Comme à Ottawa, un " convoi de la liberté " pour bloquer Bruxelles le 14 février ?

Dans la capitale canadienne, les chauffeurs routiers protestent depuis près de deux semaines contre la vaccination obligatoire et les mesures covid. De ce côté-ci de l’Atlantique, les appels se multiplient pour converger à Bruxelles le jour de la Saint-Valentin.

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Le 29 janvier dernier, des chauffeurs routiers ont déboulé en masse dans la capitale canadienne @BELGAIMAGE

Incapable de mettre fin à la manifestation qui paralyse son centre-ville depuis 12 jours, le maire d’Ottawa n’a eu d’autre choix que de déclarer l’état d’urgence, jugeant la situation " hors de contrôle ". Il a demandé 1800 policiers en renfort. Le 29 janvier dernier, des chauffeurs routiers ont déboulé en masse dans la capitale canadienne. La colère couvait depuis la mi-janvier chez de nombreux camionneurs, après la décision du Canada et des Etats-Unis d’établir l’obligation vaccinale pour franchir la frontière. Partis en convoi de Vancouver, des milliers de manifestants et des centaines de camions ont mis une semaine pour rejoindre le centre-ville d’Ottawa, siège du Parlement fédéral, où ils manifestent depuis lors.

À des milliers de kilomètres de là, ce " convoi de la liberté " semble en inspirer plus d’un. En France, un groupe Facebook du même nom affiche plus de 300.000 membres. De nombreux canaux sont apparus sur la messagerie cryptée Telegram. Selon des calendriers et des cartes qui y circulent, des départs de convois sont prévus dès ce 9 février, de Nice, de Perpignant et Bayonne. Puis, dans les jours suivants, de Strasbourg, Lille, Charleville-Mézières…

Le mot d’ordre ? " Rouler sur Paris ", ce vendredi. Avant, pour ceux qui le désirent, de monter plus au nord, direction cette fois le plat pays. Destination finale : Bruxelles, pour une grande " convergence européenne " prévue le lundi 14 février devant les institutions de l’UE.

Inspiré des gilets jaunes?

Sur Facebook, le groupe " European Freedom Convoy " compte plus de 48.000 membres. Il invite à rallier en convois Bruxelles, afin de provoquer un blocage général des institutions européennes. Différents convois se seraient ainsi donnés rendez-vous dans la capitale pour protester contre les mesures sanitaires. Et pour défendre “le droit de voyager librement " (sans contrainte sanitaire), “le droit à la liberté d’expression, le droit à chacun de faire ses propres choix sanitaires, le droit au respect de la dignité humaine et le respect de la fierté nationale et des traditions culturelles ".

Pour Libération, ce mouvement du " convoi de la liberté " rappelle, de par son organisation et sa sociologie, le mouvement des gilets jaunes. Parmi les membres et administrateurs de nombreuses pages liées au " convoi ", le quotidien a en effet noté de nombreuses personnes ayant affiché leur soutien avec les gilets jaunes. Contrairement au Canada, cette mobilisation n’émane donc pas des camionneurs.

A Bruxelles, la police s’est dite au courant de l’organisation d’un tel événement, mais n’a pas encore précisé si l’événement était bel et bien autorisé. " Nous savons qu’il y a un appel dans toutes les capitales européennes à prendre la route vers Bruxelles dimanche soir pour former un convoi ", a déclaré à Belga une porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles. " Nous communiquerons dans le courant de la semaine sur une éventuelle demande et autorisation de l’action ".

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