À quel point la Belgique dépend-elle de la Russie?

Certains secteurs de l'économie belge ont des liens assez importants avec la Russie et la guerre en Ukraine pourrait avoir un impact chez nous.

Drapeaux belge et russe
Drapeaux belge et russe @BelgaImage

Avec la guerre en Ukraine, une question s’impose: comment vont se répercuter chez nous les tensions avec la Russie? Car c’est certain, les sanctions envers Moscou vont avoir un impact, et pas seulement à l’autre bout du continent européen. Les exportations et importations belges vont en pâtir et la Russie est quand même la 11e puissance mondiale en termes de PIB. C’est en ce sens que ce lundi, la Banque nationale de Belgique (BNB) a fait le point sur le sujet. Un bilan qui se révèle être rassurant sur certains aspects, moins dans d’autres cas.

Un "partenaire commercial mineur"

En valeurs absolues, les échanges avec Moscou semblent importants. On compte 3,4 milliards d’euros d’exportations vers la Russie concernant 1.556 entreprises belges en 2021. En sens inverse, c’est encore plus important: 6,9 milliards d’euros de biens d’importations. Mais malgré ces chiffres, la BNB relativise l’importance de la Russie, qualifiée de "partenaire commercial mineur". Pour cause: quand ces montants sont convertis en pourcentages, les échanges avec Moscou ne correspondent qu’à 0,9% des exportations totales belges et à 1,8% des importations de la Belgique. La Russie ne représente d’ailleurs que le 17e plus important marché d’exportation pour la Belgique ainsi que notre 12e fournisseur le plus important, précise l’Agence belge du commerce extérieur.

Évidemment, certains secteurs économiques sont plus concernés que d’autres par le sujet, comme le révèlent les données de 2019 sur les exportations et les importations. Pour les ventes faites à la Russie, la Belgique a envoyé en premier lieu des produits pharmaceutiques pour un montant de 800 millions d’euros, soit 28% du total des exportations. Suivent par ordre d’importance les engins mécaniques, le plastique, l’équipement automobile, les produits de chimie organique, les instruments médicaux, les appareils électriques et les métaux.

Pour les importations, sans surprise, l’énergie arrive en première position et représente même plus du tiers de l’argent déboursé par la Belgique en Russie. Dans le reste du top 10, on retrouve ensuite les pierres précieuses, les métaux, les produits chimiques inorganiques, des matières comme le sel ou le ciment, les fruits, le bois, des engrais, des produits chimiques organiques et enfin de l’aluminium.

La Belgique moins exposée mais pas forcément épargnée

La principale arme économique de la Russie envers la Belgique, c’est donc l’énergie. Pour autant, cela ne semble pas inquiéter les autorités belges outre mesure. La ministre de l’Énergie, Tinne van der Straeten, a précise en commission de la Chambre que l’importation de gaz russe ne représentait que 2,1% de la demande domestique en Belgique en 2020. Selon le SPF Économie, 6% à 6,5% des importations de gaz naturel en Belgique provient de Russie. Un chiffre relativement faible, surtout comparé d’autres pays de l’Union européenne (UE). Au premier semestre 2021, dix pays de l’UE dépendaient même à plus de 75% de la Russie pour importer du gaz (Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, Tchéquie, Autriche, Slovénie, Lettonie, Estonie, Finlande). Au niveau de l’UE, 46,8% du gaz naturel importé était russe.

A priori, le dilemme des sanctions est donc beaucoup moins prégnant pour la Belgique que pour certains de ses partenaires européens. Pour autant, la BNB n’est pas totalement sereine. "Compte tenu de l’évolution rapide de la situation, il est difficile d’évaluer correctement les conséquences de cette guerre à l’heure actuelle", affirme-t-elle. Une analyse d’impact approfondie doit être réalisée dans les prochains jours pour avoir une idée plus claire à ce sujet. Cela dit, "tant l’Ukraine que la Russie étant de petits partenaires commerciaux, les effets potentiels directs sont assez limités. Pour la plupart des entreprises belges opérant sur ces marchés, ces échanges commerciaux représentent un faible pourcentage de leur chiffre d’affaires total", ajoute la BNB. "Il convient toutefois d’attendre ce que sera l’incidence de la guerre sur l’évolution des prix de l’énergie dans notre pays. Il est difficile d’établir dès maintenant des prévisions à ce sujet".

Enfin, concernant le secteur financier, la BNB se veut résolument rassurante. Son exposition "à l’égard de la Russie est relativement limitée", déclare-t-elle, voire "quasiment nulle" pour les compagnies d’assurance. Quant aux banques, cette exposition "varie au cas par cas". "Dans le domaine des actifs, elle varie de plusieurs centaines de milliers à plusieurs centaines de millions d’euros. Quant aux passifs, l’exposition va de 0 euro à quelques centaines de milliards d’euros mais elle reste limitée à un maximum de 1,5 % du total du bilan".

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