Le conseil Otan-Russie se réunit pour tenter de désamorcer la crise ukrainienne

Les États-Unis et leurs alliés européens vont engager mercredi des discussions avec Moscou au siège de l'Otan pour tenter de désamorcer le risque d'un nouveau conflit en Ukraine.

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Des officiels russes en compagnie de Jens Stoltenberg , le secrétaire général de l’Otan, le 12 janvier à Bruxelles/ @BELGAIMAGE

La vice-secrétaire d’Etat américaine Wendy Sherman a informé mardi les représentants des 30 membres de l’Otan de ses entretiens à Genève avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. " Il n’y a aucune raison d’être optimiste, mais les Russes sont sérieusement engagés dans la séquence diplomatique ", a confié à l’AFP le représentant d’un pays européen.

Moscou a accepté de réactiver le Conseil Otan-Russie, l’instance de consultation créée en 2002 et mise en sommeil depuis juillet 2019. La Russie sera représentée par le vice-ministre des affaires étrangères, M. Alexandre Grouchko, qui a qualifié la réunion de " moment de vérité " dans les relations Russie-Otan. Wendy Sherman représentera les Etats-Unis.

Les entretiens de Genève ont été peu concluants. Les Russes et les Américains sont restés très fermes sur leurs positions respectives. Moscou a exigé de Washington et de ses alliés une garantie concrète que l’Ukraine ne sera pas autorisée à rejoindre l’OTAN.

Les Européens sur la touche?

Les Américains n’ont fait aucune concession, mais ils ont formulé des propositions pour réduire les risques de conflit et engager un désarmement conventionnel et nucléaire, a expliqué la nouvelle ambassadrice des Etats-Unis à l’Otan Julianne Smith. Washington a assuré à Moscou ne pas avoir l’intention de positionner des armes offensives en Ukraine, mais a démenti avoir l’intention de procéder à une démilitarisation en Europe, a pour sa part indiqué un diplomate européen.

Il est trop tôt pour dire si les Russes sont sérieux ou non sur la voie de la diplomatie, ou s’ils sont prêts à négocier sérieusement ", a déclaré Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche. " La relation de l’Otan avec l’Ukraine est une question qui ne concerne que l’Ukraine et les 30 alliés de l’OTAN, et non les autres pays ".

Wendy Sherman s’est attachée mardi à apaiser le ressentiment des Européens d’être laissés sur la touche. Elle a assuré que rien en matière de sécurité en Europe ne se ferait sans les Européens, a souligné le diplomate européen. " Les États-Unis sont déterminés à travailler en étroite collaboration avec leurs alliés et partenaires afin d’encourager la désescalade et de répondre à la crise sécuritaire provoquée par la Russie ", a tweeté Mme Sherman.

Maintenir les discussions

Le Conseil Otan-Russie risque toutefois de n’être qu’une répétition des discussions de Genève, chaque partie campant sur ses positions. " Nos attentes sont tout à fait réalistes et nous espérons qu’il s’agira d’une conversation sérieuse et approfondie ", a en effet annoncé Alexandre Grouchko. La Russie exigera une réponse globale de l’alliance à ses demandes. " Nous ferons pression pour obtenir une réaction concrète, substantielle, article par article, au projet d’accord russe sur les garanties ", a-t-il précisé.

Mais Moscou n’a fait aucun geste d’apaisement. La Russie n’a offert aucune preuve qu’elle n’envahirait pas l’Ukraine ni aucune explication sur les raisons pour lesquelles elle a déployé quelque 100.000 soldats vers la frontière ukrainienne, a souligné Mme Sherman.

Nous devons observer la plus grande prudence. Nous n’avons aucune raison de penser qu’un processus va être amorcé. On n’en est même pas à négocier ", a souligné le représentant européen. " L’Ukraine fait preuve d’une grande retenue et les Alliés doivent éviter tout prétexte à une fermeture de la séquence diplomatique.

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