Guerre en Ukraine: le point sur la situation ce samedi

La guerre se déroule désormais à Kiev et autour, mais la capitale est toujours aux mains de l'Ukraine. 200 civils au moins ont été tués depuis le début du conflit.

Guerre Ukraine Russie
Des tanks en direction de Ludansk. (@Belga Image)

Alors que les sanctions occidentales continuent de se multiplier, la guerre se poursuit aux quatre coins de l’Ukraine. Le ministre ukrainien de la Santé a fait état ce samedi de 198 civils tués, dont trois enfants, et plus d’un millier de blessés depuis le début de l’invasion.

Et selon le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dimitri Medvedev, elle va se poursuivre. " L’opération militaire visant à protéger le Donbass sera menée sans relâche, jusqu’à ce que tous nos objectifs soient atteints. Ni plus ni moins ", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux, moquant les sections en les qualifiant " d’impuissance politique résultant de l’incapacité à changer le cours de la Russie ".

Un exemple de ces sanctions: un bateau transportant des véhicules vers Saint-Petersbourg, soupçonné d’appartenir à une entreprise russe a été dérouté vers Boulogne-sur-Mer, en France. Pour Véronique Magnin, officier de communication régional pour la préfecture maritime, c’est un signe de " fermeté ", ce qui est " rare "dans cette zone. Des auditions et investigations ont lieu à bord afin de confirmer ces liens.

Tenir bon

A Kiev, après trois jours d’invasion, le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme, dans une vidéo Facebook, avoir fait échoué le plan des Russes. " Nous avons tenu bon et repoussons avec succès les attaques ennemies. Les combats continuent dans de nombreuses villes et régions du pays, mais (…) c’est notre armée qui contrôle Kiev et les villes clés autour de la capitale ".

L’ennemi a tout utilisé contre nous: roquettes, chasseurs, drones, artillerie, véhicules blindés, saboteurs, parachutistes ", a énuméré le président ukrainien, affirmant que Moscou avait frappé des zones résidentielles et tentait de détruire des installations électriques.

Le président appelle les Occidentaux à être plus fermes envers la Russie et estime que l’Ukraine avait " le droit d’obtenir l’adhésion à l’Union européenne ".

Kiev, zone de guerre

La capitale ukrainienne a fini par devenir un lieu d’affrontement. Au moins 35 personnes dont deux enfants y ont été blessées dans la nuit de vendredi à samedi lors de combats à Kiev, d’après un bilan du maire de la ville arrêté à 6h ce matin, (5h en Belgique).

Un correspondant de l’agence Reuters a indiqué que deux roquettes ont touché Kiev, toutes deux dans le sud-ouest de la ville. " Kiev, notre ville splendide et paisible, a survécu une nouvelle nuit aux attaques des forces terrestres russes, et aux missiles. L’un d’eux a touché un immeuble résidentiel à Kiev ", a indiqué le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba.

C’est dans la nuit de vendredi à samedi que les forces militaires russes ont commencé à cibler la capital et tentent désormais d’avancer dans la ville. Les autorités locales ont mis en garde contre des combats dans les rues dans la matinée samedi et ont appelé les habitants à rester calmes et prudents. " Si vous êtes chez vous, n’allez pas à la fenêtre, n’allez pas sur les balcons ", ont indiqué les autorités ukrainiennes. De nombreux habitants ont passé la nuit dans des bunkers, des sous-sols et autres abris souterrains. Le maire de Kiev a d’ailleurs annoncé un durcissement du couvre-feu en place, avertissant que toute personne se trouvant dans la rue entre 17H00 et 08H00 serait traitée en ennemi.

Bien qu’elle ait annoncé avoir tiré des missiles de croisière navals et aériens et assuré de nouveau ne viser que des infrastructures militaires, la Russie n’a pas dit mot de son offensive sur Kiev.

Exode vers la Pologne

Forcément, de nombreux Ukrainiens cherchent à fuir leur pays. Ils sont 100.000 à avoir rejoint la Russie depuis jeudi. Selon le vice-ministre polonais de l’Intérieur Pawel Szefernaker, 90% de ces réfugiés ont où aller en Pologne, chez des amis ou des parents, tandis que les autres bénéficient de l’assistance de neuf centres d’accueil mis en service à proximité de la frontière.

Avant les attaques, la Pologne comptait déjà sur son territoire environ un million et demi d’Ukrainiens, en grande majorité venus travailler.

Des armes venant de l’Occident

Outre les sanctions, les pays occidentaux agissent également en soutenant l’Ukraine de diverses façons.

La Belgique vient notamment d’envoyer du matériel militaire de protection et d’orientation, et 2.000 mitrailleuses devraient bientôt suivre. Nous allons aussi fournir 3.800 tonnes de fuel à l’Ukraine, à la demande du pays.

La République tchèque va, elle, faire don de mitrailleuses, de fusils automatiques et de précision, de pistolets et de munitions, pour une valeur de 7,6 millions d’euros. En janvier, Prague avait déjà approuvé un don à Kiev de quatre mille obus d’artillerie d’une valeur de 1,5 million d’euros

Les Pays-Bas vont aussi livrer 200 missiles anti-aériens Stinger à l’Ukraine. Ils peuvent atteindre des avions et des hélicoptères jusqu’à une distance d’environ cinq kilomètres. Plus tôt dans la semaine, nos voisins avaient déjà annoncé qu’ils allaient fournir à 100 fusils de précision, ainsi que 30.000 munitions, des radars et des détecteurs.

Et selon le président ukrainien, la France va aussi se joindre au mouvement. " Un nouveau jour a commencé sur le front diplomatique, avec une conversation avec  EmmanuelMacron. Armes et équipements de nos partenaires sont en route pour l’Ukraine. La coalition antiguerre fonctionne ", a écrit Zelensky sur Twitter.

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