Présidentielle française: où en sont les candidats en quête de 500 parrainages?

Un premier relevé officiel montre quelques surprises dans la distribution des parrainages, nécessaires pour se lancer dans la course à l’Élysée.

Plusieurs candidats à la présidentielle 2022
Illustration avec plusieurs candidats de la campagne présidentielle française de 2022 @BelgaImage

Ce mardi 1er février 2022, le Conseil constitutionnel français a publié sa toute première liste des parrainages validés pour les candidats à la présidentielle. Afin de pouvoir figurer sur les listes électorales le jour de l’élection (les 10 et 24 avril prochains), il faut en obtenir 500 de la part des élus (parlementaires, maires, conseillers départementaux et régionaux). Pour l’instant, personne n’a franchi cette barre fatidique, loin de là d’ailleurs. Mais la course ne fait que commencer et en l’état, certains semblent bien mieux partis que d’autres, parfois de façon assez étonnante.

Macron en tête, Le Pen à la traîne

Premier paradoxe: celui qui recueille aujourd’hui le plus de parrainages… n’est toujours pas officiellement candidat. Il s’agit de l’actuel président, Emmanuel Macron, avec 105 soutiens validés. La personne qui arrive juste derrière peut elle aussi surprendre puisqu’elle n’est pour l’instant créditée que d’environ 3% d’intentions de votes. C’est Anne Hidalgo, la candidate du PS (48 parrainages). Sur la dernière marche du podium avec 34 signatures, on retrouve Valérie Pécresse, candidate LR (Les Républicains, droite), qui se dispute la deuxième place avec Marine Le Pen dans les sondages pour affronter Macron qui garde là aussi la tête (environ 17% contre 24% au premier tour de l’élection).

Une autre surprise, c’est justement le manque de parrainages pour la représentante du parti d’extrême-droite RN (Rassemblement national). Marine Le Pen n’est que treizième dans le tableau du Conseil constitutionnel avec seulement deux soutiens. Elle est pour le moment devancée de loin par le polémiste Éric Zemmour. Cela dit, ce dernier a beau être souvent quatrième dans les sondages (avec environ 13%), il n’a que 14 parrainages et se fait même dépasser par deux petits candidats à la présidentielle: Fabien Roussel (parti communiste, 30 parrainages) et Jean Lassalle (ruraliste, 15 parrainages). Le candidat aujourd’hui le plus populaire à gauche avec près de 10% d’intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon (LFI, gauche radicale), a lui aussi 14 parrainages.

Pour le reste, la candidate trotskiste Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) obtient 12 signatures, le représentant écologiste Yannick Jadot (EÉLV) 11, et les deux candidats d’extrême-droite François Asselineau et Nicolas Dupont-Aignan tous deux 10 parrainages. La gagnante de la Primaire populaire de la gauche, Christiane Taubira, n’a pour l’instant aucun soutien.

500 parrainages: un objectif pas si facile à atteindre

En date du 1er février, il y a donc au total 313 parrainages validés. Mais la marge est encore grande. Près de 42.000 personnes (dont 36.000 maires) sont habilitées à soutenir un candidat. Lors de la dernière présidentielle, en 2017, 34% d’entre eux avaient donné leurs parrainages. S’il en est de même cette année, c’est donc un vivier d’environ 15.000 signatures que les prétendants à l’Élysée doivent se partager.

Le temps est néanmoins compté pour arriver au chiffre fatidique des 500. Le 4 mars prochain à 18 heures, soit dans presque un mois jour pour jour, le Conseil constitutionnel fera le décompte définitif. Ceux qui n’auront pas leurs 500 soutiens seront écartés de l’élection, purement et simplement. Les candidats doivent de plus revendiquer l’obtention de parrainages dans au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents. Dernière contrainte: aucun de ces territoires ne doit représenter plus d’un dixième des parrainages requis, c’est-à-dire 50.

En 2017, le Conseil constitutionnel avait fini par approuver la candidature de 11 candidats ayant tous récolté leurs 500 parrainages. Certains dépassaient de loin le nombre requis, avec sur le podium François Fillon (LR, 3635 parrainages), Benoît Hamon (PS, 2039) et Emmanuel Macron (LREM, 1829). D’autres sont passés beaucoup plus difficilement, à l’instar de Marine Le Pen (627 signatures).

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