L’ONU "horrifiée" par un massacre de civils en Birmanie

Au moins 35 personnes sont décédées, dont des enfants et des femmes. L’ONU interpelle directement les militaires au pouvoir.

Martin Griffiths à Genève
Martin Griffiths en conférence de presse à Genève, le 1er décembre 2021 @BelgaImage

Le secrétaire général adjoint de l’ONU Martin Griffiths s’est dit dimanche "horrifié par les informations sur une attaque contre des civils" en Birmanie le 24 décembre. Qualifiant de "crédibles" les informations sur la découverte de "35 corps" dans des véhicules calcinés dans le nord-est du pays, il poursuit, dans un communiqué: "Je condamne ces faits graves" et "appelle les autorités à lancer immédiatement une enquête sérieuse et transparente".

La junte au pouvoir peu bavarde

Samedi, des photos avaient été diffusées sur les réseaux sociaux montrant deux camions et une voiture incendiés sur une route du canton de Hpruso, dans l’État de Kayah (est), avec des corps à l’intérieur. Un responsable de la rébellion opposée à la junte au pouvoir, les Forces de défense du peuple (PDF), avait indiqué à l’AFP avoir trouvé au moins 27 cadavres. Selon l’observatoire Myanmar Witness, "35 personnes, dont des enfants et des femmes, ont été brûlées et tuées par les militaires le 24 décembre dans le canton de Hpruso".

Véhicules brûlés à Hpruso, en Birmanie, le 25 décembre 2021 @BelgaImage

Un porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, a admis pour sa part que des affrontements avaient éclaté dans cette zone vendredi, et que les soldats avaient tué un certain nombre de personnes, sans donner plus de détails. L’ONG Save the Children avait annoncé ensuite que deux membres de son personnel en Birmanie étaient "portés disparus". "Je demande aux forces birmanes et à tous les groupes armés en Birmanie de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils", a par ailleurs déclaré Martin Griffiths.

La Birmanie a sombré dans le chaos depuis un putsch début février qui a mis fin à une transition démocratique de 10 ans. En 10 mois, plus de 1.300 civils ont été tués, selon une ONG locale, l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP). En réaction, les milices citoyennes PDF ont vu le jour dans le pays et infligent régulièrement des revers à la puissante armée birmane.

En parallèle, ce lundi 27 décembre, un tribunal de la junte birmane a de nouveau reporté son verdict dans un volet du procès fleuve contre Aung San Suu Kyi qui pourrait conduire l’ex-dirigeante, déjà condamnée à deux ans début décembre, en prison pendant des décennies.

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