Le controversé barrage éthiopien sur le Nil débute sa production électrique

L'Éthiopie a inauguré ce dimanche le barrage de la Renaissance, malgré les vives protestations des États situés en aval.

Barrage de la Renaissance (Éthiopie)
Le barrage éthiopien de la Renaissance, près de la frontière avec le Soudan, le 19 février 2022 @BelgaImage

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a officiellement lancé dimanche 20 février 2022 la production d’électricité d’un immense barrage sur le Nil Bleu. C’est un projet de plusieurs milliards de dollars qui a causé beaucoup de tensions avec l’Égypte et le Soudan.

Objet d’un vif conflit

En compagnie d’une foule de hauts fonctionnaires, le Premier ministre Abiy a visité la centrale électrique de la Renaissance. Le chef de l’État a alors actionné un certain nombre d’interrupteurs sur un écran électronique, après quoi la production d’électricité a été officiellement lancée. "Le grand barrage a été construit par les Éthiopiens, mais pour le bénéfice de tous les Africains, pour que tous nos frères et sœurs en profitent", a assuré l’un des hauts responsables présents à l’inauguration.

Depuis le lancement du projet en 2011, le barrage de la Renaissance a créé des tensions importantes avec le Soudan et l’Égypte, qui se trouvent en aval et dépendent du Nil pour leur approvisionnement en eau. L’Égypte a revendiqué un droit historique sur le fleuve sur la base d’un traité de 1929 et a ensuite conclu un accord avec le Soudan sur le partage de l’eau. Cependant, l’Éthiopie ne s’est pas sentie liée par ces accords et a poursuivi le projet. L’ONU avait exhorté les trois pays l’été dernier à entamer des négociations sous les auspices de l’Union africaine. Le Caire et Khartoum ont exhorté Addis-Abeba à cesser de remplir le réservoir géant, mais l’Éthiopie a persisté.

Le barrage de la Renaissance, à environ 30 kilomètres de la frontière avec le Soudan, mesure 1,8 kilomètre de long et 145 mètres de haut. Le projet a un coût de 3,7 milliards d’euros. Selon les médias éthiopiens, la centrale produira environ 375 mégawatts dans une première phase avec la mise en service d’une première turbine. À terme, la centrale devrait être en mesure de produire jusqu’à 5 000 mégawatts d’électricité.

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