Guerre en Ukraine: voici les pays qui possèdent le plus d’armes nucléaires

Lors de son invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine a brandi la menace nucléaire. Quels sont les pays qui détiennent la bombe, et quel est le risque d’une escalade militaire avec l’Occident ? Décryptage.

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Un sous-marin nucléaire russe, en février 2022 @BELGAIMAGE

L’Europe s’est un peu plus crispée, avec l’annonce dimanche de Vladimir Poutine, qui disait mettre en alerte la " force de dissuasion " de l’armée russe, qui peut comprendre une composante nucléaire. Dans la foulée, les Etats-Unis affirmaient n’avoir détecté aucun changement " concret " dans la posture militaire de la Russie. Un responsable américain a reconnu qu’il était " difficile de savoir ce qu’il y avait derrière l’ordre de M. Poutine ". Mais " le simple fait d’évoquer " ou de " menacer " un " recours aux forces nucléaires " est " inutile et représente une escalade importante ", ajoutait-il.

Le président russe, qui dispose du plus gros arsenal nucléaire, avait déjà fait une allusion à peine voilée à la bombe atomique, au premier jour de l’invasion. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian avait alors répliqué, en rappelant que l’Otan était également " une alliance nucléaire ".

Quels pays possèdent l’arme nucléaire ?

Sur la planète, neuf pays disposent de la bombe atomique. Selon les chiffres du SIPRI, le Stockholm International Peace Research Institute, c’est la Russie qui détient le plus grand nombre d’ogives, environ 6000. En termes de quantité, les Etats-Unis constituent la deuxième puissance nucléaire, avec quelque 5500 ogives. Viennent ensuite la Chine (350 ogives), la France (290 ogives), le Royaume-Uni (225 ogives), le Pakistan (165 ogives), l’Inde (156 ogives), Israël (90 ogives) et la Corée du Nord (45 ogives). Ceci reste une estimation, la plupart des pays ne communiquant pas précisément sur le sujet.

Toutes ces armes n’ont pas la même puissance ni la même portée. " Il existe aujourd’hui plusieurs types d’armes nucléaires, expliquait Didier Destremau, ancien diplomate et ambassadeur de la France. La première est une arme stratégique qui peut détruire une capitale ou une ville entière comme ça a été le cas pour Hiroshima ou Nagasaki. La seconde est une arme tactique, plus limitée, qui peut être utilisée dans un champ de bataille ". La France, par exemple, ne possède pas de bombes nucléaires tactiques ; seuls les Etats-Unis et la Russie disposent d’une palette complète d’armes nucléaires. Russes et Américains possèdent également des dispositifs défensifs, comme des boucliers antimissiles.

Vladimir Poutine peut-il déclencher seul une frappe nucléaire ?

Même si le protocole russe est très secret, l’utilisation de la bombe nucléaire ne se fait pas si facilement. Trois mallettes nucléaires, surnommées " tcheguet ", du nom d’une montagne du Caucase, devraient ainsi être activées en même temps par Vladimir Poutine, le chef d’état-major Valéri Guerassimov et le ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

Le président a donc un état-major autour de lui. " Il doit s’appuyer sur son chef d’état-major qui reste, malgré tout, le grand ordonnateur des opérations militaires. Il doit s’appuyer également sur son ministre de la Défensedétaillait à la RTBF Joseph Henrotin, Chargé de recherche au Centre d’analyse et de prévision de risques internationaux et rédacteur en chef de " Défense et sécurité internationale ". S’il appuyait sur le bouton ou décidait d’appuyer sur le bouton, il y a quand même toute une série de niveaux intermédiaires ".

" Une arme de dissuasion, pas une arme d’action "

L’un dans l’autre, on n’est pas devant une espèce de Docteur Folamour qui, tout seul, prendrait la décision de détruire le monde" , rassurait l’expert ajoutant " qu’agiter le spectre nucléaire, c’est agiter également la possibilité de la destruction de la Russie elle-même ". Ce qui contreviendrait au projet poutinien, qui serait plutôt d’accroître l’influence de la Russie " dans une logique impérialiste ", soulignait Joseph Henrotin.

" Le nucléaire est uniquement une arme de dissuasion, pas une arme d’action, voulait croire Didier Destremau dans la Dépêche. On l’agite mais on ne l’utilise pas. Vladimir Poutine s’attendait à une guerre éclaire, mais s’est heurté à une résistance ukrainienne et à une communauté internationale unie. Se trouvant acculé, il joue sa dernière carte pour éviter un échec qui pourrait lui coûter cher ".

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