Une enquête révèle qui a "probablement" trahi la famille d’Anne Frank

Une enquête, la plus complète jamais réalisée sur le sujet, dit avoir trouvé le nom du traître probable d'Anne Frank et identifié ses motivations.

Anne Frank en 1941
Anne Frank en 1941 @BelgaImage

Une "équipe de cold cases" internationale a peut-être trouvé l’homme qui a trahi Anne Frank et les sept autres personnes cachées dans la cache secrète d’Amsterdam pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait "très probablement" du notaire juif Arnold van den Bergh, a rapporté lundi le journal néerlandais NRC. Il aurait agi de cette façon pour se sauver et sauver sa famille.

Une enquête d’une ampleur inédite

Au cours des dernières décennies, de nombreuses théories ont été développées sur la trahison d’Anne Frank et des autres personnes cachées dans la célèbre annexe secrète du Prinsengracht à Amsterdam. La liste des traîtres présumés s’est considérablement allongée. Pourtant, l’affaire n’a jamais fait l’objet d’une enquête aussi approfondie que par cette équipe de cold cases. Sur la base de techniques de recherche modernes, l’équipe, qui a réuni une trentaine d’experts, a pu obtenir des résultats importants.

L’équipe, dirigée par l’ancien agent du FBI Vince Pankoke, a entrepris de créer un scénario dans lequel le traître avait un motif probable, les connaissances nécessaires et la bonne opportunité. Selon les chercheurs, c’est le notaire juif Arnold van den Bergh qui a trahi la famille Frank. Ils se fondent pour cela sur une note anonyme que le père Otto Frank – le seul membre survivant de la famille – aurait reçue peu après la guerre. Il précise que c’est le notaire qui aurait transmis l’adresse en cachette. Les enquêteurs ont réussi à trouver une copie de l’original – que Frank a mis en sécurité chez le notaire d’un ami – chez le fils d’un ancien détective.

Van den Bergh était un membre fondateur du Conseil juif, une organisation que l’occupant allemand a utilisée pour organiser la déportation juive. Selon une déclaration de témoin, le Conseil disposait de listes d’adresses cachées. "Grâce à son appartenance (Van den Bergh, ndlr) au Conseil juif et à ses contacts avec les forces d’occupation, il a pu se protéger, lui et sa famille, de la déportation pendant longtemps", écrit De Volkskrant. Mais lorsque sa protection est perdue en 1944, il tente désespérément de rester du côté des Allemands. Selon les chercheurs, il aurait pu le faire en transmettant la liste des adresses cachées.

Une théorie non définitive mais la mieux établie

Le journaliste et chercheur Pieter van Twisk admet que ces preuves ne sont pas concluantes, mais "de toutes les théories sur l’annexe secrète, celle-ci est la mieux étudiée et la plus probable", a-t-il déclaré au NRC. Van den Bergh avait certainement un motif, des connaissances et une opportunité. Otto Frank savait peut-être qui l’avait trahi, lui et sa famille, après la guerre. Pourtant, il n’a rien fait, ceci par crainte d’attaques antisémites. De plus, Frank ne voulait pas accabler les enfants du notaire – décédé en 1950, selon Van Twisk.

Ronald Leopold, directeur de la Maison d’Anne Frank, estime que "des recherches supplémentaires sont nécessaires". Léopold interroge la note et son intention. De plus, il n’est pas sûr que la liste des cachettes, que Van den Bergh aurait transmise aux Allemands selon les chercheur, ait réellement existé. "Vous devez être très prudent avant d’envoyer quelqu’un dans l’histoire en tant que traître à Anne Frank si vous n’en êtes pas sûr à 100% ou 200%", dit-il.

Sur le même sujet
Plus d'actualité