Ukraine: un sommet à venir entre Biden et Poutine?

Un sommet a été annoncé entre les USA et la Russie, avant que cette dernière ne juge l'initiative «prématurée», alors que les tensions restent fortes.

Joe Biden et Vladimir Poutine
Vladimir Poutine et Joe Biden à Genève, le 16 juin 2021 @BelgaImage

Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Joe Biden ont "accepté le principe" de se rencontrer lors d’un sommet, proposé par leur homologue français Emmanuel Macron. Toutefois, celui-ci "ne pourra se tenir que si la Russie n’envahit pas l’Ukraine", a annoncé l’Elysée dans la nuit de dimanche à lundi. Ce lundi matin, le Kremlin a toutefois jugé "prématuré" de parler d’un tel sommet.

Sommet ou pas sommet?

Selon ce qu’annonçait la présidence française, il était prévu à l’origine d’élargir le sommet à "toutes les parties prenantes" et celui-ci se serait penché sur "la sécurité et la stabilité stratégique en Europe". La France ajoutait que la réunion commencerait à être préparée dès ce jeudi entre les États-Unis et la Russie. "Les présidents Biden et Poutine ont chacun accepté le principe d’un tel sommet. Son contenu sera préparé par le secrétaire d’Etat Blinken et le ministre Lavrov lors de leur rencontre ce jeudi 24 février", assurait un communiqué de la présidence française suivant l’entretien entre les présidents français et russe.

Dans une déclaration publiée par la porte-parole Jen Psaky, la Maison Blanche a confirmé la rencontre du président américain avec M. Poutine "si une invasion n’a pas eu lieu". "Nous sommes toujours prêts pour la diplomatie, nous sommes aussi prêts pour des conséquences rapides et sévères si la Russie choisit la voie de la guerre. Et à l’heure actuelle, la Russie semble continuer les préparations pour une attaque de grande ampleur sur l’Ukraine prochainement", poursuit la déclaration.

Depuis, une douche froide s’est abattue sur l’espoir d’un sommet après la déclaration de la présidence russe. "Il y a une entente sur le fait de devoir continuer le dialogue au niveau des ministres (des Affaires étrangères). Parler de plans concrets d’organisation de sommets est prématuré", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Une rencontre est possible si les chefs d’État (russe et américain) le jugent utile", a-t-il ajouté, relevant que MM. Biden et Poutine ont toujours la possibilité "quand c’est nécessaire" de se parler "au téléphone ou d’une autre manière". Vladimir Poutine doit présider lundi à la mi-journée une réunion de son Conseil de sécurité, puissant organisme qui regroupe les principaux décideurs russes, notamment les dirigeants de l’armée et des services de renseignements.

Une liste russe de cibles à abattre en Ukraine?

Au même moment, les USA ont indiqué aux Nations Unies qu’ils disposaient d’informations crédibles portant sur une liste dressée par la Russie reprenant les noms d’Ukrainiens qui "doivent être éliminés ou envoyés vers des camps". Cette lettre a fuité dans la presse et le Washington Post s’en fait écho. Dans cette missive, Washington avance qu’après une éventuelle invasion de l’Ukraine, la Russie prévoit d’avoir recours à la torture, aux enlèvements et "à des souffrances humaines généralisées" visant les opposants aux actions russes. La lettre, adressée au bureau des droits de l’homme de l’ONU en Suisse, ne précise pas sur quelles sources se basent les Etats-Unis pour fonder leurs soupçons.

Bathsheba Crocker, l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU et d’autres organes à Genève, assure dans le document qui a fuité que son pays dispose "d’informations crédibles desquelles il ressort que l’armée russe a établi une liste d’Ukrainiens qui doivent être tués ou envoyé vers des camps après une incursion militaire". Les États-Unis détiendraient en outre des informations suggérant qu’en cas d’invasion, la Russie mettrait en place des mesures drastiques pour saper les protestations pacifiques et des mouvements citoyens en Ukraine.

La Russie sera coupée des marchés financiers en cas d’invasion

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé dimanche soir que la Russie sera coupée des marchés financiers internationaux en cas d’invasion de l’Ukraine. Le pays perdra aussi l’accès aux biens essentiels issus de l’Europe. Mme Von der Leyen a précisé de la sorte les sanctions auxquelles s’expose la fédération en cas d’attaque de son voisin ukrainien.

Les dirigeants occidentaux et l’Otan craignent une telle invasion à tout moment. Jusqu’à présent, ils évitaient de fournir des précisions sur les mesures économiques qui font consensus dans ce cas de figure. "La Russie va en principe être coupée des marchés financiers internationaux", a fait savoir la présidente de l’exécutif européen interrogée par le média allemand ARD. Elle a ajouté que le pays serait également privé de "tous les biens que nous produisons, dont la Russie a un besoin urgent pour moderniser et diversifier son économie, et pour lesquels elle n’a aucun substitut".

Mme Von der Leyen a insisté que les sanctions seraient déclenchées après toute incursion éventuelle. En s’exprimant de la sorte, elle a donc rejeté la demande du président ukrainien Zelenski pour introduire des mesures dès à présent. "L’étape vers les sanctions est tellement énorme et de telle ampleur que nous devons toujours laisser une chance à la Russie à se tourner vers la diplomatie et à la table des négociations", a-t-elle expliqué, assurant que "la porte est toujours ouverte".

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