Ukraine: l’Europe peut-elle faire face à une coupure du gaz russe ?

Alors que les risques de guerre en Ukraine augmentent, l'Union européenne se dit prête à faire face à d'éventuelles coupures de gaz russe. Du moins pour un temps...

Gazprom
Belga

Les bombardements dans l’est de l’Ukraine laissent penser que la guerre n’est pas loin. Or, en cas d’invasion russe du pays, les Occidentaux ne resteront pas les bras croisés. Tandis que les Etats-Unis sont prêts à riposter, la guerre se jouera aussi au niveau du portefeuille et de l’approvisionnement en énergie. Le gaz russe, particulièrement, est au centre des préoccupations.

L’Europe dépendante du gaz russe

Ce n’est pas un secret, l’Union européenne est dépendante du gaz russe. Des pays comme l’Autriche et la Slovaquie s’approvisionnent à 100% chez Gazprom. La Hongrie et la Finlande à 80%, l’Allemagne à 50% et la France à 20%. En Belgique, on a moins de soucis à se faire, le pays étant un véritable carrefour gazier avec 18 points d’interconnexion, le gaz russe ne compte que pour 6% de notre approvisionnement. Quoi qu’il en soit, celui-ci reste un moyen de pression sur l’Europe dont Vladimir Poutine raffole.

Que se passera-t-il en cas de conflit en Ukraine?

En cas de conflit ouvert en Ukraine et d’invasion russe, une riposte occidentale unie aura lieu. Les Etats-Unis sont déjà sur le pied de guerre, mais c’est au niveau du portefeuille que l’Union européenne compte agir. Des sanctions économiques " très lourdes et conséquentes ", selon les Vingt-Sept. Or, si des sanctions ont lieu, la riposte russe ne manquera pas et elle est attendue au niveau des livraisons de gaz alors que l’hiver n’en finit pas.

L’Europe peut faire face à une coupure de gaz… Pour un temps

Cependant, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’a affirmé: l’Union peut faire face à d’éventuelles coupures de gaz russe. Alors que les chefs d’Etat français et allemands discutaient " guerre et paix " avec Poutine, elle a multiplié les contacts pour diversifier les approvisionnements de l’Union en gaz.

Si les accords restent secrets, celui-ci devrait être acheminé des Etats-Unis, mais aussi du Qatar, de l’Egypte, de l’Azerbaïdjan et du Nigeria. Les clients habituels de ces pays seraient d’accord pour passer leur tour en janvier (contre quelle contrepartie?). Et 120 navires transportant 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié s’acheminent vers l’Europe.

" Entre les stocks dont l’Europe dispose et les achats de gaz naturel liquéfié, on doit pouvoir faire face aux coupures partielles et ponctuelles que décideraient la Russie ", a annoncé von der Leyen. Mais si le conflit devait durer, les choses se compliqueraient à nouveau. Une solution de secours, donc, mais pas durable. Le problème de la dépendance énergétique européenne reste entier.

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