L’Allemagne a un nouveau gouvernement: voici à quoi il ressemble

Sa composition exacte fait encore l'objet de discussions mais selon la presse allemande, la répartition des postes est déjà plus ou moins connue.

Olaf Scholz à Berlin
De gauche à droite: Annalena Baerbock, Robert Habeck, Olaf Scholz et Christian Lindner. Le 24 novembre 2021 à Berlin @BelgaImage

Ce mercredi, le SPD (socio-démocrates), les Verts et le FDP (libéraux) ont confirmé être parvenus à un accord afin de former le nouveau gouvernement fédéral allemand. Une coalition tripartite inédite dans l’histoire du pays qui met fin à 16 ans d’ère Merkel (CDU, libéral-conservateur). Voici à quoi ressemblera cette alliance d’un nouveau genre.

De nombreux ministres potentiels déjà connus

Cette coalition rassemble au total 416 voix au parlement national, le Bundestag, soit bien plus que les 368 nécessaires pour former une majorité. Le SPD représente de loin le parti prédominant avec 206 sièges, devant les Verts (118) et le FDP (92). Officiellement, la composition du nouveau gouvernement reste à déterminer. Selon le SPD, cela devra faire l’objet d’une discussion lors du congrès du parti, le 4 décembre, afin de voter sur les noms des heureux élus.

Cela n’empêche pas la presse allemande de se lancer dans les pronostics. Le journal économique Handelsblatt a notamment imaginé ce à quoi le prochain gouvernement pourrait ressembler selon les informations qui auraient filtré des discussions. La chancellerie sera sans aucun doute attribuée au chef du SPD, le Hambourgeois Olaf Scholz, qui prendra donc la tête de l’exécutif. Le co-président des Verts, Robert Habeck, pourrait devenir le ministre de la Protection du Climat et de l’Économie, conformément à l’importance de ce poste pour les écologistes. Quant au président du FDP, Christian Lindner, il deviendrait ministre des Finances.

Pour le reste, les Verts obtiendraient les postes de ministre des Affaires étrangères (Annalena Baerbock), de l’Environnement (Steffi Lemke), de la Famille (Katrin Göring-Eckardt), de la Culture, et de l’Agriculture. Le SPD tiendrait les rênes des ministères de l’Intérieur (Christine Lambrecht), du Travail (Hubertus Heil), des Transports (Volker Wissing), de la Santé (Petra Köpping) du Logement (Svenja Schulze), de la Défense, de la Migration, et de la Coopération économique. Enfin, le FDP détiendrait la clé des ministères de la Justice (Marco Buschmann) et de l’Éducation et de la Recherche (Bettina Stark-Watzinger).

Tourner la page Merkel

Ainsi se termine près de deux mois d’intenses négociations depuis la tenue des élections législatives. Cela dit, dès le lendemain des résultats, une coalition SPD-Verts-FDP semblait déjà l’option la plus probable. La CDU d’Angela Merkel, menée par Armin Laschet, s’est fait dépassé par le SPD au Bundestag et aurait dû probablement faire une alliance le FDP et le parti d’extrême-droite AfD pour rester au pouvoir (avec une très courte majorité de 371 sièges). Une coalition plus large avec un curseur plus à gauche et bien plus solide s’est donc naturellement formée.

Les trois partis de la nouvelle alliance se sont mis d’accord pour établir la sortie du charbon en 2030, et non en 2038 comme prévu sous Angela Merkel. Autre décisions phares: rétablir la rigueur budgétaire dès 2023, une mesure chère au FDP, et légaliser le cannabis.

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