Plusieurs pays européens renforcent leurs mesures sanitaires

Après les Pays-Bas, d'autres États européens ont décidé de serrer la vis face à la vague épidémique et à l'arrivée du variant Omicron.

Drapeaux européens à Bruxelles
Drapeaux des États européens à Bruxelles le 19 janvier 2020 @BelgaImage

Ce mardi 21 décembre, plusieurs pays ont décidé de sévir en matière sanitaire. De l’Allemagne à la Suède, du Portugal à l’Écosse, la situation sanitaire apparaît tellement dégradée que les gouvernements ont décidé d’agir, parfois avec des mesures fortes, sans pour autant confiner comme aux Pays-Bas.

Allemagne: un Nouvel-An en petits comités

Le gouvernement fédéral allemand et les entités fédérées se sont mis d’accord mardi pour renforcer, dès le 28 décembre, les mesures sanitaires à l’approche des festivités de fin d’année, alors que le variant Omicron du coronavirus, plus contagieux, progresse en Europe. L’Allemagne va ainsi limiter les contacts, même entre personnes vaccinées, à un maximum de 10 convives pour les fêtes du Nouvel An, a annoncé mardi le chancelier allemand Olaf Scholz. Les enfants de moins de 15 ans ne seront pas pris en compte dans ce calcul.

"Il n’est plus temps de faire la fête et de passer des soirées conviviales en grand nombre", a souligné M. Scholz à l’issue d’une réunion avec les dirigeants des 16 États régionaux, assurant que "la cinquième vague menace déjà". Cette limitation vaudra à partir du 28 décembre pour toutes les réunions privées notamment. Pour les non vaccinés, la limite tombe à deux invités maximum.

Des mesures supplémentaires devraient encore être annoncées par la suite. Les Länder ont demandé au parlement et au gouvernement fédéral d’accélérer les préparatifs pour une obligation vaccinale généralisée, prévue pour février.

Finlande: la restauration et les voyages impactés

Les bars devront fermer à 21h00 la veille de Noël en Finlande dans le cadre de nouvelles restrictions destinées à lutter contre le niveau très élevé de contamination par le Covid-19, a déclaré mardi la Première ministre Sanna Marin. "Nous devons prendre cette situation au sérieux et réagir en conséquence", a dit devant la presse Mme Marin, le jour même où les responsables de la santé annonçaient plus de 23.000 nouveaux cas de coronavirus au cours des deux dernières semaines, un record absolu dans ce pays nordique de 5,5 millions d’habitants.

À partir du 28 décembre, des restrictions concernant les heures d’ouverture des établissements de restauration et la vente d’alcool seront en outre appliquées pendant une période de trois semaines. Le gouvernement prépare un ensemble de mesures de soutien pour indemniser les entreprises de restauration touchées, a assuré la Première ministre finlandaise.

Les citoyens européens arrivant en Finlande devront présenter à la frontière un test Covid négatif en vertu des nouvelles règles, tandis que les universités seront invitées à passer à l’enseignement à distance. Les autorités sanitaires ont enregistré un total de 221.292 cas et fait état de la mort de 1.495 personnes liée au Covid-19, ce qui équivaut à l’un des taux de mortalité les plus faibles du continent européen.

Islande: mesures concernant l’horeca, les réunions et les événements

L’Islande a décidé de durcir ses mesures sanitaires pour freiner la propagation du coronavirus, alors qu’elle a enregistré un nombre record de cas positifs. Les réunions, auparavant autorisées jusqu’à 50 personnes, seront bientôt limitées à 20 convives, tandis que les bars et restaurants devront fermer à 22h00. Les événements pourront accueillir jusqu’à 200 personnes à conditions que celles-ci effectuent d’abord un test rapide au résultat négatif. Les salles de sport et piscines ne pourront, quant à elles, plus être remplies qu’à la moitié de leur capacité. La distanciation sociale de deux mètres revient également.

Ces nouvelles mesures entreront en vigueur dans la nuit de mercredi à jeudi pour trois semaines, a précisé mardi le gouvernement. Plus de 300 nouvelles infections par jour ont été enregistrées récemment en Islande, ce qui constitue un record pour cette île de 360.000 habitants située au nord-ouest de l’Europe continentale. Le variant Omicron représente un peu moins de la moitié des infections.

Portugal: batterie de nouvelles mesures

Le gouvernement portugais a décidé d’imposer à partir de la semaine prochaine une nouvelle série de mesures de contrôle de l’épidémie de Covid-19 en raison de la hausse des contagions dues au variant Omicron, a annoncé mardi le Premier ministre Antonio Costa.

Face à un variant "beaucoup plus transmissible", qui représente déjà presque la moitié des nouveaux cas détectés au Portugal, le télétravail deviendra obligatoire pendant deux semaines et les bars et discothèques seront fermés. Des limites à la fréquentation des commerces seront rétablis et la présentation d’un test deviendra obligatoire pour assister à un spectacle ou à un évènement sportif, de même que pour aller au restaurant à la veille de Noël ou du jour de l’An.

"Nous sommes conscients de l’impact de ces mesures mais, si nous ne les adoptons pas, les conséquences seront bien pires", a fait valoir le Premier ministre. L’hiver dernier, le Portugal avait été frappé par une violente vague de contagions qui avait submergé les services hospitaliers. Le gouvernement avait déjà rétabli début décembre plusieurs mesures de contrôle sanitaire afin d’élargir l’usage du masque, du certificat de vaccination et des tests de dépistage.

Pour réduire les contacts après les rassemblements prévus pour les fêtes de fin d’année, l’exécutif socialiste avait annoncé dès le 25 novembre que les vacances scolaires seraient prolongées et que le télétravail serait obligatoire pendant la première semaine de janvier. Le Portugal figure en outre parmi les pays qui exigent un test négatif pour les voyageurs arrivant sur son territoire, y compris ceux qui sont vaccinés. Cette mesure sera prolongée au-delà de la date initialement prévue du 9 janvier, avait déjà indiqué M. Costa.

Malgré ces restrictions, le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes a atteint son plus haut niveau depuis février dernier et le nombre de personnes hospitalisées en soins intensifs a doublé en un mois. Avec 89% de sa population de 10,3 millions d’habitants vaccinés, le Portugal occupe le deuxième rang mondial derrière les Émirats arabes unis, selon des données compilées par le site "Our World in Data".

Suède: "Nous devons maintenant prendre nos responsabilités ensemble"

La Suède a décidé mardi de renforcer sa politique de lutte contre le variant Omicron. La Première ministre suédoise Magdalena Andersson a proposé une série de nouvelles mesures qui entreront en vigueur le jeudi 23 décembre. L’une des décisions importantes concerne les restaurants et les cafés, qui ne seront autorisés à servir que les clients assis. Ils devront également respecter une distance d’un mètre entre chaque groupe. Les évènements intérieurs de plus de vingt participants devront également se dérouler assis. Cela implique donc que le Nouvel An ne pourra avoir lieu dans les boites de nuit, a précisé la Première ministre lors d’une conférence de presse à Stockholm. Un certificat de vaccination sera exigé pour les évènements de plus de 500 personnes. En outre, le gouvernement recommande le télétravail si possible.

Lors de sa conférence de presse, Magdalena Andersson a expliqué comprendre que beaucoup en aient assez de la situation sanitaire. Mais en raison de l’augmentation des contaminations au nouveau variant, plusieurs mesures doivent être prises pour réduire la propagation du virus. "Nous devons maintenant prendre nos responsabilités ensemble", s’est-elle exprimée envers ses compatriotes.

Au début de la pandémie, la Suède avait opté pour une stratégie unique en ne prenant pratiquement aucune mesure. Par conséquent, la Suède a longtemps présenté des chiffres d’infections élevés, en comparaison aux autres pays scandinaves. Bien qu’il possède actuellement l’un des taux d’infection les plus faibles d’Europe, le pays n’a toutefois pas été épargné par le variant Omicron.

L’Angleterre épargnée mais pas l’Écosse

Il n’y aura pas de nouvelles restrictions sanitaires en Angleterre avant Noël. Le Premier ministre Boris Johnson a déclaré cela dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux mardi, selon Sky News. Le Premier ministre a déclaré que les gens peuvent continuer à réaliser leurs projets de Noël, mais il a appelé à la prudence et a suggéré que les gens devraient passer un test avant de rencontrer des parents plus âgés. Il a déclaré qu’il ne pouvait pas exclure de nouvelles mesures après Noël et a ajouté qu’il garderait un œil sur les données.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a pour sa part annoncé mardi l’annulation, en raison de la propagation du variant Omicron, des traditionnelles festivités du Nouvel An, qui s’étalent sur trois jours en Écosse. Selon la cheffe indépendantiste, ce très contagieux variant du coronavirus "se propage actuellement rapidement à travers l’Écosse", où il représente désormais le variant majoritaire. En conséquence, "les larges célébrations de Hogmanay (les fêtes du Nouvel an, NDLR), y compris celles prévues ici dans notre capitale (Édimbourg), ne pourront pas avoir lieu", a indiqué Mme Sturgeon aux députés du parlement local. "Je sais à quel point cela sera décevant pour ceux et celles qui attendent ces événements avec impatience, et pour leurs organisateurs", a-t-elle concédé, rappelant toutefois que "les grands événements font peser une charge supplémentaire sur les services d’urgence".

Cette annonce s’inscrit dans l’instauration de plus vastes restrictions destinées à réduire la propagation du virus en Écosse – qui, comme chaque nation britannique décide seule de sa politique sanitaire. Nicola Sturgeon a ainsi annoncé aux députés écossais que, dès le lendemain de Noël et pour trois semaines, les événements publics en plein air seront limités à 500 personnes et ceux en intérieur à 100 personnes debout ou 200 personnes assises. "Cela signifie bien sûr que les matchs sportifs, y compris le football, auront lieu sans spectateurs pendant ces trois semaines", a-t-elle précisé. Si cela ne s’applique pas aux événements privés comme les mariages, la Première ministre a tout de même encouragé les gens à "réduire autant que possible leurs sorties", notamment pour Hogmanay.

Au Pays de Galles, le gouvernement local a désormais introduit une amende pour non-respect du télétravail. Un salarié contrevenant à cette consigne risquera à partir du 20 décembre 60 livres (70 euros) d’amende, et les employeurs de 1.000 à 10.000 livres, si les faits sont répétés.

Roumanie: le Parlement pris pour cible lors de débats sur le pass sanitaire

Des manifestants contre un projet de pass sanitaire au travail ont tenté d’envahir le Parlement roumain mardi avant d’être repoussés par la police, dans un pays qui affiche un des taux de vaccination parmi les plus faibles de l’UE. Environ 2.000 personnes s’étaient rassemblées à Bucarest pour dénoncer les débats actuels sur ce certificat. Quelque 200 d’entre eux ont tenté de forcer les portes du parlement, a constaté un journaliste de l’AFP. D’autres ont escaladé de hautes palissades à l’extérieur.

Le gouvernement veut rendre obligatoire un pass pour les fonctionnaires et les salariés, prouvant qu’ils sont vaccinés, guéris ou testés négatifs contre le Covid-19 pour pouvoir se rendre sur leur lieu de travail. L’objectif est de doper le taux de vaccination, alors que moins de 40% de la population roumaine a reçu deux doses. Les autorités craignent que les hôpitaux ne soient submergés par une nouvelle vague de malades provoquée par le variant Omicron.

Les manifestants ont scandé le mot "liberté" en brandissant le drapeau national roumain et des pancartes portant des messages tels que "Arrêtez la vaccination obligatoire". "C’était une protestation nécessaire mais insuffisante. Beaucoup plus de gens auraient dû venir", a déclaré à l’AFP Adrian Vrabiescu, 49 ans, un ancien mineur des environs de Bucarest. "Je crains que ceux qui sont à l’intérieur du Parlement n’aient pas reçu notre message aujourd’hui. Mais nous descendrons à nouveau dans la rue", a lancé Domnita, 50 ans.

Le projet de loi est vivement contesté par le parti nationaliste AUR dont le dirigeant George Simion a remercié les manifestants pour leur mobilisation.

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