Ukraine: le blé, cette autre ressource stratégique pour la Russie

L’invasion de l’Ukraine, historiquement surnommée « le grenier à blé » de l’Europe, a fait exploser le prix de certaines céréales.

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Après le gaz, qui est sans doute le levier économique russe le plus fort, les matières agricoles sont également une ressource stratégique dans la crise ukrainienne. Et l’explosion de leurs prix font partie des nombreux effets collatéraux des bombardements en cours dans le pays. Jeudi 24 février, alors que Vladimir Poutine ordonnait l’assaut contre son voisin, les prix de céréales ont atteint des sommets sur les marchés européens.

Le prix du blé meunier a clôturé au niveau inédit de 316, 50 euros la tonne pour l’échéance de mars 2022 (+33%, sur Euronext). Le cours du maïs a lui aussi flambé, jusqu’à 304 euros la tonne. Comme l’ensemble des huiles végétales, le colza a frôlé les 778 euros la tonne. Pas étonnant, puisque l’Ukraine fournit en effet 1 graine de tournesol sur 3 dans le monde, comme le rappelle Reporterre.

Concernant le blé, la Russie et l’Ukraine représentent près du tiers des exportations totales. Mais alors que les récoltes russes ont baissé cette année de près de 10%, la production ukrainienne est, elle, restée stable. Prendre le contrôle des régions de Donetsk et Louhansk pourrait permettre à la Russie de mettre la main sur cette manne stratégique. La Russie va-t-elle priver le Vieux Continent de cette ressource capitale, en envahissant l’Ukraine, historiquement surnommée " le grenier à blé " de l’Europe ? En réalité, l’UE reste une puissance agricole. Par contre, des pays comme le Liban, le Maroc ou l’Egypte dépendent beaucoup plus du blé ukrainien.

Pas besoin de se ruer sur les pâtes

De la même manière, les fortes hausses du prix du blé ne devraient pas se répercuter chez nous dans de proportions identiques sur des biens de première nécessité, comme le pain ou les pâtes. " Quand le prix du blé augmente, cela a un impact relativement faible sur le prix du pain. Il faut savoir que le prix de la farine représente au maximum 10% du prix final de la baguette, expliquait à Franceinfo Michel Portier, directeur de la société de conseil Agritel.

Selon lui, nul besoin non plus de se ruer sur les pates pour faire des réserves, puisque celles-ci sont " faites avec du blé dur alors que nous parlons là de blé tendre. La Russie et l’Ukraine n’exportent pas de blé dur, qui est plutôt fait au Canada, au Mexique, aux États-Unis et en France. Il n’y a pas de raison pour que le prix des pâtes augmente ", assurait-il.

Pour d’autres secteurs, le conflit ukrainien pourrait toutefois avoir un impact plus important sur les entreprises et les consommateurs belges. La hausse des prix des céréales fait ainsi craindre des répercussions sur la production agroalimentaire, le bétail et la volaille mangeant des céréales dont le prix sera indexé sur les cours mondiaux. Même problème pour les brasseries, qui même si elles utilisent du blé local, devront adapter leurs tarifs, comme l’expliquait la RTBF. Enième conséquence d’une invasion à plus de 2.000 kilomètres de la Belgique, la probable hausse, chez nous, du prix de la bière…

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