Bientôt une guerre spatiale? Le tir de missile russe pose question

Avec la destruction d'un satellite par la Russie, on est encore loin d'une guerre spatiale mais il ne s'agit désormais plus d'un mythe de science-fiction. Cet acte, censé être un test technologique, doit plutôt être vu comme une preuve de puissance et une marque d'intimidation.

L'ISS pourrait être touché par les débris causés par le tir de missile russe.
L’ISS. (@Belga Image)

Elle était le suspect numéro 1 et hier mardi 16 novembre, elle a avoué : c’est bien la Russie qui a tiré un missile dans l’espace pour détruire un de ses vieux satellites, en orbite depuis les années 80 et inactif depuis un bon moment. Résultat : des milliers de débris dans l’espace, pouvant potentiellement endommager l’I.S.S., la station spatiale internationale.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement se produit, mais dans le contexte actuel, il pose beaucoup de questions.

En effet, avant qu’elle affirme sa responsabilité, la Russie avait été rapidement pointée du doigt par l’OTAN pour « ce geste irresponsable » et par les États-Unis pour qui ces débris « menaceront désormais pour les décennies à venir les satellites et autres objets spatiaux vitaux pour la sécurité, l’économie, et les intérêts scientifiques d’autres nations ».

Un acte qui ne devrait pas rester sans réaction américaine, puisque le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a déclaré « chercher à répondre à cet acte irresponsable en travaillant avec alliés et partenaires ».

Ce qui relance cette fameuse théorie d’une guerre spatiale.

Pourquoi la Russie a-t-elle fait exploser un de ses satellites?

Selon l’armée russe, il s’agissait d’un test de missile, visant un de ses engins spatiaux, le Tselina-D, qui ne fonctionne plus depuis longtemps mais en orbite depuis 1982. Une expérience réussie dont l’armée s’est félicitée.

Il existe pourtant des façons moins dangereuses de faire disparaitre un satellite devenu inutile, notamment en les sortant de leur orbite. Même si cette technique de destruction existe depuis très longtemps, elle reste très rare et controversée. La dernière fois, c’est l’Inde qui a utilisé cette technique, en 2019.

Comme l’indique Le Monde, il faut donc plutôt voir en ce geste russe une façon de montrer de quoi le pays est capable militairement, comme il aime le faire de manière générale. En effet, s’il possède l’armement permettant de détruire ses engins spatiaux, il peut également supprimer ceux des autres nations.

Quelles sont les conséquences d’un tel tir?

Le satellite russe a explosé en plus de 1.500 débris de quelques centimètres qui vont devoir être surveillés de près, car ils peuvent endommager non seulement l’ISS mais également les différents autres engins, comme la station spatiale chinoise par exemple. Ceux de plus de 10 centimètres peuvent être suivis à la trace, mais pas ceux entre 1 et 10 cm. À cette taille, ils peuvent déjà percer la paroi blindée de l’ISS par exemple. Ceux plus petits encore n’attaqueront pas le blindage mais peuvent provoquer des dégâts sur d’autres éléments moins résistants comme des panneaux solaires.

Pourquoi parle-t-on beaucoup plus de ce tir que des précédents?

Parce que 7 astronautes sont à bord de l’ISS en ce moment, dont deux Russes ce qui rend cet acte encore plus étonnant, et que ces débris pourraient potentiellement les mettre en danger. Ensuite, de par la rivalité entre la Russie et les autres grandes puissances, les USA en tête, qui a déjà été bien plus calme qu’aujourd’hui. Ce sont d’ailleurs les États-Unis qui ont été les premiers à pointer la Russie du doigt.

Doit-on y voir le début d’une guerre froide dans l’espace?

C’est peut-être se projeter un peu loin, mais ce tir de missile rappelle qu’il ne s’agit plus d’un mythe de science-fiction, surtout au fur et à mesure que les grandes puissances investissent dans l’aérospatial.

Existe-t-il des lois spatiales qui empêcheraient cela?

Pas vraiment. Il existe un traité de 1967 de règles générales sur l’espace et son utilisation par les différents pays, qui mériterait une actualisation. Des règles de bonnes conduites entre agences spatiales existent également et elles indiquent que créer volontairement des débris est interdit.

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