Royaume-Uni: Boris Johnson poussé vers la sortie?

Humilié par une fronde sans précédent dans son camp conservateur au Parlement et affaibli par une série de scandales, le Premier ministre britannique Boris Johnson joue gros jeudi lors d'une élection législative partielle à haut risque.

Boris Johnson, fin de règne?
Belga

La circonscription très rurale du North Shropshire (centre de l’Angleterre), qui vote conservateur depuis des décennies, pourrait basculer au profit des libéraux-démocrates lors de ce scrutin à valeur de référendum pour le bouillonnant dirigeant. Ce dernier risquerait alors une crise d’autorité, en pleine flambée épidémique due au variant Omicron. Les bureaux de vote ont ouvert à 08 h (heure belge) et fermeront à 23 h (heure belge).

Les résultats sont attendus tôt vendredi matin. Les électeurs sont appelés à choisir un successeur au député Owen Paterson, qui occupait le siège depuis 1997 et qui a dû démissionner pour une affaire de lobbying. Aux dernières législatives de 2019, il avait obtenu 62,7% des voix et une confortable majorité de presque 23.000 voix. Mais, cette fois, le scrutin ne sera pas qu’une simple formalité pour le Parti conservateur de Boris Johnson, éclaboussé par les scandales.

Scandales et effets Brexit

« Certains députés ont suggéré en privé que la perte du North Shropshire enfoncerait le dernier clou du cercueil du leadership de M. Johnson », affirme le Daily Telegraph. Boris Johnson était venu à la rescousse de M. Paterson en tentant de modifier les règles disciplinaires du Parlement, avant de se raviser face au tollé provoqué par cette manoeuvre, jusqu’au sein de son propre camp.

Ce scandale, qui s’inscrit dans une longue série d’affaires embarrassantes, telles des accusations de corruption dans son parti et de violations des restrictions sanitaires, ont fortement fragilisé Boris Johnson, deux ans après sa victoire électorale triomphale sur la promesse de réaliser le Brexit.

Longtemps résistante à toute épreuve, la popularité du dirigeant s’est effondrée et de récents sondages sur les intentions de vote donnaient au niveau national plusieurs points d’avance à l’opposition travailliste. En particulier, des révélations sur la tenue d’événements festifs fin 2020 à Downing Street passent très mal auprès des Britanniques qui étaient priés à l’époque de réduire à l’extrême leurs interactions sociales.

Raz-de-marée Omicron

Ces affaires tombent au plus mal pour M. Johnson, au moment critique où le Royaume-Uni est confronté, selon ses termes, à un « raz-de-marée » de contaminations dues au variant Omicron du coronavirus dans un pays qui déplore presque 147.000 morts. Sa crédibilité mise en doute, il a peiné mardi à la Chambre des Communes à faire accepter de nouvelles restrictions anti-Covid.

Camouflet ultime, il y a affronté une fronde sans précédent des députés de sa propre majorité: 99 d’entre eux ont voté contre l’instauration d’un pass sanitaire pour les grands événements, jugé liberticide. Cette mesure n’a pu passer que grâce au soutien de l’opposition travailliste. A l’échelle du parti, seule l’ancienne Première ministre Theresa May avait essuyé pire soufflet depuis la Seconde Guerre mondiale, avant d’être destituée par les siens.

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