Nouvelle-Calédonie: le référendum pas reconnu par les indépendantistes

Ils ne s'estiment plus tenus par le calendrier prévu initialement après le référendum et refusent toute rencontre avec le gouvernement français.

Bureau de vote à Koné
Bureau de vote à Koné, en Nouvelle-Calédonie, lors du 3e référendum sur l’indépendance, le 12 décembre 2021 @BelgaImage

Au lendemain du référendum d’autodétermination remporté en Nouvelle-Calédonie par les partisans de la France, les indépendantistes, qui avaient appelé à ne pas y participer, ont annoncé lundi qu’ils ne reconnaissaient ni la «légitimité», ni la «validité» du scrutin.

«La voie du dialogue a été rompue»

Marqué par une abstention record après l’appel des indépendantistes à bouder le scrutin, ce troisième et dernier référendum prévu par les accords de Nouméa en 1998 a été remporté par les pro-France avec 96,5% des voix, contre 3,5% au oui à l’indépendance. Les indépendantistes regroupés au sein du Comité stratégique indépendantiste de non participation (CSI-NP) «ne reconnaissent pas la légitimité et la validité de ce scrutin qui leur a été confisqué», ont-ils indiqué dans un communiqué.

«La voie du dialogue a été rompue par l’entêtement d’un gouvernement français incapable de concilier ses intérêts géostratégiques dans le Pacifique et son obligation à décoloniser notre pays», assurent-ils. Pour le parti indépendantiste FLNKS et les nationalistes, «ce référendum n’est pas conforme à l’esprit et à la lettre de l’accord de Nouméa, processus de décolonisation, et pas conforme également aux résolutions de l’ONU qui a inscrit la Nouvelle-Calédonie sur la liste des pays à décoloniser». «Le calendrier Lecornu est dorénavant chamboulé. Le CSI-NP n’y est plus engagé. Les 18 mois annoncés ne sauraient commencer avec un gouvernement français en fin de mandat», soulignent les indépendantistes.

En juin à Paris, les acteurs calédoniens avaient décidé avec l’État qu’après le 12 décembre s’ouvrirait «une période de stabilité et de convergence», pour préparer un «référendum de projet» d’ici juin 2023 qui portera sur un nouveau statut pour le territoire au sein de la France. «La présence du ministre des Outremers chez nous relève plus de la campagne présidentielle qu’elle n’est porteuse de solutions d’avenir. Nous ne souhaitons pas nous engager dans cette combine et nous attendons le renouvellement du gouvernement français pour engager de véritables discussions sur l’accession du pays à sa pleine souveraineté», ajoutent les indépendantistes dans leur communiqué.  Le FLNKS et les nationalistes avaient déjà prévenu la semaine dernière qu’ils récusaient toute rencontre avec le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, arrivé vendredi à Nouméa, avant l’élection présidentielle française en avril 2022.

Les indépendantistes avaient annoncé qu’ils ne se rendraient pas aux urnes, invoquant l’impossibilité d’organiser «une campagne équitable» alors que l’archipel est touché depuis septembre par l’épidémie de Covid. À noter que contrairement à la métropole, la Nouvelle-Calédonie ne recense dernièrement que très peu de nouveaux cas de Covid-19 (en moyenne 25-30 cas par jour en décembre, contre presque 500 par jour en septembre) mais les décès d’il y a trois mois ont touché à environ 70% la communauté kanak acquise à l’indépendance, comme le précise Ouest-France. C’est à cause du deuil qui en découle que les indépendantistes ont demandé le report du scrutin. Ce mot d’ordre de non-participation du FLNKS et de tous les nationalistes semble avoir été suivi à la lettre, la participation n’ayant atteint que 43,9%.

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