu un impact sur la santé mentale de 41% des répondantes. Une proportion similaire (38%) a souffert des limitations du nombre de personnes qu’elles pouvaient voir. De manière générale, les femmes européennes sondées étaient préoccupées par la disparition d’amis ou de membres de leur famille (44%), anxieuses et stressées (37%) et globalement inquiètes pour leur avenir (33%).

Interrogées sur les thèmes auxquels le Parlement européen devrait s’attaquer en priorité, les répondantes citent la lutte contre la traite des êtres humains et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants, ainsi que contre la violence physique et mentale à l’égard des femmes. L’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, les difficultés supplémentaires pour une femme pour concilier ses vies professionnelle et privée, et la protection des femmes et filles issues de groupes vulnérables, devraient aussi être abordés par les députés européens, selon ce sondage.

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