Conflit en Ukraine: la Belgique sera " un allié solidaire " au sein de l’Otan

La ministre de La Défense Ludivine Dedonder a assuré que la Belgique serait un « allié solidaire » au sein de l'Otan dans le conflit en Ukraine.

La ministre de La Défense s'exprimait en Commission de la Chambre sur la crise en Ukraine.
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La Belgique se conduira en " allié solidaire " au sein de l’OTAN, a indiqué mercredi la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, en commission de la Chambre au cours d’un mini-débat sur la crise ukrainienne. Elle exécutera les plans de l’Organisation si une décision politique des Alliés les a validés. La ministre a décrit le cadre dans lequel évolue la Belgique sur le plan militaire. Pour le moment, l’Organisation de défense étudie plusieurs scénarios de soutien à l’Ukraine. Le soutien qu’elle lui accorde jusqu’à présent est de nature technologique. Le pays n’a pas formulé de demande de soutien bilatéral à la Défense belge jusqu’à présent. L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN. En d’autres termes, le principe de la défense collective -c’est-à-dire la protection mutuelle que se doivent les pays membres- ne s’applique pas à elle.

" Ce que l’OTAN peut décider, c’est une augmentation de la posture militaire dans les pays de l’Alliance. Une intervention de l’OTAN sera possible si un des Alliés était impliqué dans le conflit et après une approbation politique par le Conseil de l’Atlantique nord (principal organe de décision de l’organisation) et les autorités nationales ", a ajouté la ministre. L’OTAN a demandé à ses membres une disponibilité accrue pour sa Force de réaction rapide (Very High Readiness Joint Taskforce -VJTF) et pour des troupes supplémentaires qui exécuteraient un déploiement rapide en Europe de l’est.  " En cas de conflit, l’OTAN déterminera les capacités nécessaires en concertation avec les Alliés. Dans ce cadre, la Belgique assumera ses responsabilités et évaluera quelles capacités pourraient être engagées pour contribuer aux efforts de défense collective de l’Alliance ", a encore dit la ministre. La Belgique soutient l’approche actuelle de l’OTAN qui repose sur la diplomatie et la dissuasion. Elle insiste notamment sur l’importance de maintenir des canaux de discussion ouverts avec la Russie afin de parvenir à une désescalade des tensions.

" Être prêts à toute éventualité "

Dans les rangs parlementaires, chacun a également appelé de ses vœux une désescalade. " Solution diplomatique mais préparation à ce qui, demain, pourrait peut-être arriver ", a résumé dans la majorité Kattrin Jadin (MR), en rappelant qu’un risque d’invasion de l’Ukraine par la Russie était considéré comme " réel ". " Nous ne devons pas être naïfs et être prêts à toute éventualité ", a dit pour sa part Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) en regrettant l’absence diplomatique de l’UE dans le processus en cours entre les Etats-Unis et la Russie. Le député écologiste a évoqué une " phase de crispation et d’angoisse ". André Flahaut (PS), estime quant à lui qu’"il faut garder son calme". " Pour le moment, moins on lit les journaux, mieux on se porte. On est en train de diffuser le sentiment que l’on est au bord de la IIIe Guerre mondiale ", a-t-il expliqué.  L’ex-ministre de la Défense s’est montré sceptique sur un éventuel fondement juridique d’une intervention de l’OTAN en Ukraine. Quoi qu’il en soit, il a invité le gouvernement à se tenir informé de tout passage de matériel de l’OTAN sur le territoire belge. " Ce n’est pas parce qu’on a le siège de l’OTAN que l’on doit tout accepter ", a-t-il dit. Fidèle à sa tradition, le PTB s’en est pris à l’OTAN dont la politique d’expansion à l’est de l’Europe est, à l’entendre, à l’origine de cette crise. Nabil Boukili a fustigé " la logique impérialiste américaine et la politique agressive de l’OTAN qui provoque cette tension ".  Ces propos n’ont guère été soutenus. " Ce qui me choque, c’est que l’on porte atteinte au principe de souveraineté. Les pays d’Europe de l’est qui ont fait le choix de l’OTAN et de l’Union européenne ont posé un choix démocratique, et c’est cela que l’on doit permettre à l’Ukraine ", a fait remarquer Jasper Pillen (Open Vld). La ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, sera également interrogée en commission durant l’après midi. Le sujet sera par ailleurs abordé dans la soirée en comité ministériel restreint.

Début d’une réunion diplomatique à Paris 

Les conseillers diplomatiques du chancelier allemand ainsi que des présidents russe, ukrainien et français sont réunis depuis mercredi midi à Paris pour tenter de trouver une issue à la crise en Ukraine, a annoncé la présidence française qui espère en tirer une " indication claire sur l’état d’esprit des Russes ". Cette réunion se déroule dans le format diplomatique dit de " Normandie ", datant de 2015, à l’initiative de la France. Elle rassemble une quinzaine de diplomates autour de hauts responsables des quatre pays : le Français Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, l’Allemand Jens Plötner, le conseiller diplomatique du chancelier Olaf Scholz, le vice-Premier ministre russe Dmitri Kozak et le directeur de l’administration présidentielle ukrainienne Andriy Yermak. Cette rencontre est destinée à désamorcer la crise après une série de pourparlers entre Russes et Américains la semaine dernière, dans le contexte d’une montée continue des tensions autour de l’Ukraine.

La Russie est accusée d’avoir massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne en vue d’une incursion. Les Russes exigent des garanties pour leur sécurité, dont le rejet de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan. De son côté, Washington brandit la menace de sanctions économiques. Le dernier sommet en format Normandie remonte à décembre 2019 à Paris, où s’étaient retrouvés Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky, Angela Merkel et Emmanuel Macron. La France espère à terme un nouveau sommet entre les quatre chefs d’Etat, qui aurait lieu cette fois à Berlin. " Il est très encourageant que les Russes aient accepté de ré-entrer dans ce format diplomatique, le seul où les Russes sont parties prenantes. Cette réunion donnera une indication claire sur l’état d’esprit des Russes, avant l’entretien vendredi entre Emmanuel Macron et le président russe Vladimir Poutine ", a estimé l’Elysée.  " Nous voulons une désescalade, ce qui passe à la fois par le dialogue et la dissuasion. Un dialogue a lieu sur des sanctions avec les partenaires européens, américains et les institutions, pour que cette dissuasion soit suffisamment crédible, afin que le dialogue soit crédible. Les deux se nourrissent l’un l’autre ", a ajouté la présidence française.  " Mais ces sanctions ne doivent pas entraîner des répliques qui auraient un coût pour nous en boomerang. Les sanctions ne sont pas l’alpha et l’oméga de la réponse ", a souligné l’Elysée.

 

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