Ukraine: " On se demande si les Russes veulent encore utiliser la voie diplomatique "

La tension monte entre l'Ukraine et la Russie. Comment la situation risque-t-elle d'évoluer ? Le professeur Tanguy Struye analyse la situation sur DH Radio.

manifestation pro-Ukraine
© BelgaImage

La situation en Ukraine s’est envenimée en ce début de semaine. Le président Vladimir Poutine a reconnu l’indépendance des entités sécessionnistes de Lougansk et de Donetsk, et autorisé l’envoi de " forces de maintien de la paix " dans ces régions. Tanguy Struye, professeur en science politique internationale à l’UCLouvain, a fait le point sur la situation au micro de Maxime Binet dans l’émission " Il faut qu’on parle " sur DH Radio.

Joe Biden et les Occidentaux ont annoncé des premières sanctions économiques contre Moscou, un " premier pas important " selon le professeur : " Les sanctions sont ciblées mais elles laissent une marge de manoeuvre pour la diplomatie. Si Poutine continue, on pourra encore déployer beaucoup d’autres sanctions. C’est une première carte. "

Mais les voies diplomatiques sont-elles encore pertinentes pour faire retomber les tensions sur le terrain ? " On se demande si les Russes ont encore cette volonté. La donne a fortement changé ces derniers jours. Le fait que pour Poutine, l’Ukraine soit une erreur historique…. Les deux régions séparatistes sont reconnues et je ne le vois pas revenir sur cette décision. "

Plusieurs scénarios possibles

Comment la situation pourrait-elle évoluer ces prochains jours ? Tanguy Struye voit plusieurs scénarios sur la table. " Le premier scénario serait de rester où on est aujourd’hui, ce serait le meilleur vu la situation actuelle. Mais on peut aussi envisager une offensive dans tout le Donbass, ou jusqu’aux frontières de la Roumanie et d’Odessa. Enfin, on peut imaginer une invasion militaire complète en Ukraine de la part des Russes. Je crois que les Russes ne vont pas trop avancer pour l’instant pour laisser une place à la diplomatie, mais si ça n’avance pas assez vite de leur point de vue, alors on peut très bien imaginer une intervention militaire plus importante. "

Enfin, le professeur explique que l’OTAN n’a " ni la volonté politique, ni les moyens nécessaires d’intervenir militairement en Ukraine ".

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