Le déploiement de la 5G inquiète le secteur de l’aviation

Dans l’aéronautique, on craint des interférences entre le réseau mobile et les radioaltimètres des avions.

5G et aviation, des craintes d'inteférences
Une antenne 5G. (@Belga Image)

Si la 5G n’est pas encore réellement déployée chez nous, aux États-Unis, il s’agit d’une question de jours. La nouvelle génération de réseau de téléphonie mobile devrait être lancée ce 5 janvier.

Cette avancée technologique, qui a fait couler beaucoup d’encre, devrait ravir de nombreuses entreprises puisqu’elle permettra de se connecter bien plus vite à Internet, de permettre bien plus de connexions simultanées et tout cela avec un temps de latence particulièrement court qui se compte en millisecondes.

Mais un secteur industriel s’inquiète : celui de l’aviation. En effet, comme le rapporte Le Soir, deux des leaders du marché, les Français d’Airbus et les Américains de Boeing, éternels concurrents, se sont unis pour rédiger une lettre à l’attention du gouvernement américain et faire part de leurs craintes.

Leur peur : des interférences entre le réseau 5G et certains des outils de contrôles de leurs avions, précisément les radioaltimètres. Grâce à ces appareils, le pilote peut connaitre l’altitude exacte de son avion dès 90 centimètres. Ces données sont indispensables, notamment pour le décollage et l’atterrissage, mais sont aussi nécessaires à d’autres fonctions comme le pilotage automatique ou le système anticollision.

Actuellement, Boeing, Airbus et d’autres entreprises actives dans l’aviation travaillent à étudier ces potentielles interférences. Pourquoi ? Parce que la bande de fréquences attribuée au réseau 5G aux États-Unis est très proche de celle réservée aux services de radionavigation.

Et faire voler des avions avec ce risque d’interférences imprévues est dangereux et impensable.

Et chez nous ?

En Europe, les bandes de fréquences réservées à l’aviation sont plus éloignées de celles qui seront utilisées par les opérateurs téléphoniques. Mais ce n’est pas pour autant que le sujet ne mérite pas d’être analysé. L’Agence européenne pour la sécurité aérienne collabore déjà avec les Américains sur ce domaine pour profiter de leur expérience.

En Belgique, tous les opérateurs concernés surveillent le déploiement de la 5G de près. Selon l’Écho, la ministre des Télécoms, Petra de Sutter, aimerait que la Belgique soit couverte par la 5G à 70% dès 2023 et à 99,8% en 2028. De beaux espoirs alors que notre pays est un des grands retardataires d’Europe à ce sujet. En effet, la 5G proposée actuellement par les opérateurs belges utilise des bandes de fréquences temporaires.

Les bandes de fréquences définitives doivent-elles encore être attribuées aux opérateurs. On attendait que la législation nécessaire soit prête, c’est désormais le cas. La mise aux enchères est donc en préparation et devrait avoir lieu entre avril et juin.

Ensuite, comme indiqué par le cabinet de la ministre, « les opérateurs auront besoin de quelques mois pour procéder au déploiement. Les citoyens et les entreprises belges pourront donc assurément disposer de la 5G en 2022 ».

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