Italie: le président Mattarella accepte finalement d’effectuer un second mandat

Dans l'impasse depuis plusieurs jours, les partis de la coalition italienne se sont accordés pour réélire le président sortant Sergio Mattarella. Âgé de 80 ans, il avait affirmé à plusieurs reprises son refus d'un second mandat. Il s'est finalement dit prêt à rempiler.

Les députés étaient dans l'impasse depuis plusieurs jours, en l'absence de consensus autour d'un candidat.
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Le président italien Sergio Mattarella est finalement prêt à rempiler comme président de la République, une décision qui devrait être entérinée lors du huitième tour de scrutin organisé au parlement samedi après-midi. Députés et représentants régionaux étaient dans l’impasse depuis plusieurs jours, aucun autre candidat n’ayant fait consensus.

La ministre des Affaires régionales Mariastella Gelmini a salué le sens des responsabilités de M. Mattarella, 80 ans, et qui était initialement opposé à l’idée d’un deuxième mandat.

Plus tôt dans la journée, les partis de la coalition au pouvoir en Italie ont annoncé être tombés d’accord pour réélire le président sortant Sergio Mattarella, craignant pour la stabilité politique du pays en cas d’échec à lui trouver un successeur. Il a obtenu près de 400 voix lors du septième tour de scrutin. Le huitième tour devait démarrer à 16h30 locales (15h30 GMT), et pour être élu M. Mattarella devrait réunir les voix d’au moins 505 parlementaires.

Le poste de président est en Italie largement protocolaire, mais il a un rôle important en cas de crise politique, dans un pays dont le paysage politique est très morcelé. C’est lui en effet qui a le pouvoir de dissoudre le Parlement, de nommer le Premier ministre et il peut refuser le mandat de gouverner à des coalitions qu’il juge trop fragiles.

L’élection du successeur de M. Mattarella s’éternise depuis le début de la semaine, en l’absence d’accord sur un nom dans un Parlement où ni la gauche ni la droite ne disposent de la majorité. Bien que tous les partis politiques représentés au Parlement, à l’exception du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, fassent partie de la coalition soutenant le gouvernement du Premier ministre Mario Draghi, la droite, la gauche et le Mouvement 5 Etoiles ne parviennent pas à trouver un consensus.

Au 5e tour, les partis de droite (la Ligue, Forza Italia de Silvio Berlusconi et Fratelli d’Italia) avaient mis en avant la candidature de l’actuelle présidente du Sénat, Elisabetta Casellati, une fidèle du magnat et ancien chef de gouvernement Silvio Berlusconi, tandis que la gauche et les 5 Etoiles avaient opté pour l’abstention. Mais cette catholique de 75 ans anti-avortement n’avait finalement obtenu que 382 voix sur les 453 qu’elle aurait dû théoriquement obtenir dans son propre camp.

" Continuer avec Draghi " au gouvernement 

M. Draghi, ancien chef de la Banque centrale européenne, faisait quant à lui figure avant l’élection de favori pour le poste de président, mais nombreux sont les parlementaires qui rechignent à voter pour lui, craignant que son départ du gouvernement ne déstabilise l’exécutif au point de provoquer des élections anticipées avant la fin de la législature prévue en 2023. Son départ fragiliserait aussi la reprise de la troisième économie de la zone euro et la mise en œuvre des réformes nécessaires pour bénéficier des dizaines de milliards d’euros du plan européen de relance post-Covid, dont l’Italie est la première bénéficiaire.

" Demandons à Mattarella de rester, pour continuer avec la même équipe, avec Draghi " à la tête du gouvernement, a lancé samedi Matteo Salvini, chef du parti d’extrême droite La Ligue, après l’échec de la candidate qu’il avait proposée vendredi. Silvio Berlusconi, qui s’était lui aussi porté candidat mais a échoué, a dit que son parti serait prêt à voter pour M. Mattarella. " Nous savons que nous lui demandons un grand sacrifice, mais nous savons aussi que nous pouvons le lui demander dans l’intérêt du pays ", a commenté M. Berlusconi.

M. Mattarella, qui a déjà effectué un mandat de sept ans particulièrement tumultueux, entre crises politiques et coronavirus, semblait toutefois peu décidé à rester. Selon les médias samedi, M. Draghi l’a longuement rencontré pour tenter de le convaincre d’accepter un nouveau mandat. Ce juge sicilien peu connu avant son accession au poste de président en 2015 a su gérer avec diplomatie un éclatement politique difficile, un rôle apprécié par l’ensemble des partis italiens.

Le résultat des présidentielles italiennes, sans candidats officiels et à bulletins secrets, est traditionnellement difficile à anticiper. A ce jour, le record de l’élection la plus longue est détenu par Giovanni Leone, élu en 1971 au 23ème tour de scrutin.

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