Guerre en Ukraine: où iront les 7 millions d’immigrants?

Ceci n’est pas une vague migratoire comme une autre. La preuve: les pays européens collaborent comme jamais pour l’accueillir.

une famille fuit l'ukraine
Une famille ukrainienne fuit la guerre. © BelgaImage

Au lendemain de l’invasion russe, au moins 368.000 Ukrainiens avaient fui le pays en guerre en quatre jours, d’après le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés. D’autres ont préféré se poser dans la ville de Lviv devenue refuge des ambassades et encore épargnée par la guerre. À terme, les Ukrainiens choisiront probablement entre deux options: fuir ou se battre. Le président ukrainien Zelensky a à ce titre décrété la loi martiale. Elle interdit pendant trois mois aux hommes âgés entre 18 et 60 ans de quitter le territoire. Malgré cela, selon l’ONU, le nombre de “déplacés” dans les prochaines semaines pourrait être “supérieur à 7 millions”. Vladimir Poutine aurait d’ailleurs intérêt à appuyer cette vague migratoire. Les commentateurs pointent au moins deux raisons à cela. Premièrement, pour se débarrasser de ses opposants potentiels. Hors du pays, ils gêneront moins. Deuxièmement, pour fragiliser l’Union européenne et l’OTAN afin de les distraire de ce qu’il se passe en Ukraine.

Plusieurs pays limitrophes se préparent à cette vague migratoire. La Pologne, qui compte déjà 1,5 million de ressortissants ukrainiens, a préparé un plan d’urgence permettant l’accueil d’1 million de personnes. Celui-ci comprend notamment l’intégration des enfants dans les écoles et les universités polonaises pour éviter les retards d’apprentissage. Cela est facilité par le fait que la langue ukrainienne est assez proche de la langue polonaise. La Slovaquie, la Roumanie, la Moldavie installent également des camps de réfugiés aux frontières. Même l’Autriche et la Hongrie pourtant connues pour leurs politiques restrictives, aideront leur voisin.

Ne dites plus “migrants”

Globalement, c’est toute l’Europe qui se dit prête à soutenir l’Ukraine en guerre. “La France prendra sa part”, a confirmé Emmanuel Macron. Chez nous, le Secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Sammy Mahdi a lui aussi déclaré que nous “devons montrer notre cœur et nous montrer solidaire avec l’Ukraine”. Il souhaite une protection automatique pour les réfugiés ukrainiens et une coordination européenne efficace. Sa première initiative a été de demander à son administration d’épauler la Pologne dans son travail d’enregistrement et d’aide aux réfugiés.

Sept ans après la vague de migration venue de Syrie en raison de la guerre civile, l’Europe est à nouveau face à des enjeux de taille. On ressent toutefois que l’enthousiasme des États et même de l’opinion publique est bien plus favorable à l’accueil des réfugiés (qu’on n’appelle d’ailleurs plus “migrants”) qu’en 2015. Comment l’expliquer? D’abord, l’Ukraine est un pays européen victime des délires de l’un de nos partenaires économiques: Poutine. Ensuite, les migrants ukrainiens seraient “de qualité”, comme l’expliquait froidement le président de la commission des Affaires étrangères en France, en ce sens qu’ils sont éduqués et qu’on pourra en “tirer profit”…

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