Nouvelle-Calédonie: victoire écrasante du non à l’indépendance

Le territoire français a confirmé le rejet de la proposition. Les indépendantistes ont boudé le scrutin, estimant sa tenue compromise par le Covid-19.

Votes à Nouméa
Dépouillement dans un bureau de vote de Nouméa, la capitale de la Nouvelle-Calédonie, le 12 décembre 2021 @BelgaImage

Le non à l’indépendance l’emporte de manière écrasante dimanche lors du troisième et dernier référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie. Le scrutin a été marqué par une abstention record après l’appel des indépendantistes à bouder le scrutin, selon les résultats partiels. À 90,23% du dépouillement des bulletins de vote, le non à l’indépendance de cet archipel français stratégique du Pacifique-Sud l’emportait à 96,32%, selon la chaîne de télévision NC la 1ère. Emmanuel Macron doit s’exprimer à 13h00 lors d’une allocution d’une dizaine de minutes.

Une tension encore forte

Les indépendantistes avaient annoncé qu’ils ne se rendraient pas aux urnes, invoquant l’impossibilité d’organiser «une campagne équitable» alors que l’archipel est touché depuis septembre par l’épidémie de Covid. À noter que contrairement à la métropole, la Nouvelle-Calédonie ne recense dernièrement que très peu de nouveaux cas de Covid-19 (en moyenne 25-30 cas par jour en décembre, contre presque 500 par jour en septembre) mais les décès d’il y a trois mois ont touché à environ 70% la communauté kanak acquise à l’indépendance, comme le précise Ouest-France. C’est à cause du deuil qui en découle que les indépendantistes ont demandé le report du scrutin. Ce mot d’ordre de non-participation du FLNKS et de tous les nationalistes semble avoir été suivi à la lettre. La participation à 17h00 s’établissait à 41,60%, en chute libre par rapport aux précédents référendums.

Dans ce contexte, la victoire des loyalistes était attendue et tous les états-majors sont déjà en train de réfléchir à leurs propositions pour la suite. En juin à Paris, les acteurs calédoniens avaient décidé avec l’État qu’après le 12 décembre s’ouvrirait «une période de stabilité et de convergence» avant un «référendum de projet» d’ici juin 2023, qui, en cas de oui dimanche, porterait sur la constitution d’un nouvel Etat et, en cas de non, sur un nouveau statut dans la République.

Le dialogue ne sera cependant pas si facile. Le FLNKS et les nationalistes ont déjà prévenu jeudi qu’ils récusaient toute rencontre avec le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, arrivé vendredi à Nouméa, avant l’élection présidentielle française en avril 2022. «Une partie des formations politiques indépendantistes ne souhaite pas négocier avant la présidentielle: nous en prenons acte. L’État n’entend pas non plus confondre vitesse et précipitation dans cette phase importante. La déclaration de Paris du 1er juin dernier venant sécuriser la fin de l’accord de Nouméa permet d’envisager cette période de transition jusqu’en juin 2023», a-t-on indiqué dans l’entourage du ministre.

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