Le premier meeting de Zemmour tourne au fiasco

Ce devait être son moment de gloire. Finalement le meeting du polémiste fait polémique. Violences contre des militants antiracistes, Éric Zemmour blessé, manifestation à Paris. Retour sur ce faux départ.

Éric Zemmour
© Belga Image

Son jour de gloire est presque arrivé dimanche. Pour son premier meeting en tant que candidat à l’élection présidentielle française, Éric Zemmour a rassemblé plus de 10.000 sympathisants dans l’immense hall du Parc des expositions de Villepinte, au nord de Paris. " Zemmour président! " ou encore " on est chez nous ", scandait une foule surexcitée.

Des journalistes et des militants pris à parti

Certains pro-Zemmour venus assistés à l’ascension de leur gourou ne semblent pas s’être déplacés uniquement pour boire ses paroles mais également pour en découdre avec ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis. Avant même le début du meeting, une équipe de l’émission " Quotidien " a été huée. Le public s’époumonait au chant de " et tout le monde déteste ‘Quotidien’ ". L’équipe a été mise à l’abri.

Mais le mot d’ordre a vite changé. Fini les paroles, place aux actes. Une dizaine de militants de SOS Racisme ont mené une action non violente en dévoilant des T-shirts formant le slogan " non au racisme ". C’est tout naturellement que, face au pacifisme, les partisans de Zemmour ont répondu par… la violence. Une vidéo de l’association antiraciste montre ses militants victimes de coups et visés par des jets de chaises. On y voit une militante le visage en sang. Une dizaine de minutes de cohue qui démontre qui sont les sauvages. Une enquête a été ouverte sur " les faits de violences commis à l’intérieur du meeting ".

Des manifestations à l’extérieur

Malgré un dispositif de sécurité à la hauteur de la menace Zemmour (mais pour le protéger dans ce cas-ci), des tensions ont éclaté à Villepinte entre des dizaines d’opposants à la venue du candidat et les forces de l’ordre. 46 personnes, qui se trouvaient dans une zone interdite aux manifestations, ont été interpellées.

A Paris, 2.200 manifestants selon la préfecture, 10.000 selon les organisateurs, se sont rassemblés dans le calme pour dénoncer le discours " raciste " d’Éric Zemmour.

" Reconquête ", le parti de Zemmour

Dans le discours du candidat, rien de neuf. Il se présente comme le sauveur de la France et ses valeurs menacées, selon lui, par l’immigration et l’islam. Alors pour répondre aux soi-disant craintes qui " hantent les Français ", à savoir le grand déclassement et le grand remplacement, sa promesse est simple: une " immigration zéro " et la " réindustrialisation " de la France.

" L’enjeu est immense, si je gagne, ce sera le début de la reconquête du plus beau pays du monde ", a promis le candidat. Il a d’ailleurs baptisé son parti " Reconquête " assorti de l’humble slogan " Impossible n’est pas français ".

Avant son entrée sur scène, le candidat s’est fait empoigné par un individu rapidement exfiltré et interpellé par la police. Selon l’entourage d’Éric Zemmour, il souffre d’une blessure au poignet et a droit à neuf jours d’interruption temporaire de travail. Neuf jours de repos et de silence?

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