10 choses à savoir sur l’Etat islamique

Après la mort de son leader Abou Ibrahim al-Qourachi, l’Etat islamique parie sur ses filiales internationales et sur les réseaux sociaux.

Etat islamique
La maison dans laquelle le leader de l’Etat islamique a été tuée le 3 février. © BelgaImage

Raid nocturne

Le 3 février, l’armée américaine a déclenché une opération nocturne pour éliminer le numéro un de l’État islamique, Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi.

Suicide

De son vrai nom Amir Mohammed Saïd Abdel Rahman al-Mawla, l’Irakien était à la tête de l’État islamique depuis ­octobre 2019. Il avait remplacé Abou Bakr al-Baghdadi, lui aussi tué après un raid américain. Lors de l’opération, al-Qourachi s’est fait exploser avec sa famille pour éviter la capture.

Pertes civiles

Avant d’assurer que ceux qui suivraient al-Qourachi connaîtraient le même destin, Joe Biden a dit avoir préféré un raid des forces spéciales plutôt qu’une attaque aérienne pour éviter au maximum les pertes civiles. Mais l’Observatoire syrien des droits humains fait état de 13 morts, dont au moins six enfants.

Hayat Tahrir al-Cham

Al-Qourachi résidait dans la région d’Idlib, pourtant militairement contrôlée par une organisation rivale de l’État islamique, Hayat Tahrir al-Cham. Il comptait précisément sur le fait que personne ne l’imaginait se cachant là.

Attaque spectaculaire

Deux semaines avant l’assaut américain, l’EI attaquait la prison de Ghwayran, à Hassaké dans le nord-est de la Syrie, qui détient plusieurs milliers de combattants djihadistes. L’opération a fait près de 500 morts, dont 374 détenus.

Pêche aux infos

Les forces américaines et kurdes ont pu arrêter une partie des détenus en fuite. L’un d’eux a-t-il fourni les infos nécessaires au raid du 3 février? Il est aussi possible que des discussions aient eu lieu avec l’organisation HTS, voire avec la Turquie, qui cogère la région d’Idlib, à la frontière syro-turque.

Chute du califat

L’autoproclamé califat de l’EI était tombé en mars 2019, battu à Baghouz, son dernier fief, par les Forces démocratiques syriennes aidées par la Coalition internationale. L’attaque de Ghwayran avait fait craindre une résurgence, la mort de son leader prouve que l’EI reste fébrile et exposé.

Dispersés mais structurés

Une faiblesse qui ne l’empêche pas de compter encore près de 10.000 membres et combattants, selon les estimations de l’ONU. Dispersés dans des zones désertiques, ils parviennent tout de même à rester structurés et à coordonner des attaques contre des prisons pour renforcer leurs rangs.

Afrique, Europe

L’EI survit grâce à ses filiales. En Afghanistan notamment, où il fait face aux talibans. Mais surtout en Afrique. Il y profite de l’instabilité pour placer ses pions. C’est le cas au Mali, au Burkina Faso ou encore en RDC. En Europe, l’EI compte davantage sur des loups solitaires, endoctrinés et prêts à passer seuls à l’action.

Cybercalifat

Affaibli sur le champ de bataille, l’EI tente de gagner une autre guerre, numérique celle-là. Il est en effet de plus en plus présent sur Internet et sur les réseaux sociaux. L’idéologie et l’endoctrinement se jouent aujourd’hui sur Telegram. Mais la riposte s’organise, notamment via des accords entre les gouvernements et les géants du Net.

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