Burkina: le président détenu à Ouagadougou par des mutins

Les rebelles détiennent aussi le chef du Parlement et plusieurs ministres. La lutte anti-djihadiste dans la région est au cœur des tensions.

Le président Kaboré à Paris
Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à Paris le 12 novembre 2021 @BelgaImage

Le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré a été arrêté lundi et était détenu dans une caserne de Ouagadougou, au lendemain de mutineries dans des camps militaires de ce pays en proie à la violence djihadiste.

Rébellion de plusieurs casernes

"Le président Kaboré, le chef du Parlement (Alassane Bala Sakandé) et des ministres sont effectivement aux mains des soldats" à la caserne Sangoulé Lamizana de Ouagadougou, a déclaré à l’AFP une source sécuritaire, information confirmée par une autre source des services de sécurité.

Le président Kaboré, au pouvoir depuis 2015 et réélu cinq ans plus tard sur la promesse de faire de la lutte anti-djihadiste sa priorité, était devenu de plus en plus contesté par une population excédée par les violences djihadistes et son impuissance à y faire face.

Un journaliste de l’AFP a constaté qu’une dizaine de soldats encagoulés et armés s’étaient postés lundi matin devant le siège de la Radio télévision du Burkina (RTB) qui diffusait des programmes de divertissement, a constaté l’AFP. Des soldats se sont mutinés dimanche dans plusieurs casernes du Burkina Faso pour réclamer le départ des chefs de l’armée et des "moyens adaptés" à la lutte contre les djihadistes qui frappent ce pays depuis 2015. Des tirs avaient été entendus en fin de journée près de la résidence du chef de l’Etat et un hélicoptère avait survolé la zone tous feux éteints, selon des résidents.

Une succession de signaux d’alerte

Ces mutineries sont survenues dans une Afrique de l’Ouest de plus en plus déstabilisée par les djihadistes qui frappent aussi le Mali et le Niger voisins et où des coups d’Etat se sont récemment produits, au Mali et en Guinée.

Plusieurs manifestations de colère ont eu lieu depuis plusieurs mois dans plusieurs villes du Burkina Faso pour dénoncer l’incapacité du pouvoir à contrer les attaques djihadistes que se multiplient, souvent interdites et dispersées par les policiers anti-émeutes. Des mutineries ont également eu lieu à Kaya et Ouahigouya, dans le nord du Burkina où sont en majorité concentrées les attaques jihadistes, selon des habitants et des sources militaires.

Dimanche soir, le président Kaboré, avait décrété "jusqu’à nouvel ordre" un couvre-feu de 20h00 à 5Hh30 (locales et GMT) et le gouvernement annoncé la fermeture des écoles lundi et mardi.

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