Entretien russo-kazakh pour "restaurer l’ordre" au Kazakhstan

Les présidents des deux pays se sont concertés alors que des troupes russes sont arrivées au Kazakhstan pour soutenir le régime en place.

Vladimir Poutine et Kassym-Jomart Tokaïev
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue kazakh Kassym-Jomart Tokaïev à Moscou, le 21 août 2021 @BelgaImage

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue kazakh Kassym-Jomart Tokaïev ont eu une «longue» conversation téléphonique afin de discuter de la situation de crise au Kazakhstan, a annoncé samedi le Kremlin dans un communiqué. Le Kazakhstan, plus grand pays d’Asie centrale, est ébranlé par une contestation qui a éclaté dimanche en province après une hausse des prix du gaz avant de s’étendre à de grandes villes, notamment Almaty, la capitale économique, où les manifestations ont dégénéré en émeutes contre le régime en place, qui ont fait des dizaines de morts.

Le Kazakhstan frustré par la position américaine

«Les présidents ont échangé leurs points de vue sur les mesures prises pour restaurer l’ordre au Kazakhstan», indique le communiqué, ajoutant que les deux dirigeants sont convenus de rester en contact «permanent». Moscou a par ailleurs dénoncé les commentaires «grossiers» du secrétaire d’État américain Antony Blinken, qui avait prévenu vendredi qu’il serait «très difficile» pour le Kazakhstan d’obtenir le retrait des troupes russes une fois le feu vert octroyé pour une intervention sur son territoire. «Le secrétaire d’État américain a essayé de faire de l’humour sur la tragédie qui se déroule au Kazakhstan», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié sur Facebook. «C’était une tentative grossière et ce n’est pas la première», a ajouté le ministère. M. Blinken a, selon ce communiqué, «tourné en ridicule une réaction entièrement légitime» dans le cadre des accords de sécurité entre le Kazakhstan et la Russie.

En parallèle, l’ex-président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a appelé la population à soutenir le gouvernement pour faire face à la crise que traverse le pays, a déclaré samedi son porte-parole. M. Nazarbaïev «appelle tous les citoyens à se rassembler autour du président du Kazakhstan pour lui permettre de surmonter cette crise et de garantir l’intégrité du pays», a écrit le porte-parole, Aidos Ukibay, sur Twitter. L’appel de l’ex-président Noursoultan Nazarbaïev intervient alors qu’un de ses alliés proches, Karim Kajymkanouli Massimov, ancien Premier ministre, a été arrêté pour trahison après avoir été démis de ses fonctions de chef du Comité national de sécurité (KNB) comme conséquence des émeutes déclenchées par une hausse du prix du gaz.

Une tension à l’échelle internationale

Un contingent de troupes russes et d’autres pays alliés de Moscou sont arrivées jeudi au Kazakhstan pour appuyer le pouvoir en place en protégeant les bâtiments stratégiques et en épaulant les forces de l’ordre. Une initiative dénoncée par les États-Unis mais soutenue par la Chine. «La Chine soutient tous les efforts visant à aider les autorités kazakhes à mettre fin le plus rapidement possible au chaos», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Pékin.

Ce vendredi, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a annoncé autoriser les forces de l’ordre à ouvrir le feu «sans avertissement» pour mettre un terme aux émeutes chaotiques qui secouent le pays. «J’ai donné l’ordre de tirer pour tuer sans avertissement», a déclaré M. Tokaïev lors d’une allocution télévisée, ajoutant que les «terroristes continuent à endommager les biens et à utiliser des armes contre les citoyens».

À Washington, le ton est radicalement différent. «Les États-Unis, et franchement le monde entier, surveillent toute éventuelle violation des droits humains. Et nous surveillons aussi tout acte qui puisse jeter les bases pour une prise de contrôle des institutions du Kazakhstan», a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price à des journalistes. «Nous appelons les forces de maintien de la paix et de l’ordre de l’OTSC à respecter les droits humains afin de soutenir une résolution pacifique. […] Nous espérons que le gouvernement du Kazakhstan sera en mesure de répondre aux problèmes qui sont fondamentalement de nature économique et politique», a-t-il ajouté.

 

 

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