10 choses à savoir sur la crise au Kazakhstan

Les émeutes secouant le plus grand pays d’Asie centrale rappellent que cette région est gérée par des dictateurs depuis la chute de l’URSS.

crise au kazakhstan
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Énergie

La colère est née de la hausse du prix du gaz de pétrole liquéfié. Au Kazakhstan, le GPL est le principal combustible pour l’eau chaude, le chauffage et, dans certaines villes, les véhicules. Début janvier, les citoyens mécontents sont descendus dans la rue.

Provocations

À cause des réformes du président Kassym-Jomart Tokaïev, en une semaine le prix du GPL a doublé. Mais ce qui a fait dégénérer les manifestations est qu’il dise ne pas vouloir “céder aux provocations”. Finalement, il a réduit les prix. Trop tard.

Émeutes

Les Kazakhs sont fatigués de 30 ans de dictature et de corruption. Cette augmentation des prix a exaspéré dans un contexte de récession économique lié à la crise sanitaire. Le ministre de l’Intérieur a alors envoyé la police “nettoyer les rues”.

Sanglantes

Ça a forcément dégénéré. Lundi, les ONG décomptaient au moins 164 morts, 2.000 blessés et 6.000 arrestations.

Nazarbaïev

Depuis 2019, le président est Tokaïev, un ancien Premier ministre, ministre des Affaires étran­gères, président du Sénat et fidèle du leader historique Nazarbaïev. Lequel a quitté le pouvoir en 2019 sur fond de défiance citoyenne. Jusqu’ici, il tirait encore les ficelles du régime via le Conseil de sécurité (il a démissionné le 5 janvier) et le Conseil constitutionnel.

Noursoultan

Pour renoncer au titre de président, le dictateur sortant a eu une minuscule exigence: que la capitale soit rebaptisée d’après son prénom. Depuis, Astana se nomme Noursoultan.

Statue

Acte hautement symbolique, les manifestants ont déboulonné la statue de l’ancien dictateur. La diffusion des images a tardé, car le régime avait coupé Internet et les réseaux sociaux.

Russie

La Russie a décidé d’intervenir militairement. Elle doit notamment protéger sa base spatiale sur le territoire kazakh et ses frontières. En outre, les deux pays ont une histoire commune. Gorbatchev avait notamment proposé à Nazarbaïev le poste de vice-président de l’URSS. Sentant la chute approcher, il avait refusé et demandé la présidence kazakhe.

Goulag

Ce que le principal Goulag soviétique au Kazakhstan est devenu donne une idée des méthodes du régime. Un bâtiment a été transformé en musée glauque (cris de prisonniers, statuettes de fusillades comme souvenir: on dirait une blague). Les autres ont été vendus aux ex-prisonniers torturés. Ils y vivent encore.

Contagion

Les 5 pays d’Asie centrale de l’ex-URSS (Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan) ont des liens économiques forts. Tous sont des dictatures corrompues. Des experts craignent la contagion des émeutes, car le ras-le-bol des citoyens est visible partout.

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