Quand le port du masque est un geste militant (qui déplait)

Porter un masque est devenu le geste barrière par excellence. Mais lorsqu’il est floqué du slogan « Black Lives Matter », les choses peuvent se compliquer.

Un Américain porte un masque avec le slogan
© Belga Image

Aux États-Unis, une chaine de magasins bio est dans la tourmente. Whole Foods Market, filiale d’Amazon, est accusé d’avoir interdit à ses salariés de porter des vêtements, des pin’s ou des masques affichant " Black Lives Matter ", comme le relate Bloomberg. Pire, l’entreprise aurait licencié et mis à pied des employés arborant le slogan. Face à ce scandale, une plainte a été déposée par le National Labor Relations Board (NLRB) qui estime que Whole Foods aurait enfreint la loi fédérale en appliquant un code vestimentaire sur le lieu de travail.

" Les questions de harcèlement racial et de discrimination sont au cœur des conditions de travail des employés, et la loi nationale sur les relations de travail protège le droit des employés à militer pour le changement ", a déclaré Jill Coffman, directrice régionale du NLRB à San Francisco. " Par cette plainte, nous cherchons à faire appliquer la loi et à protéger les droits des travailleurs à s’exprimer sur ces questions importantes. "

Whole Foods se défend

Les démocrates, qui dirigent le NLRB, affirment qu’ils ont une vision plus large, par rapport à leurs prédécesseurs républicains, de la protection du droit des travailleurs à s’engager dans une action collective liée à des problèmes sur le lieu de travail.

Déjà en 2020, des employés de Whole Foods dans différents états auraient été priés de retirer les vêtements Black Lives Matter ou auraient été punis pour les avoir portés.

L’entreprise réfute ces allégations. " Notre politique de code vestimentaire est conçue pour garantir que nous offrons aux membres de l’équipe un cadre de travail et aux clients une expérience d’achat entièrement axée sur un excellent service et des aliments de haute qualité ", a déclaré Whole Foods dans un communiqué. " Nous ne pensons pas que nous devrions compromettre cette expérience en introduisant des messages sur les uniformes, quel qu’en soit le contenu, qui détournent l’attention de notre mission première. "

Le litige devrait faire l’objet d’un procès en mars.

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